La coopérative Agora est un acteur incontournable de l’agriculture de l’Oise et de la filière céréales du Nord de Paris. Comme toute coopérative, Agora est une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.
Agora compte 2400 agriculteurs qui sont à la fois détenteurs du capital et utilisateurs des services de la coopérative. Les 135 salariés d’Agora accompagnent ainsi les agricultrices et agriculteurs tant pour la collecte et la commercialisation de leurs grains que pour leur approvisionnement agricole (semences, nutrition et protection des plantes, alimentation animale).
Tout en valorisant au mieux la commercialisation des grains, Agora modernise ses outils et intègre pleinement les attentes environnementales de la société avec notamment la poursuite des essais de la conservation à froid des céréales dans ses silos afin de réduire l’usage des insecticides. L’accompagnement des agricultrices et agriculteurs vers l’agroécologie s’intensifie avec par exemple la sensibilisation à l’agriculture de précision et de conservation du sol, ou bien encore le développement des surfaces de maïs traitées en biocontrôle (lâcher de trichogramme, hyménoptère parasitant les œufs de pyrale de maïs, ravageur des cultures).
Le handicap ne doit pas être un frein en agriculture
Le 3 décembre est consacré par l’ONU comme Journée internationale des personnes handicapées. Travailler et faire travailler les personnes en situation de handicap est tout à fait possible aujourd’hui en agriculture. Il faut pour cela en parler et faire connaître les dispositifs existants.
Pour Pierre-Mickaël Hugues, viticulteur dans le Var, “le plus important est de faire connaître les accompagnements qui existent pour aider les personnes en situation de handicap. Les dispositifs sont trop souvent méconnus chez les agriculteurs et peuvent pourtant permettre la poursuite d’activité ou l’installation de personnes handicapées. Avec les MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées), on peut faire appel à des aides à l’emploien faveur de la compensation du handicap“.
Il est possible d’embaucher un salarié handicapé et obtenir un financement compensatoire à hauteur de l’importance du handicap. Mais il est possible également, lorsque l’agriculteur est lui-même en situation de handicap, d’obtenir des aides pour faciliter l’embauche de personnel pour le suppléer en partie sur l’exploitation. Ces aides sont attribuées par l’Agefiph, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées.
“Le handicap est diversement impactant sur l’activité agricole et 80% des handicaps sont non visibles. Il faut lever la pudeur sur ce phénomène et ne pas hésiter à faire appel à la MDPH” insiste Pierre-Mickaël Hugues.
D’après la Mutualité sociale agricole, plus de 40 000 familles bénéficient des prestations liées au handicap (allocation aux adultes handicapés, majoration pour vie autonome, complément de ressources…). Ainsi, au 31 décembre 2019, l’allocation aux adultes handicapés est attribuée à 35 104 familles, dont 80 % aux salariés agricoles et 20% aux non-salariés agricoles.
Vendredi 27 novembre 2020, se tenait le colloque en ligne de la FC2A (Fédération du commerce agricole et agroalimentaire), une occasion d’échanger sur les enjeux du Green Deal, thème stratégique pour le commerce européen.
Depuis son arrivée à la tête de la Commission européenne en janvier, Ursula von der Leyen projette de faire de l’Europe la première puissance verte mondiale. Ses ambitions se matérialisent par la mise en place d’un “Pacte vert”, qui a pour objectif de rendre l’Union climatiquement neutre en 2050.
Contours, objectifs et impacts attendus du « Green Deal » ?
Camille Hubac, conseillère économique à la Représentation de la Commission européenne en France, et revenue sur la stratégie ” Farm to Fork” : de la ferme à la table, qui fixe les contributions attendues du secteur agricole dans le cadre du pacte vert.
