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Journée nationale de l’agriculture : l’exception française

Le politologue Eddy Fougier rappelle que quasiment tous les grands pays agricoles, tout comme les pays voisins de la France, organisent une journée autour de leur agriculture. En n’ayant toujours pas de Journée nationale de l’agriculture, la France est ainsi une exception parmi les grandes puissances agricoles.

Eddy Fougier relève que la plupart des grands pays agricoles (Argentine, Australie, Brésil, Canada, États-Unis, Russie, Ukraine), ainsi que des pays voisins de la France (Allemagne, Belgique, Italie, Suisse) fêtent leurs agricultures et agriculteurs. Si l’on s’en tient uniquement à la population de ces différents États en 2020 (source Population Reference Bureau), cela signifie qu’au moins 2,8 milliards de personnes dans le monde célèbrent chaque année une journée nationale de l’agriculture ou des agriculteurs.

Ces journées nationales constituent une reconnaissance nationale pour la contribution de l’agriculture au pays et pour le travail accompli par les agriculteurs et les salariés agricoles. Elles sont soit prévues dans une loi, soit organisées par la profession agricole. Sans avoir la prétention d’être exhaustif, Eddy Fougier relève certains exemples notables :

Journées instaurées par une loi ou bien vieille tradition

Les États-Unis célèbrent chaque année, le 12 octobre, le Jour des agriculteurs (“Farmers Day“) et également au mois de mars, la Journée nationale de l’agriculture (National AgDay).
Une Journée de l’agriculture et des producteurs agricoles est fêtée tous les 8 septembre en Argentine depuis 1944.
Au Brésil, la Journée nationale de l’agriculture est organisée le 17 octobre. Et chaque année, le 28 juillet se tient La Fête des agriculteurs familiaux qui a été créée par une loi de 1960 pour commémorer le 100e anniversaire de la création du Secrétariat d’État à l’Agriculture.
En Inde, une Journée nationale des agriculteurs (“Kisan Divas“) est organisée tous les 23 décembre.
Chaque année depuis 1999, la Russie célèbre, le deuxième dimanche d’octobre; la Journée des travailleurs de l’agriculture et de l’industrie de transformation.
La Journée des travailleurs agricoles d’Ukraine a été instaurée en 1993 et se déroule chaque année le troisième dimanche de novembre.

Journées organisées à l’instigation de la profession agricole

En Allemagne, le principal syndicat agricole, le Deutsche Bauernverband (DBV) organise chaque année la Journée des agriculteurs allemands (Deutscher Bauerntag).
L’Australie fête une Journée nationale de l’agriculture organisée par l’organisation représentative des agriculteurs du pays, National Farmers’ Federation (NFF).
Une Journée de l’agriculture est organisée en Belgique flamande chaque année le troisième week-end de septembre à l’instigation d’une organisation professionnelle (Boerenbond).
La plateforme canadienne L’agriculture plus que jamais est à l’initiative du Jour de l’agriculture, organisé pour la première fois au Canada en 2017 et vise à renforcer la relation entre les consommateurs et les producteurs.
En Italie, la Journée de l’agriculture italienne est organisée par la Confédération nationale des agriculteurs Coldiretti.
Depuis 1992, est organisé chaque année en Suisse le 1er août, jour de la fête nationale suisse, un brunch à la ferme. Il s’agit d’une initiative de l’Union suisse des paysans (organisation faîtière de l’agriculture suisse). Le Brunch à la ferme est désormais associé aux festivités du 1er août au même titre que les feux d’artifice. Plus de 150 familles accueillent quelque 100 000 visiteurs qui peuvent déjeuner sur place ou bien emporter leur repas. Cet événement vise à « rapprocher ville et campagne » et à « promouvoir la compréhension mutuelle ».

Journées organisées dans d’autres pays

Au-delà de ces grands pays agricoles, Eddy Fougier relève également que d’autres pays ont instauré une Journée nationale pour leur agriculture, notamment :
Ghana : National Farmers’ Day – 1er vendredi du mois de décembre
Pakistan : National Farmers’ Day (depuis 2019) – 19 décembre
Tunisie : Journée nationale de l’agriculture
Zambie : National Farmers’ Day – 1er lundi du mois d’août
et également les Fêtes des paysans en Bolivie, au Chili, en Colombie, à Cuba ou au Pérou.

