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Le collectif et la solidarité en ligne de mire

Publié le 6 Oct 21

Non issu du milieu agricole et non originaire de la région, Romain Poureau a repris une exploitation agricole en 2020 à Gillonay, en Isère. Une ferme aux nombreux ateliers, sur laquelle s’appuie également une association d’entraide aux personnes en situation de handicap mental.

Romain Poureau élève 200 brebis de race locale Thônes-et-Marthod, ainsi que 230 (et bientôt 280) poules pondeuses. « Pour me diversifier, je me lance également dans un petit élevage de porcs charcutiers et de lapins » précise-t-il.

Faute de surfaces suffisantes sur la ferme, la moitié du troupeau d’ovins est élevée en alpage, en Belledonne. Romain Poureau découpe et vend lui-même ses agneaux.

Afin de donner encore plus de sens à son activité, l’éleveur s’est associé au Bercail paysan. Ainsi des adultes en situation de handicap viennent participer à la vie de la ferme. « Tout le monde est gagnant : cela contribue à leur éveil et ils peuvent donner un coup de main sur de menus travaux (nettoyage des clapiers, ramassage des œufs…) » juge Romain Poureau.

Il vient de démarrer par ailleurs une activité de vente directe à la ferme mais souhaiterait créer un collectif pour proposer une offre diversifiée aux consommateurs. C’est dans ce cadre qu’il a postulé à l’appel à projets Terres d’idées mis en place par Mutualia.

Des vignes au cœur d’un patrimoine d’exception

Publié le 5 Oct 21

Quand on arrive au Domaine Mayoussier, à Auberives-en-Royans, en Isère, c’est le château du 13e siècle qui impressionne de prime abord. C’est pour entretenir ce patrimoine bâti qu’Antoine Dépierre a réhabilité les vignes, en valorisant le terroir et en s’intégrant au mieux à son environnement.

Propriétaire du lieu depuis 1810, la famille Mayoussier s’est interrogée sur les conditions pour le conserver et l’entretenir. « Il nous fallait élaborer un projet économiquement viable, en lien étroit avec l’environnement, le terroir et à forte valeur ajoutée » témoigne Antoine Dépierre. Après avoir été sommelier à Berlin, Londres, Miami ou Dubaï, Antoine Dépierre est revenu en 2013 sur le domaine familial. Il est actuellement gérant du Domaine, avec 18 autres associés membres de la famille.

La renaissance du vignoble

Trois blancs et un rouge (Sauvignon blanc, Roussanne, Viognier et Syrah) sont les premiers cépages mis en place sur le domaine sur 2,7 hectares. Ils seront complétés par 0,8 hectare en novembre 2021 avec des cépages autochtones oubliés (le Persan et le Durif). Avec quelque 9000 bouteilles en 2020, la production annuelle du domaine Mayousier de vins IGP (indication géographique protégée) Isère, reste modeste.

Soucieux de mettre en avant son terroir, Antoine Dépierre fait partie de la soixantaine de producteurs fermiers du territoire du Parc naturel régional du Vercors bénéficiant de la marque « Fermes du Vercors©». Il a à cœur également de préserver l’environnement qui l’entoure. « Je n’applique aucun insecticide ou désherbant. Et pour la vinification, j’essaie de ne pas mettre de soufre. Mais je fais preuve de beaucoup de pragmatisme : faire le mieux possible, de façon la plus écologique tout en ne mettant pas en péril notre activité ».

Et les initiatives pour développer la biodiversité dans les vignes, certaines conduites en collaboration avec la Ligue de protection pour les oiseaux, ne manquent pas : enherbement des parcelles, tonte de l’herbe par une troupe de brebis, mise en place de haies bocagères, disposition de nids et aires d’accueil pour les oiseaux (hibou petit-duc, chouette effraie, faucon pèlerin…) et les chauves-souris…

Une activité de négoce en complément

Au-delà de leur propre production, les associés du Domaine ont développé parallèlement une autre activité : celle de négociant. Ainsi, Antoine Dépierre est également gérant du Cellier de Félicie, qui met en fût de chêne du jus de raisin d’Occitanie pour élaborer 8 000 en bouteilles de vin de France. A partir de 2022, le Cellier de Félicie assurera également la vinification et le négoce de parcelles de vigne à proximité, en IGP Isère.