Très ambitieuse, cette stratégie a plutôt été accueillie favorablement, d’après Samuel Masse, vigneron et président du CEJA (Conseil européen des jeunes agriculteurs). Toutefois, ne plaçant pas l’agriculteur au centre du dispositif, il considère qu’elle fait l’impasse sur un certain nombre de points, entre autres les problématiques foncières qui freinent l’installation des jeunes générations en agriculture. La réduction de 50% d’intrants parait très compliquée à atteindre, sans propositions de méthodes de substitution, et de prise en compte des bonnes pratiques et des réductions qui ont déjà été réalisées à ce jour. Il s’interroge enfin sur la pertinence de la conversion de terres en agriculture biologique si la demande des consommateurs ne suit pas. Marcel Vender Vlit, président du CELCAA (Comité européen de liaison du commerce agroalimentaire) estime que l’Union européenne devrait d’abord sortir du rouge avant de passer au vert. Inquiet par le projet d’étiquetage des produits, il s’interroge sur le fait que ces mesures constituent des barrières au commerce européen et mondial. Au-delà d’une Europe aux blocs politiques fragilisés, parfois marqués par l’avènement du nationalisme et des résistances dans les budgets, Philippe Mitko, président de COCERAL (le Comité du Commerce des céréales, aliments du bétail, oléagineux, huile d’olive, huiles et graisses et agrofournitures) souligne le paradoxe du Green Deal qui voudrait réduire les exportations européennes, quand les clients de l’Europe, africains en particulier, voient leurs populations doubler et leurs productions diminuer. L’Europe pourra-elle encore se positionner comme un pôle de sécurité alimentaire et sanitaire mondial ?
Conséquences et opportunités pour les filières agricoles ?
Hervé Lapie, secrétaire général adjoint de la FNSEA, regrette que le pacte ait adopté une approche plus politique que pragmatique. Une mise sur le marché de variétés de productions résistantes, qui permettraient de diminuer l’utilisation de pesticides et fongicides est possible, selon Christophe Gauchet, directeur général chez HZPC France. Toutefois, une dizaine d’années sont nécessaires afin de développer ces nouveaux procédés, quand les échéances politiques sont évaluées à 2-3 ans. Frédéric Lambert, chef du service Europe et International au ministère de l’agriculture et de l’Alimentation, montre que la transition agroécologique est actuellement une nécessité et un objectif pour l’agriculture française. L’enjeu actuel est donc de répondre à des demandes de plus en plus importantes de la société, d’accompagner ces changements, valoriser la montée en qualité des productions, tout en gardant une compétitivité économique. La priorité du ministère est de faire en sorte que les exigences environnementales soient les mêmes pour tous les États membres afin de respecter une égalité des conditions de concurrence. Pour Alexandre Carcouet, commerçant en bestiaux, le système de production allaitant étant très basé sur l’export, il existe un risque de surenchère législative française qui pourrait faire perdre le secteur en compétitivité par rapport à d’autres pays de l’UE. Il est également essentiel de défendre l’historique français, d’après Jérémy Decerle, agriculteur et député européen, et que le Green deal reconnaisse le statut et les avancées que l’agriculture a déjà réalisé.
Pour en savoir plus, retrouvez ci-dessous les vidéos du colloque en replay.
François Beaucourt, agriculteur à Crasville dans l’Eure, est lauréat de Terres d’Idées 2020 mis en place par Mutualia.
Son projet est de fabriquer une écimeuse électrique destinée à être attelée à un tracteur pour couper les adventices (mauvaises herbes) qui dépassent et gênent le développement des cultures. Cette machine, première du genre, représente ainsi une véritable alternative aux solutions de désherbage chimique et peut être utilisée pour bon nombre de cultures.
La dotation obtenue dans le cadre de cet appel à projet Terres d’Idées va aider François Beaucourt à passer de la phase de prototype à la phase de réalisation.
La France établit un inventaire, régulièrement actualisé et complété, de son patrimoine culturel immatériel. Parmi les quelque 500 éléments inclus à cet inventaire, l’agriculture y est bien représentée.
L’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France est tenu et mis à jour par le ministère de la Culture et constitue un des critères indispensables pour pouvoir candidater au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, placé sous l’égide de l’Unesco.
Les éléments nationaux inventoriés se répartissent dans 7 catégories : savoir-faire; pratiques rituelles; musiques et danses; pratiques festives; pratiques physiques traditionnelles; jeux; expressions et traditions orales.