Il serait grand temps que la France s’inspire de tous ces pays en inscrivant dans son calendrier républicain une Journée nationale de l’agriculture.

Les animaux comme remède

Publié le 30 Déc 20


Suzanne Mislin, agricultrice à côté de Mulhouse (68), a reçu le Prix spécial du jury Terres d’Idées 2020 organisé par Mutualia et Présence Verte.

Infirmière et cadre de santé retraitée, Suzanne Mislin a mis en place « Les Après-midis à l’écurie », des ateliers – ludiques ou thérapeutiques – pour les seniors atteints d’Alzheimer ou de démence et vivant en EHPAD.

L’objectif de l’Amae, Association pour la médiation animale et l’équithérapie, dans laquelle elle s’investit, est de stimuler les participants et les faire sortir d’un contexte hospitalier pour retrouver l’espace d’une après-midi le bonheur d’être à la campagne au contact des animaux. Un programme de vacances pour les enfants a également été mis en place afin de favoriser les rencontres intergénérationnelles et la création de lien.

La qualité en étendard

Publié le 28 Déc 20


Au-delà des signes officiels de qualité, les producteurs en vente directe mettent également en avant des indications sur leur implication dans des circuits de proximité de qualité. Ainsi, Cécile Vidal, à la tête de La Noyeraie des Borderies affiche plusieurs logos sur son site de vente. Décryptage.

Trois logos sont bien en vue chez Cécile Vidal, nucicultrice en Charente : Bienvenue à la ferme, Producteur artisan de qualité et Producteur engagé.

Le logo Bienvenue à la ferme est certainement le plus connu des trois. « C’est une marque des Chambres d’agriculture » précise Cécile Vidal. « Elle garantit une production 100 % à la ferme par des agricultrices et agriculteurs qui s’engagent à proposer des produits fermiers de qualité, issus d’une agriculture durable et responsable, enracinée dans les terroirs ». Ce réseau regroupe 8 000 agriculteurs et agricultrices pratiquant la vente directe des produits de leur ferme mais également ceux proposant des activités à la ferme (hébergements, restaurations, visites…). « Le réseau Bienvenue à la ferme, de par son action collective, nous permet une meilleure visibilité et de développer notre clientèle » indique Cécile Vidal.

Le logo « Producteur artisan qualité » est quant à lui propriété du Collège culinaire de France et attribué aux producteurs, artisans, vignerons, spécialistes des métiers de bouche ou des arts de la table qui s’engagent sur une amélioration continue de la qualité. Pour cela ils respectent des méthodes artisanales de production. Leurs produits doivent démontrer également leur qualité pour la santé humaine et vis-à-vis de l’environnement. Le Collège culinaire de France rassemble 2800 membres, dont 1800 restaurateurs et 1000 producteurs et artisans, sélectionnés et faisant l’objet de contrôles indépendants. « Nous accordons une grande importance au relationnel et sommes tous animés par la volonté de promouvoir la conception du patrimoine culinaire artisanal et la vision sociétale des métiers de la restauration, de la production et de l’artisanat » détaille Cécile Vidal.

Concernant le logo « Producteur engagé », il est initié par l’AFMR, l’association française des maîtres restaurateurs. Le Maître Restaurateur, seul titre reconnu officiellement par l’État, garantit que la carte qu’il propose est réalisée à partir de produits frais non transformés de saison. Attachés aux valeurs de la cuisine faite maison, mais également à une consommation durable et locale, les maîtres-restaurateurs se fournissent en produits de terroirs auprès de petits producteurs engagés dans une démarche responsable. « Une façon de cultiver le lien de la terre à l’assiette » selon l’AFMR.

« Ces logos, apposés sur les produits ou sur nos supports de communication, sont une garantie pour le consommateur, qui n’est pas toujours bien guidé pour savoir ce qu’il achète. Le logo Bienvenue à la ferme lui permet par exemple de faire le choix d’un produit fermier authentique, tandis que les logos Producteur artisan qualité et Producteur engagé indiquent que ces produits sont utilisés par des Chefs reconnus, un argument de poids pour les amateurs de gastronomie ! Pour notre développement, ils contribuent aussi à entretenir un lien privilégié avec ces Chefs cuisiniers qui subliment nos produits de qualité » souligne Cécile Vidal. Une qualité revendiquée et qui s’affiche fièrement.

