Marie-Paule Chauvet, arboricultrice dans les Bouches-du-Rhône, répond à l’interrogation d’un consommateur sur la qualité des produits importés. Ainsi, si certains produits phytosanitaires sont interdits pour le respect de l’environnement en France pour la conduite des cultures, ils continuent à être utilisés à l’étranger, et parfois même dans d’autres pays européens.
Que ce soit par la création de fermes pilotes Dephy, ou
par l’accompagnement des agriculteurs à la « Haute Valeur
Environnementale », les négociants agricoles* ont à cœur depuis
longtemps d’œuvrer à une agriculture responsable et durable.
La montée de l’agribashing ambiant et la nécessité de valoriser ces actions
ont incité des négociants agricoles, basés dans les régions Nouvelle
Aquitaine, Centre-Val de Loire et le département de la Vendée, à
développer une démarche de communication positive sur les bonnes
pratiques agricoles. Cette plateforme, appelée Vert l’Avenir, a été
créée il y a deux ans et a déjà permis de mettre en avant les projets
durables d’une vingtaine d’entreprises.
A destination du grand public, Vert l’avenir fait la part belle aux actions innovantes et agroécologiques
de ces entreprises, s’inscrivant dans les attentes sociétales des
consommateurs vers plus de durabilité et de respect de l’environnement.
Vert l’avenir utilise le réseau social twitter et organise des
conférences de presse mensuelles pour diffuser au plus grand nombre les
pratiques durables portées par ces entreprises, telles que :
L’usage de la confusion sexuelle dans les vignobles pour réduire la dose de phytosanitaires
La culture de colza associée à des plantes compagnes pour réduire l’utilisation d’herbicides et d’insecticides
La production d’une alimentation du bétail 100% française en collaboration avec des agriculteurs locaux, sans soja et sans OGM
Pour l’instant, seules les entreprises en zone Centre-Atlantique sont
concernées mais Vert l’Avenir pourrait rapidement s’étendre sur tout le
territoire français.
*Entreprises qui s’occupent notamment de la collecte, du stockage
et de la commercialisation des grains ainsi que de la distribution
d’agrofourniture auprès des agriculteurs (semences, phytosanitaires,
etc.)
L’agriculture est le deuxième secteur pourvoyeur d’emploi en France avec plus de 50 000* salariés agricoles permanents recrutés par an. Cependant malgré une offre large et variée, l’agriculture ne trouve pas preneur pour l’intégralité des postes qu’elle propose.
Les professionnels du monde agricole redoublent alors d’ingéniosité et d’idées en multipliant les moyens pour faire connaître le secteur agricole et surtout donner envie d’y travailler.
L’agriculture recrute et le fait savoir au travers de différentes actions comme :
– Des interventions dans les établissements scolaires
– Des visites d’exploitations agricoles sur toute la France
– Des journées de promotion des métiers, emplois et formations,
– Des forums, salons et foires sur toute la France toute au long de l’année
– Des campagnes de communication nationale
– Des partenariats avec des structures référence en terme d’emploi comme Pôle Emploi.
– Information collective auprès de tout public sur les métiers, formations, emplois et filières agricoles
Patrick Chassac et Sabrina Augier, ambassadeurs #agridemain, sont arboriculteurs à Beaugas, dans le Lot-et-Garonne. Producteurs de noisettes, ils ont choisi de développer toute une gamme de produits transformés pour valoriser ce fruit à coque, sous la marque « Le casse-noisette ».
« Nous cultivons actuellement 30 hectares de noisetiers, 15 ha de prunes pour les pruneaux et 4 ha de blé » détaille Sabrina Augier. « Nous livrons la totalité de notre récolte de noisettes à la coopérative Unicoque, qui dispose d’un outil très performant pour le cassage, le séchage et le calibrage. Il y a 5 ans, nous avons mené une réflexion pour chercher à nous diversifier et à valoriser ce fruit à coque. C’est ainsi, que nous rachetons une partie de nos noisettes à la coopérative et les transformons».
Toute une variété de produits à base de noisettes
« Après deux années de recherches et de tests sur les recettes, nous proposons depuis 3 ans, une gamme variée de produits à base de noisettes. Dans notre laboratoire sur notre exploitation, nous élaborons les pâtes à tartiner, les noisettes enrobées et grillées ainsi que les biscuits. Nous créons nous-mêmes nos recettes ».
D’autres produits ont nécessité de faire appel à des spécialistes. Ainsi, un moulin dans l’Aveyron élabore l’huile de noisettes mais également les farines de noisette et de blé. Quant aux bières à la noisette, elles ont nécessité une recherche plus poussée en collaboration avec un brasseur de Gironde. « Nous ne voulions pas d’une bière aromatisée à la noisette mais une bière élaborée avec une partie de la noisette elle-même. La difficulté venant du fait que le gras de la noisette empêche la bière de mousser, il a fallu concevoir un procédé particulier et un dosage adapté ».