Au 15/10/2020, 487 éléments ont été recensés pour figurer dans l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français. L’agriculture y figure en bonne place avec notamment :
concernant l’élevage : l’élevage du bœuf gras bazadais; la promenade des bœufs gras de Bazas; la fête des Bergers à Aramits; le tue-cochon; le parcours journalier dans les Pyrénées; les traditions des fermes d’élevage de Larrau; la transformation des canards gras; l’élevage et la production de laine; la pêche aux poissons d’eau douce des étangs de la Dombes; les pratiques et savoir-faire des pêcheurs du lac de Grand-Lieu (Loire-Atlantique); les pratiques et savoir-faire de la transhumance en France; la tradition des bœufs gras à Bayonne; les savoirs de l’apiculture dans le massif des Bauges; l’élevage des huîtres de Cancale; les fêtes des bouviers et des laboureurs de la Drôme; les pratiques d’élevage caprin et les savoirs fromagers au lait de chèvre dans le massif des Bauges; la culture des moules de bouchot à Pénestin…
La transhumance fait partie du patrimoine culturel français.
concernant les cultures : la fête du piment à Espelette; la vente aux enchères de foin sur pied à Renac; les plantes médicinales; la culture du chanvre textile; la culture du raisin chasselas de Moissac; la culture du cresson à Méréville; la culture de la truffe noire du Quercy à Lalbenque; les savoir-faire liés à l’irrigation gravitaire par béals (canaux) en Lozère; la culture de l’ail rose de Billom; les pratiques de culture des lavandes dans les Alpes-de-Haute-Provence; les pratiques de relance des variétés paysannes de céréales dans le Luberon; la culture et la transformation des olives dans le pays de Nîmes; les fêtes de la vigne et du vin en basse vallée du Rhône; la fête du Citron de Menton; la fête des Olives vertes de Mouriès; la boule du vignoble nantais sur terrain incurvé ou terrain plat…
Culture des lavandes dans les Alpes-de-Haute-Provence
concernant les traditions gastronomiques : les pratiques culinaires du pays niçois de la mer à la montagne; le repas chanté en Bretagne; la fabrication de la fourme de Montbrison; la fabrication des fruits confits d’Apt; la fabrication du Kirsch de Fougerolles; les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette de pain; la fabrication du fromage Saint-Nectaire fermier; la fabrication du poiré en Domfrontais; l’élaboration du vin de Châteauneuf-duPape; la fabrication du fromage de Salers; les salaisons fumées au tuyé du Haut-Doubs; la panification traditionnelle dans le massif des Bauges; l’élaboration de l’eau-de-vie d’Armagnac…
La baguette : un savoir-faire traditionnel national
Parmi tous les éléments nationaux inventoriés, 18 sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité à l’Unesco, parmi lesquels le repas gastronomique des Français.
Guillaume de Chevron-Villette, viticulteur dans le Var, nous présente les démarches qu’il a mises en place sur son exploitation : Terra Vitis, agriculture biologique ou biodynamie.
Il prône des procédés 100% respectueux de l’environnement, et a pour objectif de rendre sa terre plus propre que lorsqu’il est arrivé sur l’exploitation.
Pour cela, il est certifié Terra Vitis, une certification environnementale reconnue par le Ministère de l’agriculture. La démarche regroupe 500 adhérents, 11 000 hectares de vigne et est présente sur l’ensemble des grands vignobles français. Le cahier des charges exigeants s’établit sur 6 critères :
Le respect du territoire en favorisant un sol vivant.
La protection des vignes et de la récolte en limitant les interventions, qui sont réalisées qu’en ultime recours.
Le respect des hommes qui assure la protection, sécurité et formation des employés.
L’innovation qui encourage les adhérents à tester de nouvelles techniques et à les partager avec le réseau.
Le respect de la société par le recyclage et la valorisation des déchets produits sur l’exploitation.
Et enfin, le respect du consommateur qui est garanti par un contrôle strict des vins par un organisme indépendant.
Une partie de sa production est également certifiée agriculture biologique, basée sur des pratiques culturales soucieuses du respect des équilibres naturels, sans produits chimiques de synthèse ni OGM. Il travaille également en biodynamie, une forme d’agriculture biologique considérant l’univers de la plante dans son ensemble: du ciel à la terre. Cela se traduit par exemple par la prise en compte des cycles lunaires ou le retour du travail du sol avec la traction animale.