Des projets à la pelle

« Dans 4 ans, la vigne sera mature et nous arriverons au terme de nos emprunts. Il nous faut donc penser à d’autres projets » souligne Antoine Dépierre. « Les réflexions actuellement portent sur la possibilité de mettre en place une petite restauration et/ou de développer l’accueil de visiteurs sur la ferme ».

Mais c’est pour un autre thème qu’Antoine Dépierre a déposé un dossier dans le cadre de l’appel à projets Terre d’idées organisé par Mutualia : adapter ses locaux pour développer son implication au sein de « Ma bouteille s’appelle reviens ». En effet pour Antoine Dépierre, la prise en compte de l’environnement doit aller jusqu’à s’interroger sur le devenir des bouteilles. « Le recyclage actuel n’est guère satisfaisant : collecté, le verre est refondu pour servir bien souvent dans l’isolation. Depuis 6 mois, j’ai souhaité développer le ré-emploi de nos bouteilles, ce qui a nécessité de modifier le papier, la colle, les encres et les dorures utilisés. Les particuliers et les restaurateurs sont ainsi invités à nous retourner nos bouteilles vides, qui sont ensuite lavées, désinfectées et reconditionnées. Si nous avons pu d’ores et déjà collecter plus de 1 000 bouteilles, nous pensons pouvoir rapidement récupérer en retour près de 4 000 bouteilles sur nos 18 000 bouteilles vendues par an. Il nous faudra pour cela aménager différemment nos locaux, prévoir l’accès et le lieu de stockage des palettes de bouteilles à laver et celles à réutiliser ».

Antoine Dépierre ne manque pas d’idées pour innover et encore moins de volonté pour chercher toujours à progresser, bien conscient qu’il en va de la pérennité de son activité et du Domaine de Mayoussier.

“Soigne ta com : agriculteurs, vous êtes les meilleurs ambassadeurs !”

Publié le 4 Oct 21
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A l’occasion de la Foire de Châlons, la FDSEA 51 et le Crédit Agricole du Nord Est ont proposé, le 6 septembre 2021, d’échanger sur le thème : « #Soignetacom : Agriculteurs, vous êtes les meilleurs ambassadeurs ! ».

Christine Gandon, présidente du Crédit Agricole du Nord Est, rappelle en introduction que : 71% des Français ont une bonne opinion de l’agriculture et 85% des Français considèrent que le métier d’agriculteur est essentiel.

Eddy Fougier, politologue, estime que le monde agricole a tendance à communiquer avec des termes techniques, et il a rappelé les enjeux d’une communication ayant recours à la vulgarisation et à des termes simples.

Sophie Constanzer, journaliste à France Bleu Champagne-Ardenne, spécialisée en agriculture, regrette que certains agriculteurs soient encore réticents à se livrer via les médias, soit par manque de temps ou de légitimité.

Étienne Fourmont, agriculteur et youtubeur, souhaite, grâce aux réseaux sociaux, donner de la visibilité à l’agriculteur, à son métier, à ses activités. Cela contribue à changer les états d’esprit.

Enfin, Mickaël Jacquemin, vice-président d’#agridemain, rappelle qu’il faut faire évoluer les pratiques et aller sur de l’émotionnel.

Une conférence très riche à (ré)écouter :

Et d’autres témoignages sur ce sujet :

Les jeunes et l’agriculture : un regard désenchanté ?

Publié le 1 Oct 21

A l’occasion de son assemblée générale, #agridemain a débattu du regard des jeunes sur l’agriculture avec Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop et auteur de “La Fracture”, Florence Gramond, directrice département Agriculture du groupe BVA, Pauline Morin, membre du bureau d’#agridemain et Ferréol Delmas, directeur d’Écologie responsable.

