Les seuls engrais organiques ne permettent pas de couvrir les besoins pour les cultures

Publié le 25 Juin 25

FranceAgriMer a conduit une étude visant à estimer la possibilité de remplacer les engrais minéraux par des engrais organiques (effluents d’élevage, digestat issu de la méthanisation ou urine humaine). Il en ressort que les engrais organiques produits en France permettraient de couvrir seulement 24 % des besoins en azote et de répondre aux besoins en phosphore et potassium.

Les cultures végétales nécessitent un apport d’engrais minéraux NPK (azote, phosphore, potassium). Or, FranceAgriMer rappelle que “l’assujettissement aux engrais de synthèse soulève des préoccupations en matière de durabilité environnementale, de par sa dépendance aux énergies fossiles, de sécurité d’approvisionnement, point qui a été mis en lumière avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et par conséquent de souveraineté alimentaire“.

En France, en 2022, la commercialisation d’engrais se répartit à 60 % d’engrais minéraux et 40 % d’engrais organiques. En tout, 8 millions de tonnes d’engrais minéraux ont été livrés, faisant de la France le premier pays consommateur en Europe.

Aujourd’hui, en France, les ressources actuelles d’engrais organiques sont globalement bien valorisées puisque 80 % des effluents d’élevage sont épandus et 100% du digestat. L’urine humaine qui pourrait être utilisée n’est actuellement pas mobilisée. La production d’urine humaine en 2022 en France était estimée à 24 millions de m3 et permettrait de fertilise 2,4 millions d’hectares (sur les 26,8 millions d’hectares cultivés en France).

D’après l’étude de FranceAgriMer, l’épandage d’effluents d’élevage, de digestat et d’urine humaine permettrait de couvrir 477 739 tonnes d’azote efficace (24% du besoin), 160 035 tonnes de phosphore efficace (104% du besoin) et 734 113 tonnes de potassium efficace (221% du besoin).

L’étude conclut ainsi que “à ce jour, une combinaison d’engrais organiques et d’engrais minéraux reste indispensable, ce qui nécessite de développer une production d’engrais azotés moins émissive en gaz à effet de serre, afin d’atteindre les objectifs de décarbonation du secteur agricole et de réduire la dépendance de ce secteur aux aléas géopolitiques“.

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