L’avenir est à la diversité des méthodes de protection des plantes
Pour Michel Dron, professeur de pathologie végétale de l’Université Paris-Saclay, membre de Végéphyl et de l’Académie d’agriculture de France, l’avenir de la protection des cultures à l’horizon 2050 passera nécessairement par une multitude de méthodes.
Michel Dron estime que la notion de protection des cultures nécessitera de développer une approche combinatoire sur les territoires.
Cette lutte contre les bioagresseurs s’appuiera, au-delà d’une utilisation raisonnée de l’agrochimie, sur une démarche mêlant lutte intégrée, résistance génétique des plantes aux maladies, outils d’aide à la décision et systèmes d’induction de défenses naturelle des plantes.
Il sera nécessaire également de redéfinir les territoires agricoles afin d’éviter trop d’échanges et de risques de transmission de maladies.
Enfin, tout cela s’articulera avec une réflexion globale sur les assolements, les rotations, la diversification des productions, pour limiter la propagation des maladies.
Vivre ensemble, c’est se respecter mutuellement. La campagne se partage avec ses habitants et tous ceux qui la font vivre.
A Ecury-sur-Coole, dans la Marne, Julie Guichon, conseillère municipale, a fait paraître dans le dernier numéro du bulletin municipal Ecury Infos la précision suivante :
La campagne, ça vit !
“Tous les jours, si nous prenons le temps de l’observer, la nature nous révèle un ensemble d’êtres vivants tous aussi agréables à regarder les uns que les autres. Ces oiseaux, écureuils, renards, insectes et végétaux en tout genre créent une biodiversité rendue possible grâce à l’entretien des forêts, des haies et des jardins et par la diversité des cultures. Dans notre campagne, nous avons tous accès à cette richesse. Profitons-en !
Agriculteurs, chauffeurs de denrées alimentaires (betteraves, luzerne, céréales…), transporteurs, employés communaux, artisans du bâtiment et bien d’autres professions encore participent à cet effort collectif qui fait de notre village un lieu agréable à vivre et bénéfique à notre bien-être quotidien. Nous avons choisi de vivre à la campagne pour des raisons qui nous sont propres dans une volonté de bien vivre ensemble, au calme. Mais le calme n’est pas le silence ! La campagne, ça vit. Supportons ces bruits ponctuels qui, rappelons-le, contribuent à créer de l’activité sur nos territoires. Ces activités font partie de la vie rurale et créent des emplois, les vôtres ou ceux de vos proches directement ou indirectement. La campagne, ça vit et ça se vit ensemble !“
Dans le même esprit, dans une commune alsacienne du Haut-Rhin, Muhlbach-sur-Munster, le maire vient d’installer des panneaux précisant :
Attention vous êtes en campagne
“Ici, nous avons : – 2 clochers qui sonnent régulièrement, – des coqs qui chantent très tôt le matin, – des troupeaux vivant dans les prés, dont certains avec des cloches autour du cou, – des cerfs, chevreuils, chouettes, renards, blaireaux, entre autres… – des agriculteurs qui travaillent pour vous donner à manger, – des artisans qui travaillent pour vous, qui souhaitent pérenniser leur activité, – des associations dynamiques qui créent le lien social, – des chalets qui poussent pour accueillir les amoureux de la nature (nature qui n’appartient pas seulement à quelques privilégiés).
Si vous ne supportez pas ces bruits de la campagne, d’un village qui veut se développer raisonnablement, c’est votre droit. Si vous ne supportez pas que d’autres puissent profiter de notre environnement, c’est votre droit. Mais respectez ces lieux et les personnes qui y sont habituées…“
Vous pouvez compter sur vos agricultrices et agriculteurs qui travaillent sans relâche pour vous nourrir. Faisons le choix de leurs produits pour faire perdurer ensemble une agriculture durable en France.
Dans le contexte actuel de reconfinement et à quelques semaines des fêtes de fin d’année, un large appel est lancé à faire corps tous ensemble, à rester soudés et solidaires pour surmonter la crise sanitaire que nous traversons, en faisant preuve de ‘patriotisme alimentaire’.