Différence générationnelle sur la perception de l’agriculture

Florence Gramond relève dans le sondage réalisé par BVA, à la demande du Crédit Agricole et d’#agridemain, une différence générationnelle très nette sur les résultats parmi la population des moins de 35 ans et en particulier sur la tranche d’âges 18-24 ans. Si 71% en moyenne des Français ont une très bonne opinion de l’agriculture, ils ne sont que 62 % à partager cet avis chez les moins de 35 ans et même 56% pour les 18-24 ans. Les jeunes ont moins conscience des prix payés aux agriculteurs et de leur évolution. De fait, ils considèrent beaucoup plus que leurs aînés que l’on peut gagner sa vie avec ce métier. Pour les jeunes, le premier enjeu pour l’agriculture française dans les 10 ans à venir est d’adapter les modes de production au changement climatique, quitte à opter pour une certaine décroissance. Frédéric Dabi de l’Ifop confirme cette fracture générationnelle et précise que “72% des jeunes se disent engager sur le climat et 1 sur 5 serait même prêt à mourir pour le climat“. Si les jeunes sont dépolitisés, ils ne sont pas pour autant désengagés. Ferréol Delmas confirme qu’il y a un désinvestissement des jeunes dans les structures traditionnelles, comme les syndicats, associations ou partis politiques, mais ils sont en revanche nombreux à répondre présents pour des actions autour de l’écologie et du climat.

Des pistes pour mieux communiquer en direction des jeunes

Frédéric Dabi souligne un décalage sur la manière de s’informer chez les jeunes. L’étude BVA relève effectivement que si les jeunes veulent s’informer sur l’agriculture, ils privilégient pour cela les reportages et les réseaux sociaux alors que les ainés préfèrent les visites sur les exploitations et les échanges lors d’achats en circuits courts.
« En règle générale, l’entrée par les métiers intéresse énormément les jeunes » souligne Frédéric Dabi. Et c’est peut-être par cette thématique qu’il faut développer l’information auprès des jeunes sur l’agriculture.
« Plutôt que de se focaliser, comme cela se fait actuellement, sur l’accueil des élèves des écoles primaires dans les fermes, il faudrait le faire pour les adolescents en mobilisant les professeurs de SVT et d’histoire-géographie » estime Florence Gramond.
« Il faut également développer la sensibilisation à l’agriculture et à l’alimentation aux collèges et aux lycées » insiste Pauline Morin, en mettant l’accent sur le goût, sur le lien entre cuisine et agriculture.

Pour aller plus loin :
– Baromètre BVA sur la perception de l’agriculture par les Français : cliquez ici
– Le livre “La fracture” (Ed. Les Arènes, paru le 26/09/2021) de Frédéric Dabi et Stewart Chau qui analysent comment la jeunesse d’aujourd’hui fait sécession : ses valeurs, ses choix, ses révoltes, ses espoirs… Cliquez ici
– Les livres blancs du laboratoire d’idées Écologie responsable : cliquez ici

L’AgridemainTour et le CoFarmingTour se rencontrent en Auvergne-Rhône-Alpes

Publié le 27 Sep 21


Le #CoFarmingTour, le tour de France en tracteur des start-up agricoles, croise en Auvergne-Rhône-Alpes, l’AgridemainTour, le tour de France des territoires. L’occasion de partager deux étapes en commun : Mercredi 29 septembre 2021 dans la Drôme, sur le site de Méthavéore à Etoile-sur-Rhône et Jeudi 30 septembre 2021 dans le Rhône, sur le site du marché de gros Lyon-Corbas.

Suite à l’annulation à Paris du Salon de l’agriculture 2021, les initiatives se sont multipliées pour aller directement au contact des acteurs du monde agricole dans les régions. C’est ainsi que les associations #agridemain et #cofarming ont souhaité faire une étape commune dans leur tour de France respectif.

La première étape se tiendra mercredi 29 septembre, à Etoile-sur-Rhône, dans la Drôme, avec la visite du site Méthavéore. Un échange sur la problématique de la transition énergétique en agriculture réunira les différents acteurs et responsables locaux auquel participeront Carine Courtial (agricultrice, co-associée de Méthavéore), Thierry Bailliet (auteur de « Dans les bottes de ceux qui nous nourrissent »), Thibaut Savoye (fondateur de Carbone Farmers), Stéphane Aurousseau (vice-président d’#agridemain), Guilhem Armanet (directeur Clients Territoires GRDF Sud-Est), Thierry Mommée (membre du bureau de la Chambre d’agriculture de la Drôme), Dominique Châtillon ( Chef du service agriculture DDT), Claude Ricbourg (Syngenta), Françoise Chazal (conseillère départementale-maire d’Etoile-sur-Rhône), Geneviève Girard (maire de Portes-lès-Valence et présidente du Sytrad) et Alice Thourot (députée de la Drôme).

