Des traitements ultra localisés

Devant l’objectif du Pacte vert pour l’Europe, qui fixe une réduction de 50 % de l’utilisation des produits phytosanitaires d’ici 2030, l’agrofourniture se mobilise. C’est le cas notamment des agroéquipements. Ainsi, par exemple, pour y parvenir, le groupe Exel Industries prône une innovation de rupture.

Avant, les pulvérisateurs se résumaient à de la mécanique, de l’hydraulique et un peu d’électronique” détaille Yves Belegaud, directeur général d’EXEL Industries. “Maintenant, c’est de l’intelligence artificielle”. C’est en cela qu’il parle d’innovation de rupture. “Parce que 45 % de notre chiffre d’affaires résultent de la vente de pulvérisateurs agricoles et viticoles, et devant les perspectives du Green Deal, le pacte vert pour l’Europe, nous nous devons de réagir et d’innover“.

Pour cela, le constructeur a créé une start-up interne au groupe, Exxact Robotics au sein de laquelle 25 chercheurs travaillent depuis 2 ans pour mettre au point une solution de pulvérisation de haute précision ultra-localisée. Le principe développé, Spot Spray Sensor®, consiste à installer des caméras sur une rampe de pulvérisateur. Ces caméras filment la parcelle à 25km/heure. Une intelligence artificielle détecte et analyse les images, en s’appuyant sur une importante banque d’images, et décide à la milliseconde d’ouvrir la buse au-dessus de la plante qu’il faut traiter.

Avec cette technique, on réduit en moyenne, selon les usages, de l’ordre de 50% la quantité de produits phytosanitaires appliquée. Par ailleurs, seules les plantes à traiter reçoivent la pulvérisation, cela permet de mieux préserver la biodiversité” souligne Yves Belegaud. Le matériel est actuellement en test et sera commercialisé à partir de 2022 pour les herbicides. Un programme sur 4 ans permettra d’étendre cette technique à l’azote, aux fongicides puis aux insecticides.

Pour le constructeur, il serait nécessaire que les pouvoirs publics accompagnent les agriculteurs pour leur permettre d’investir dans des innovations contribuant à diminuer les quantités de phytosanitaires utilisées. Pour autant cela ne suffira pas pour renouveler tout le parc matériel. “2 000 pulvérisateurs sont vendus par an, alors qu’il y a 170 000 exploitations en polyculture en France. Nous travaillons donc pour adapter notre solution innovante aux pulvérisateurs actuellement utilisés par les agriculteurs” précise Yves Belegaud.

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