Tous les producteurs sont pleinement mobilisés malgré les difficultés pour faire de ces fêtes des moments de convivialité et de retrouvailles autour de bons repas, même si le nombre de convives est réduit. Cette période constituant un enjeu décisif pour un grand nombre de filières agricoles, ces mêmes producteurs ont besoin, peut-être encore plus encore aujourd’hui, que les consommateurs fassent le choix de leurs produits.
Les agricultrices et agriculteurs français lancent un véritable cri du cœur à leurs concitoyens afin qu’ils prennent conscience de l’importance de leur acte d’achat pour la défense et le maintien d’une agriculture durable en France.
Historiquement, la Drôme est un berceau de la production d’ail. Une soixantaine d’agricultrices et d’agriculteurs y produisent aujourd’hui de l’ail blanc, noir ou violet. L’ail blanc de la Drôme bénéficie du signe officiel IGP, Indication géographique protégée, depuis 2008.
La sélection variétale sur l’ail blanc menée par l’Inra, Institut national de recherche agronomique, dans la Drôme a conduit aux variétés Messidrôme et Thermidrôme. S’appuyant sur les conditions pédo-climatiques spécifiques au climat ensoleillé et venté, combiné à des exigences sur la date de récolte, la conduite de séchage et les pratiques agroécologiques, une aire de production bien délimitée est établie pour pouvoir bénéficier du signe officiel Ail blanc IGP de la Drôme.
Les gousses, appelées caïeux, sont mises en terre en octobre. La récolte se réalise fin juin. L’ail est ensuite mis en séchage, puis “blanchi” (c’est-à-dire débarrassé de ses racines et de ses premières peaux) et enfin calibré.
L’ail blanc de la Drôme, doux, frais, et légèrement sucré au goût, fortement concentré en antioxydants, se consomme cru ou cuit car il est parfumé sans être agressif. L’ail noir est obtenu à partir de l’ail blanc IGP de la Drôme, cuit à basse température pendant 30 jours afin de réaliser une transformation enzymatique. Enfin, l’ail violet, au goût plus prononcé et corsé, est plus destiné à la cuisine méditerranéenne.
La Drôme n’est pas bien sûr le seul département français producteur d’ail. En 2019, la France a cultivé 3 485 hectares d’ail sec et en a produit ainsi plus de 25 000 tonnes (avec un rendement moyen de 7,3 tonnes/ha). Les principaux départements concernés sont le Gers, le Tarn, la Drôme, le Tarn-et-Garonne et le Vaucluse. La France est le quatrième producteur européen d’ail, après l’Espagne, la Roumanie et l’Italie.
Les producteurs drômois innovent avec l’ail éléphant
Du 16 au 20 novembre 2020 se tient la Semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées. L’occasion de s’intéresser à la situation dans le secteur agricole.
D’un côté, les handicapés ont des difficultés à trouver un emploi stable et, de l’autre, le secteur agricole éprouve des difficultés à recruter des salariés saisonniers. Des passerelles se créent afin de relayer ces deux attentes.
L’agriculture pour dépasser le handicap mental
Par exemple, dans le Vaucluse, l’entreprise sociale et solidaire Solid’agri œuvre pour l’inclusion socio-professionnelle de personnes en situation de handicap en milieu ordinaire. Solid’Agri emploi en CDI, forme et accompagne des salariés en situation de handicap, dans une démarche d’inclusion et d’autonomisation, pour aller réaliser des prestations agricoles, d’entretiens de jardins et de lutte contre le gaspillage alimentaire.
Les stages en milieu agricole sont également ouverts aux personnes handicapées. Les Chambres d’agriculture informent notamment sur les opportunités et les aides disponibles tant pour les employeurs que pour les apprentis. Ces aides sont attribuées par l’Agefiph, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées.
Un programme européen, Farmid, travaille également à promouvoir l’emploi des personnes ayant une déficience intellectuelle légère dans les exploitations agricoles. Les bonnes pratiques à l’embauche ou bien encore le développement de formation pour les agriculteurs et leurs éducateurs sont diffusés sur une plateforme d’e-learning.