Une production originale qui plaît aux consommateurs
Cette diversification a nécessité l’embauche d’une salariée à temps complet et une autre à mi-temps pour la transformation des produits. « Je consacre beaucoup de temps à la vente et à la prospection commerciale » précise Sabrina Augier. « Les produits sont vendus dans les magasins de producteurs, les épiceries fines, les restaurants et bars à bières. Je participe également régulièrement aux marchés du Pari fermier ». Si l’objectif actuellement est de stabiliser les ventes, des réflexions sont en cours pour élaborer de nouvelles recettes, Sabrina souhaitant développer la gamme de biscuits salés, et de mieux faire connaître les produits et leurs utilisations. Des grands chefs cuisiniers s’intéressent à ses produits mais les consommateurs sont parfois interrogatifs sur la façon de les accommoder. « Très prochainement, nous allons appliquer sur nos bouteilles d’huiles et nos emballages de farine, des QR Codes qui renverraient directement sur différentes recettes possibles ». Le Casse-Noisette, un véritable ballet des nouveautés pour découvrir toutes les facettes de ce petit fruit à coque.
La production de noisettes françaises La France compte quelque 300 producteurs, essentiellement dans le Sud-Ouest, cultivant plus de 4 500 hectares de noisetiers. La production annuelle française avoisine les 20 000 tonnes de noisettes décortiquées, destinées essentiellement à la chocolaterie, la confiserie et la biscuiterie. La France exporte près de 5 % (ce qui représente 1 000 tonnes de la production française) de sa production essentiellement en coque vers l’Allemagne, mais elle importe 16 000 tonnes d’amandons pour l’industrie. Aujourd’hui, 75% de la production mondiale de noisettes est assurée par la Turquie dont la production est en baisse. Pour répondre à la demande croissante des consommateurs et des industriels, la coopérative Unicoque, qui traite 98% de la production française de noisettes, a mis en place un projet de développement pour accompagner les producteurs afin d’atteindre, à l’horizon 2030, une production annuelle française de 30 000 tonnes.
Franck Dumoutier, agriculteur céréalier dans la Beauce, Ambassadeur #Agridemain, s’est lancé dans la production de pâtes fermières, misant avant tout sur leurs qualités nutritive et gustative.
« Nous avons le savoir-faire, il faut le faire savoir ! » Les céréaliers français ont décidé de repenser fondamentalement leur stratégie de communication et viennent de sortir une campagne de communication on-line et off-line intitulée « LES NOUVEAUX CEREALIERS ». Objectifs : inviter le public à porter un nouveau regard sur le métier et redonner de la fierté aux céréaliers. L’alimentation et l’agriculture sont revenues sur le devant de la scène, c’est une bonne nouvelle. Au fil du temps, la société est devenue intraitable sur la qualité de son alimentation et elle est plus que jamais attentive à la préservation de la terre, clé de voûte de la sécurité alimentaire. C’est l’occasion pour les céréaliers de montrer qu’ils partagent ces objectifs et sont engagés depuis longtemps dans cette trajectoire.
ÊTRE NOUVEAU N’EST PAS UNE QUESTION DE GENERATION MAIS DE MENTALITE Les céréaliers sont « nouveaux » à plusieurs égards : « Nouveaux » car ils n’ont de cesse de changer et de s’adapter aux nouvelles demandes, au changement climatique, aux demandes du marché, aux fluctuations des cours. « Nouveaux » dans leur façon de s’exprimer puisque, jusqu’à présent, ils n’avaient que très peu pris la parole publiquement. Et bien sûr, « Nouveaux » dans le regard que la société va désormais porter sur eux. Retrouvez-les sur www.lesnouveauxcerealiers.fr
Les agriculteurs français sont-ils prêts à produire bio ?
Matthieu Bégou, producteur dans la Drôme de raisin pour la Clairette de Die et de noix en agriculture biologique, répond aux interrogations d’une consommatrice sur l’engagement des agriculteurs à produire en bio.
Comment les jeunes peuvent soutenir les agriculteurs ?
Anna Boucard, agricultrice dans le Doubs, explique comment elle soigne ses vaches : faire appel au vétérinaire quand c’est nécessaire et aussi utiliser des méthodes alternatives (ostéopathie, huiles essentielles, Reiki…
Moins nombreux, plus vieux et plus féminin : tel pourrait être le profil de l’agriculteur français aujourd’hui.
En 2018, la population des chefs d’exploitation s’élève à 448 528 personnes, dont 108 634 (soit 24 %) sont des femmes. La moyenne d’âge de cette population s’élève à 49,2 ans.
Les agriculteurs représentent aujourd’hui 1,8 % de la population active (contre 8% en 1980).
On dénombre actuellement 437 000 exploitations agricoles en France, sur 23,3 millions d’hectares. La superficie moyenne par exploitant atteint 56,6 hectares. Le secteur majoritaire en nombre de chefs d’exploitation est celui des grandes cultures (18% des effectifs), puis l’élevage bovin lait (16%), polyculture-élevage (13 %) et élevage bovins viande (12 %).
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