La laine, sous-produit de l’élevage ovin


La France produit environ 14 000 tonnes de laine brute provenant de la tonte des moutons. Très peu valorisée, cette laine est très majoritairement exportée. Un collectif tente de faire renaître une filière française de transformation.

La tonte, pour le bien-être de l’animal

La laine du mouton est une fibre dont la pousse est continue. Une laine non tondue se transforme en cocon de laine feutrée, humide, qui moisit et accueille de nombreux parasites : tiques, larves de mouches… La laine est un excellent isolant. Mais, en épaisseur trop importante, en période estivale, elle peut provoquer un coup de chaleur pour le mouton, en empêchant l’évaporation de la sueur.
La tonte est une étape indispensable pour le bien-être animal, indispensable à sa bonne santé.
Il existe en France environ 200 tondeurs professionnels. Pendant une journée de travail, il peut tondre environ 350 brebis, qui pèsent chacune entre 60 et 70 kg. La tonte nécessite respect et maîtrise de l’animal pour ne pas lui faire mal, ne pas le stresser ni le traumatiser.

La Laine, un sous-produit peu rentable

Actuellement, la vente de la laine par l’éleveur ne permet pas de couvrir le prix payé aux tondeurs professionnels.
Cette laine brute est exportée à 80 % en Chine, pour y être lavée et transformée. Une faible partie de la production de laine française est lavée en France (il n’existe plus que 2 usines sur le territoire) afin d’approvisionner quelques filatures locales. Enfin, il arrive que cette laine en France soit tout simplement jetée, faute de débouchés suffisamment rémunérateurs.

Vers le renouveau d’une filière de laine française

Le collectif Tricolore, qui rassemble éleveurs ovins, transformateurs industriels, acteurs de la création et de la distribution et enfin territoires, a pour ambition de relancer la production des laines en France. Son objectif est d’accroître de 4 à 24 % la part de la laine produite et transformée en France d’ici à 2024. Cela permettrait une traçabilité totale de ce produit et de répondre à la demande des entreprises et manufactures d’habillement de plus en plus nombreuses engagées dans le made in France.

Une telle initiative permettrait aux éleveurs français de trouver un débouché plus rémunérateur et mieux valorisé pour la laine du cheptel ovin français qui compte 6,6 millions de têtes (5,4 millions pour l’élevage allaitant et 1,2 millions pour le cheptel laitier), d’une soixantaine de races différentes.

Pour en savoir plus : l’essentiel de filière ovine française

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