Un accompagnement d’aides trop méconnu en faveur de la compensation du handicapphysique
Le maintien dans l’emploi d’une agricultrice ou d’un agriculteur confronté.e à une situation de handicap peut se poser. Des constructeurs d’agroéquipements, comme par exemple Lindner, commercialisent du matériel spécifiquement adapté aux personnes en situation de handicap.
Mais pour Pierre-Mickaël Hugues, viticulteur dans le Var, “le plus important est de faire connaître les accompagnements qui existent pour aider les personnes en situation de handicap. Les dispositifs sont trop souvent méconnus chez les agriculteurs et peuvent pourtant permettre la poursuite d’activité ou l’installation de personnes handicapées. Avec les MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées), il est possible de faire appel à des aides à l’emploien faveur de la compensation du handicap“. Il est possible d’embaucher un salarié handicapé et obtenir un financement compensatoire à hauteur de l’importance du handicap. Mais il est possible également, lorsque l’agriculteur est lui-même en situation de handicap, d’obtenir des aides pour faciliter l’embauche de personnel pour le suppléer en partie sur l’exploitation. “Le handicap est diversement impactant sur l’activité agricole et 80% des handicaps sont non visibles. Il faut lever la pudeur sur ce phénomène et ne pas hésiter à faire appel à la MDPH” insiste Pierre-Mickaël Hugues.
D’après la Mutualité sociale agricole, plus de 40 000 familles bénéficient des prestations liées au handicap (allocation aux adultes handicapés, majoration pour vie autonome, complément de ressources…). Ainsi, au 31 décembre 2019, l’allocation aux adultes handicapés est attribuée à 35 104 familles, dont 80 % aux salariés agricoles et 20% aux non-salariés agricoles.
Comme le rapporte dernièrement la Cour des comptes, l’artificialisation des sols se poursuit en France au détriment de l’agriculture. Ce constat est d’autant plus alarmant que la crise sanitaire a rappelé la nécessité de tendre vers l’autonomie alimentaire, ce qui nécessite donc de préserver l’orientation agricole des terres.
La Cour des comptes rappelle que l’artificialisation de sols en France, “c’est l’équivalent de 596 000 hectares en dix ans qui ont été concernés, en raison principalement de l’étalement urbain couplé au développement des transports et des infrastructures, ainsi que d’un prix du foncier agricole comparativement plus faible en France que dans d’autres pays européens“. Cette disparition de terres cultivables est d’autant plus préjudiciable qu’elle “concerne, à hauteur de 70%, des terres agricoles riches”.
De ce fait, la superficie agricole utile continue à décroître. “Estimée en 2018 à 28,64 millions d’hectares, elle représentait alors 52% de la surface du territoire, contre 54% en 2000 et 63% en 1950. Entre 2010 et 2018, 282 000 hectares de terres agricoles ont été perdus, soit en moyenne 35 000 hectares par an“.
Cette perte de superficies agricoles ne touche pas uniquement la proximité des grands centres urbains. Même à la campagne, les terres destinées à l’agriculture perdent du terrain au profit du béton. C’est ainsi le cas dans la petite commune de Chamant dans l’Oise où un projet communal envisage de construire un parking sur une pâture. L’éleveur concerné y faisait paître jusqu’à maintenant ses moutons. Le plan local d’urbanisme compromet son projet de création de ferme pédagogique tout en portant notablement atteinte à l’environnement et à la biodiversité. Cliquez ici pour soutenir cet éleveur
Les agricultrices et agriculteurs débordent d’idées
La seconde édition de l’appel à projets Terres d’idées a, une fois encore, démontré la richesse de notre agriculture avec de nombreux projets portés par des agriculteurs(rices) impliqués.
Cette année les jurys de Terres d’idées ont examiné 350 candidatures. Innovation, expérimentation, développement de la vie des territoires, pratiques pour une agriculture durable ou encore originalité des idées sont autant de marqueurs qui caractérisent cette édition.
En 2020, Terres d’idées récompense 7 lauréats qui pourront mener à bien leurs projets grâce à la dotation Terres d’idées :
Coline Avril a le projet, avec Marie et Anne Flore, ses associées, de transformer une ancienne ferme familiale en musée-expo. Les visites éducatives valoriseront le patrimoine et le métier d’agriculteur au sein d’une ferme découverte.