Le goût d’un pain rustique

Publié le 23 Déc 20


Justine Falquet, agricultrice à Argentine, en Savoie, a obtenu le Prix Emploi du Trophées Terres d’idées 2020, dont la dotation va lui permettre d’investir dans un moulin.

En cours d’installation avec un troupeau d’ânesses sur La Ferme de l’Ebio, elle associe la culture de céréales anciennes pour produire du pain au levain ainsi qu’un jardin de plantes médicinales pour produire ses savons ainsi que des infusions.

Elle souhaite relier montagne, territoire, bien-être, santé, goût rustique, innovation et qualité locale.

Un produit de laboratoire n’a pas sa place dans nos cuisines

Publié le 22 Déc 20


La viande de synthèse semble prendre son envol avec sa commercialisation récente à Singapour. Et pourquoi pas bientôt en France ? Deux membres de l’association Euro-Toques France (Frédéric Leroy, propriétaire du restaurant Le Pétrin et Grégoire Maille, formateur Expert et Cuisine de la société Restau’co) nous livrent leurs points de vue.

Grégoire Maille est formateur à l’interprofession de la restauration collection en gestion directe et Frédéric Leroy est Chef cuisinier dans un restaurant à Montagnat dans l’Ain.

La viande artificielle ne constituerait-elle pas une opportunité pour inventer de nouvelles recettes ?

Absolument pas. En termes de créativité culinaire, nous ne sommes en rien sur une nouvelle recette, ni une nouvelle texture et encore moins sur un nouveau goût. Ça reste un produit de laboratoire.

Où en est votre pétition sur la viande de laboratoire ?

La pétition a été lancée officiellement le 21 septembre 2020. Elle est actuellement diffusée dans les différents pays d’Europe affiliés à Euro-Toques dans leur langues respectives.
Par ailleurs un courrier officiel a été remis à Madame Ursula van der Leyen, Présidente de la Commission européenne et à Monsieur David Sassoli, Président du Parlement européen. Il sera également transmis à l’ensemble des Députés des pays signataires.

En vous opposant à cette évolution, n’avez-vous pas peur de paraître trop conservateurs face à la modernité ?

Développer de la viande artificielle pour des raisons médicales ou pour la recherche, on ne peut pas s’y opposer.
Par contre ce n’est pas la viande que l’on souhaite manger car, malheureusement si cette viande issue de cellule souche arrive dans nos assiettes, ça sera la fin de notre modèle agricole et des élevages.
Peut-être faut-il réfléchir et manger moins de viande mais de meilleure qualité avec des animaux qui ont été élevés au pré, nourris au foin. Il faut préserver un écosystème paysager et valoriser un modèle d’élevage fait de petites exploitations qui favorise le bien-être animal, la montée en gamme, le respect des savoir-faire, la maturation de la viande, l’art de la découpe… tout en refusant la « viande » issue de cellules souches.

Consommez français !

Publié le 21 Déc 20


La gastronomie ne serait rien sans le monde agricole” souligne le Chef Philippe Etchebest. Et c’est la raison pour laquelle il lance un appel à soutenir les agriculteurs et les producteurs car ils apportent tous les jours dans nos assiettes la diversité et le goût.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est essentiel de soutenir l’agriculture française. Il est important de consommer et de cuisiner les produits de nos régions, de respecter la saisonnalité des produits. Ceci pour favoriser le travail des producteurs qui mettent tous leurs cœurs pour nous offrir des produits d’exception.”

Accueil des migrant.es en agriculture

Publié le 17 Déc 20


Ce 18 décembre est la Journée internationale des migrants. Faisant face à un manque de main-d’œuvre pour les travaux saisonniers, l’agriculture peut se montrer intéressée pour accueillir des migrants sur les exploitations.

Durant la crise sanitaire, il a été fait appel à la main-d’œuvre des migrants pour réaliser des travaux agricoles. Ainsi par exemple, la préfecture de Seine-et-Marne a encouragé une soixantaine de demandeurs d’asile de travailler dans les exploitations maraîchères. Des structures associatives ont également œuvré aux rapprochements des réfugiés avec le monde agricole. C’est le cas notamment d’Ovale citoyen, une association citoyenne d’insertion par le sport, qui a permis, dans le cadre de son opération “Drop dans les Champs”, à de jeunes réfugiés afghans de trouver un emploi agricole (travaux en vert dans les vignes, castration du maïs…), en collaboration avec les organisations économiques et syndicales agricoles de Nouvelle-Aquitaine.

