Hold-up sur les terres agricoles

Comme le rapporte dernièrement la Cour des comptes, l’artificialisation des sols se poursuit en France au détriment de l’agriculture. Ce constat est d’autant plus alarmant que la crise sanitaire a rappelé la nécessité de tendre vers l’autonomie alimentaire, ce qui nécessite donc de préserver l’orientation agricole des terres.

La Cour des comptes rappelle que l’artificialisation de sols en France, “c’est l’équivalent de 596 000 hectares en dix ans qui ont été concernés, en raison principalement de l’étalement urbain couplé au développement des transports et des infrastructures, ainsi que d’un prix du foncier agricole comparativement plus faible en France que dans d’autres pays européens“. Cette disparition de terres cultivables est d’autant plus préjudiciable qu’elle “concerne, à hauteur de 70%, des terres agricoles riches”.

De ce fait, la superficie agricole utile continue à décroître. “Estimée en 2018 à 28,64 millions d’hectares, elle représentait alors 52% de la surface du territoire, contre 54% en 2000 et 63% en 1950. Entre 2010 et 2018, 282 000 hectares de terres agricoles ont été perdus, soit en moyenne 35 000 hectares par an“.

Cette perte de superficies agricoles ne touche pas uniquement la proximité des grands centres urbains. Même à la campagne, les terres destinées à l’agriculture perdent du terrain au profit du béton. C’est ainsi le cas dans la petite commune de Chamant dans l’Oise où un projet communal envisage de construire un parking sur une pâture. L’éleveur concerné y faisait paître jusqu’à maintenant ses moutons. Le plan local d’urbanisme compromet son projet de création de ferme pédagogique tout en portant notablement atteinte à l’environnement et à la biodiversité.
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