– Prix Développement durable : Nicolas Soissons (Ferme du Cabournieu, à Troncens, Gers)
Afin de réduire de façon significative sa consommation électrique et sa production de gaz à effet de serre, il souhaite installer un robot aspirateur de lisier autonome qui permettrait de remplacer son système à hydrocarbures. Il serait complété par une fosse en béton qui servirait à alimenter en continu un micro méthaniseur. Ce projet est doublement novateur, car il permet de traiter l’ensemble des lisiers des vaches laitières tout en réduisant le coût électrique et donc environnemental de la ferme.
– Prix Emploi : Justine Falquet (La Ferme de l’Ebio, à Argentine, Savoie)
En cours d’installation avec un troupeau d’ânesses sur les terrains de ses grands-parents, cultivateurs, elle associe la culture de céréales anciennes pour produire du pain au levain ainsi qu’un jardin de plantes médicinales pour produire ses savons ainsi que des infusions. Afin de vivre de son activité de production de céréales et d’augmenter son rendement, elle souhaite investir dans un moulin.
– Prix Innovation : François Beaucourt (Crasville, Eure)
Son projet est de fabriquer une écimeuse électrique destinée à être attelée à un tracteur pour couper les adventices (mauvaises herbes) qui dépassent et gênent le développement des cultures. Cette machine, première du genre, représente ainsi une véritable alternative aux solutions de désherbage chimique et peut être utilisée pour tous les types de cultures potagères ou céréalières.
– Prix spécial des territoires Mutualia/Public Sénat : Gwendoline Jourdain (Côtes d’Armor) pour la création de séjours à la ferme en famille
– Prix spécial du jury Mutualia/Présence Verte : Suzanne Mislin (Haut-Rhin) pour la réalisation des après-midi à l’écurie pour des personnes malades.
– Prix spécial Mutualia/CultivonsNous.TV : Bertrand et Cyrielle Deswarte (Pas-de-Calais) pour la conversion en agriculture biologique de leur ferme.
En tout, 49 000€ de dotations sont ainsi reversés dans le cadre de Terres d’idées pour soutenir le monde agricole cette année.
Les agriculteurs sont les premiers acteurs de la biodiversité. Fort de cette idée, les céréaliers français et l’OFB, Office Français de la Biodiversité, ont élaboré un guide de recommandations pour favoriser la biodiversité dans les champs cultivés.
L’agriculture est une partie de la solution pour préserver la biodiversité. Il y a de véritables synergies qui existent sur le territoire, bénéfiques pour les grandes cultures et réciproquement pour la biodiversité. Il faut les faire connaitre et les diffuser auprès du plus grand nombre. Les agriculteurs, qui travaillent le vivant au quotidien, détiennent par leurs pratiques les clés du maintien de la biodiversité animale et végétale. Dans un contexte plus global de perte de biodiversité, les agriculteurs et les chasseurs ont été les premiers à se mobiliser par des initiatives locales pour endiguer le phénomène, notamment parce qu’il touchait des espèces emblématiques comme la perdrix grise. Sans attendre les rapports des scientifiques, certains agriculteurs ont décidé de prendre les devants.
Ce constat partagé par de nombreux d’acteurs sur le territoire a encouragé les céréaliers français et l’Office Français de la Biodiversité à travailler sur un projet commun pour promouvoir des pratiques qui concilient agronomie, économie, environnement et faune sauvage.
Concrètement, une centaine d’agriculteurs a été interviewée, majoritairement des céréaliers afin de recenser les initiatives locales et vertueuses. Il s’agissait de questionner de manière qualitative les raisons pour lesquelles les agriculteurs avaient adopté ces pratiques et qu’elles en étaient les avantages et les limites. Les céréaliers ont choisi de mettre en avant 9 d’entre elles symboliques et adaptées au secteur des grandes cultures. Ces pratiques ont fait l’objet d’un travail approfondi avec des experts comme l’INRAE, l’OFB ou Arvalis institut du végétal pour les convertir en fiches pratiques.
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