Vergers du Monde a construit un programme d’ateliers pour les mineurs exilés afin de leur permettre de partir à la rencontre de l’agriculture française.

Mais en dehors de l’urgence de la crise sanitaire, d’autres initiatives se créent pour établir des liens entre les migrants et le monde agricole. Ainsi, l’association Les Vergers du Monde travaille à valoriser les savoir-faire agricoles d’ici et d’ailleurs à travers l’échange, la formation et l’insertion dans le monde agricole. C’est ainsi qu’elle monte actuellement un projet, en relation avec la Croix-Rouge, visant à construire un dispositif d’inclusion pour les migrants agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté, Normandie et Île-de-France et également à développer l’orientation professionnelle des mineurs exilés vers les métiers de la terre. En 2021, Les Vergers du Monde organiseront des rencontres entre agriculteurs français et migrants pour favoriser les échanges de pratiques (cultures en climat aride, gestion de l’eau, enjeux de préservation de la biodiversité) mais également des rencontres entre jeunes de lycées agricoles et mineurs exilés. Enfin, une action sera conduite avec l’Institut d’étude du développement économique et social (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) autour des enjeux de transmission dans le monde agricole. Toutes ces actions ont pour vocation à faire perdurer les savoir-faire d’ici et d’ailleurs, menacés par l’exil, les évolutions sociales et démographiques, ou encore les changements climatiques.

Pour Yvon Sarraute, “cela fait partie des devoirs de l’agriculture d’embaucher des migrants pour leur permettre de mieux s’insérer car il y a dans l’agriculture tous les métiers”

L’agriculture : un métier qui s’expose

Publié le 16 Déc 20

Coline Avril, agricultrice à Andel (Côtes-d’Armor), a obtenu le Trophée Mutualia 2020 dans la catégorie Territoires pour son projet visant à créer du lien, informer et transmettre la passion de son métier.

Avec ses associées de la Ferme de Marie-Jeanne, Coline Avril souhaite transformer une ancienne ferme familiale en musée-expo sur le métier d’agriculteur.

Ce projet, en complément du développement de la vente aux particuliers et de visites éducatives vise à valoriser le patrimoine tout autant que le métier agricole dans le cadre d’une ferme découverte.

Le recyclage dès le début de la chaîne de production

Publié le 16 Déc 20

La filière du plant de pomme de terre s’engage à recycler plus de 90% des emballages plastiques utilisés d’ici 2025. Les professionnels estiment à 500 tonnes la quantité de grands récipients vrac (big bags) à recycler chaque année.

La profession semencière confirme et amplifie ainsi son engagement volontaire dans la gestion responsable de sa production. Par le biais d’Adivalor, la collecte des emballages des producteurs, collecteurs et utilisateurs de plants de pomme de terre sera réalisée à partir d’avril 2021, à proximité des exploitations, grâce au concours des coopératives et négociants agricoles.

Une agriculture durablement performante

Publié le 15 Déc 20

La coopérative Valfrance s’est résolument réengagée vers une production de qualité en quantité et durable en se lançant dans un projet RSE, Responsabilité sociétale des entreprises. « Nous avons un besoin constant de faire évoluer nos modèles agricoles pour répondre aux nouveaux enjeux économiques, sociétaux et environnementaux, aussi bien sur les exploitations que dans notre coopérative » insiste Christophe Grison, président de Valfrance.

Depuis un peu plus d’an, la coopérative Valfrance a décidé d’intégrer la démarche RSE à son projet d’entreprise. Laurent Vittoz, directeur général de Valfrance, rappelle qu’il s’agit « d’une démarche volontaire, car ni le chiffre d’affaires ni la taille de la coopérative ne nous obligent à s’engager dans cette voie. Ce souhait de s’investir dans la RSE, en s’appuyant sur la norme internationale ISO 26000, s’inscrit dans la continuité des actions déjà déployées par la coopérative et les producteurs en faveur d’une agriculture responsable respectueuse du territoire et des Hommes ».

La dynamique environnementale est en effet déjà à l’œuvre dans la coopérative. Valfrance travaille par exemple à se passer des insecticides de synthèse pour le stockage des grains. Ainsi, elle teste le biocontrôle pour lutter contre les ravageurs dans les silos avec l’utilisation d’un produit composé d’une substance active d’origine naturelle. Par ailleurs, Valfrance a mis en route dans les silos d’un de ses sites, une technique de stockage par le froid. « Nous accompagnons également les agriculteurs qui stockent à la ferme dans cette approche de conservation par le froid avec l’équipement à cet effet de sondes thermométriques » précise Laurent Vittoz.

Cela vient s’ajouter aux différents conseils agroécologiques déjà apportés par la coopérative à ses 1369 sociétaires de Seine-et-Marne et de l’Oise, depuis maintenant plusieurs années, dans des domaines très divers tels que la gestion des déchets et des effluents, la fertilisation et la protection raisonnée des cultures, les actions de préservation de la biodiversité…

Plus globalement, afin d’ancrer cette démarche RSE à son projet d’entreprise, Valfrance s’est fixée 13 enjeux prioritaires et vise une certification pour fin 2021.

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La betterave sucrière veut rebondir

Publié le 14 Déc 20

La filière betteravière alcool-sucre a subi un coup dur cette année 2020 avec la Covid-19 et la jaunisse virale. Pourvoyeuse de richesse et d’emplois sur les territoires, cette filière d’excellence attend beaucoup de la recherche pour pouvoir trouver un ensemble de solutions contre les pucerons transmettant la jaunisse virale.

La Confédération générale des planteurs de betteraves rappelle dans son bilan annuel, la mobilisation de la filière pour faire face, dès le mois de mars, à l’arrivée de la Covid-19 qui a bouleversé les codes et les modes de vie des Français. « Plus que jamais, planter des betteraves a été essentiel pour assurer la souveraineté alimentaire du pays, mais aussi contribuer, grâce à l’alcool de betteraves, à la fabrication massive de gel hydroalcoolique pour protéger les Français ».

Mais une autre crise attendait également les planteurs de betteraves. Dans les champs cette fois-ci. Les choses se sont compliquées dès le mois d’avril avec les premiers signes de jaunisse virale, transmise par des pucerons verts. Rien n’a pu contrer ce virus, entraînant des dégâts d’une ampleur sans précédent : les rendements moyens cette année atteignent seulement entre 62 et 64 tonnes par hectare, ce qui représente une baisse de près de 30 % par rapport à une moyenne sur les cinq dernières années (87,4 t/ha). Ainsi, la récolte française est attendue sous les 27 millions de tonnes de betteraves (contre 47 millions de tonnes en 2017).

Une décision des Pouvoirs publics a permis d’obtenir une dérogation aux semences traitées par les néonicotinoïdes, mais l’ensemble de la filière a 1000 jours pour trouver de nouvelles solutions face à la jaunisse de la betterave sucrière. La recherche publique (avec notamment l’Inrae, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement et l’ITB, Institut technique de la betterave) et privée est d’ores et déjà mobilisée pour trouver une combinaison de solutions opérationnelles (agronomique, technique, d’agro-équipements, génétique, chimique, de biocontrôle…).

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Faisons la fête, consommons local !

Publié le 10 Déc 20

Même si cette année, l’ambiance des fêtes de fin d’année sera très particulière, retrouvons un peu de joie en consommant les produits frais festifs des agricultrices et agriculteurs français.

Vous avez le moral en berne car vous êtes confinés ? Qu’à cela ne tienne, retrouvez de la gaieté en festoyant autour des produits des agriculteurs français.

Ces produits sont excellents et il faut soutenir les productrices et producteurs français. Car la situation de certaines filières est très tendue : les stocks commencent à s’accumuler pour les canards ou les veaux; 40 % du foie gras frais sont servis traditionnellement dans les restaurants qui sont toujours fermés ; 100 % des ventes de chapons se font au moment des fêtes ; les pommes de terre n’ont plus de débouchés en restauration ; la consommation des boissons (bière, cidre, vin) accuse de fortes baisses ces derniers mois; les achats de fleurs sont en chute libre…

Alors relevons tous ensemble le défi : profitons des fêtes de fin d’année pour nous régaler des produits locaux et soutenons l’agriculture française. Consommons local !

L’agriculture en partage

Publié le 10 Déc 20

Gwendoline Jourdain, agricultrice à Pont Melvez, dans les Côtes d’Armor, a obtenu le prix spécial des territoires Terres d’idées 2020, mis en place par Mutualia et Public Sénat. La dotation va lui permettre de financer l’aménagement des activités agricoles et rurales rattachées à ses gîtes.

Sur la ferme du Jardin mod kozh, Gwendoline Jourdain et son mari Jimmy, souhaitent proposer des séjours immersifs pour découvrir la vie à la ferme en toute autonomie (cultures, soins des animaux, activités pédagogiques…) et de responsabiliser tout un chacun sur les animaux, sur l’alimentation mais aussi sur l’environnement.

Une belle occasion de comprendre, le temps d’un séjour, la vie d’un(e) exploitant(e) agricole, et la vivre de l’intérieur. Échanges, découvertes et partages sont au programme pour ces vacances agricoles originales.

Qui est l’éleveuse qui se cache derrière mon fromage de chèvre ?

Publié le 8 Déc 20

Estelle Foulon est éleveuse à Riaucourt dans la Haute-Marne depuis 2007. Elle lance la chèvrerie d’Artémis en 2010, suite à la reprise d’un ancien laboratoire de transformation de canards, pour développer son atelier de fromagerie.

Aujourd’hui, son troupeau regroupe 50 chèvres laitières, principalement de race alpine, et lui permet de produire autour de 100 litres de lait par jour lors de pics de lactation. Celui-ci est transformé sur place en différents produits : yaourt, faisselle, des fromages affinés, en secs ou demis secs, aromatisés grâce à différents aromates (piment d’Espelette, ail et fines herbes…).

Friand de bons produits, Thierry Henriot, chef Euro-Toques France à la Résidence Jacques Weil à Chaumont (52), travaille régulièrement avec Estelle. Avec son fromage frais, il nous propose une recette simple mais délicieuse : les briques de chèvre frais au miel.

Les céréaliers s’adaptent avec énergie

Publié le 7 Déc 20
© Claudia Huard – L’Aurore Paysanne

Le métier de céréalier est loin d’être figé, les agriculteurs diversifient leur activité et adaptent leurs pratiques agricoles aux préoccupations sociétales. Ainsi, nombreux sont les céréaliers développant de l’énergie verte, grâce par exemple à la méthanisation.

« Créer une nouvelle activité nous permet de sortir de la routine mais surtout de trouver des sources de revenus complémentaires, d’autant plus cette année avec des récoltes catastrophiques », explique Vincent Guérin, céréalier à Villers-les-Ormes, dans l’Indre. Depuis juillet 2019, il produit de l’énergie verte à partir de végétaux grâce à la méthanisation.

Pour Vincent Guérin, l’activité de méthanisation a été un projet mûrement réfléchi : « cinq ans ont été nécessaires pour faire aboutir cette nouvelle activité ». Ce temps a notamment permis de choisir entre la cogénération (production d’électricité et de chaleur à partir du biogaz produit) et l’injection directe (production de biométhane, injecté dans le réseau GRDF). « Compte tenu du fait que nous n’avions pas la possibilité de valoriser la chaleur, nous nous sommes orientés rapidement vers l’injection : le biogaz est produit dans des cuves hermétiques, chauffées à 42 °C. Ce biogaz est ensuite épuré des éléments indésirables (CO2, H2S, composés volatils…) et le biométhane restant, pur à 96,5 %, est réinjecté dans le réseau gaz classique », ajoute Vincent Guérin.

Des cultures intermédiaires, pour protéger le sol et alimenter le méthaniseur

« Nous alimentons le méthaniseur avec des céréales intermédiaires à vocation énergétique, qui sont implantées par exemple entre une orge d’hiver et un blé, puis récoltées avant la maturité du grain. Ayant peu de besoin en engrais, ces cultures intermédiaires s’intercalent entre deux cultures à vocation alimentaire et ont le mérite de ne pas laisser le sol nu », détaille Vincent Guérin. Chaque année, ce sont 18 000 tonnes de matière qui sont introduits dans le méthaniseur.

Un projet de territoire, une collaboration entre agriculteurs

« Si un agriculteur nous fournit des matières méthanisables, comme du fumier, nous lui donnons en échange les matières qui restent après le processus de méthanisation et qui sert d’engrais naturel pour les champs », souligne Vincent Guérin.

Ainsi, Vincent Guérin produit en biométhane l’équivalent de la consommation d’environ 6 000 habitants, qui est réinjecté dans le réseau GRDF de l’agglomération de Châteauroux.

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