A l’initiative de 3 agriculteurs (Carine & Olivier Courtial et Bruno Bouchet), Méthavéore, constitue le premier site d’injection de gaz vert du département de la Drôme. La société injecte son biométhane dans le réseau GRDF depuis fin 2020. Sa capacité de production est de plus de 18 GWh/an de gaz renouvelable, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 4 500 logements neufs chauffés au gaz naturel. Ce méthane renouvelable alimente les communes d’Etoile-sur-Rhône, Portes-Lès-Valence et Valence.

La deuxième étape se passera le jeudi 30 septembre, au Marché de gros Lyon-Corbas, avec la visite du site, du centre de tri, de la présentation du projet de méthanisation et la rencontre avec les grossistes et le carreau des producteurs. Un échange autour du thème « Marché de gros Lyon Corbas : une valorisation complète de la filière fruits et légumes » réunira Christian Berthe (président du marché de gros Lyon-Corbas et d’Interfel Aura), Christine Delaigue (présidente du carreau des producteurs), Laurent Rivollet (ingénieur d’affaires biométhane GRDF Sud-Est), Stéphane Aurousseau (vice-président d’#agridemain), Thierry Bailliet (auteur de « Dans les bottes de ceux qui nous nourrissent ») et Jean-Baptiste Vervy (co-fondateur de l’association « Les agriculteurs ont du Cœur).

Premier marché de gros français privé en fruits et légumes par qui transitent plus de 300 000 tonnes de marchandises chaque année, le Marché de Gros Lyon-Corbas dessert plus de 2 172 clients en grosse majorité implantés dans la région Rhône-Alpes.

La laine, sous-produit de l’élevage ovin

Publié le 14 Sep 21


La France produit environ 14 000 tonnes de laine brute provenant de la tonte des moutons. Très peu valorisée, cette laine est très majoritairement exportée. Un collectif tente de faire renaître une filière française de transformation.

La tonte, pour le bien-être de l’animal

La laine du mouton est une fibre dont la pousse est continue. Une laine non tondue se transforme en cocon de laine feutrée, humide, qui moisit et accueille de nombreux parasites : tiques, larves de mouches… La laine est un excellent isolant. Mais, en épaisseur trop importante, en période estivale, elle peut provoquer un coup de chaleur pour le mouton, en empêchant l’évaporation de la sueur.
La tonte est une étape indispensable pour le bien-être animal, indispensable à sa bonne santé.
Il existe en France environ 200 tondeurs professionnels. Pendant une journée de travail, il peut tondre environ 350 brebis, qui pèsent chacune entre 60 et 70 kg. La tonte nécessite respect et maîtrise de l’animal pour ne pas lui faire mal, ne pas le stresser ni le traumatiser.

La Laine, un sous-produit peu rentable

Actuellement, la vente de la laine par l’éleveur ne permet pas de couvrir le prix payé aux tondeurs professionnels.
Cette laine brute est exportée à 80 % en Chine, pour y être lavée et transformée. Une faible partie de la production de laine française est lavée en France (il n’existe plus que 2 usines sur le territoire) afin d’approvisionner quelques filatures locales. Enfin, il arrive que cette laine en France soit tout simplement jetée, faute de débouchés suffisamment rémunérateurs.

Vers le renouveau d’une filière de laine française

Le collectif Tricolore, qui rassemble éleveurs ovins, transformateurs industriels, acteurs de la création et de la distribution et enfin territoires, a pour ambition de relancer la production des laines en France. Son objectif est d’accroître de 4 à 24 % la part de la laine produite et transformée en France d’ici à 2024. Cela permettrait une traçabilité totale de ce produit et de répondre à la demande des entreprises et manufactures d’habillement de plus en plus nombreuses engagées dans le made in France.

Une telle initiative permettrait aux éleveurs français de trouver un débouché plus rémunérateur et mieux valorisé pour la laine du cheptel ovin français qui compte 6,6 millions de têtes (5,4 millions pour l’élevage allaitant et 1,2 millions pour le cheptel laitier), d’une soixantaine de races différentes.

Pour en savoir plus : l’essentiel de filière ovine française

Les jeunes agriculteurs solidaires

Publié le 13 Sep 21


Pour sa 10e édition, le concours “Graines d’agriculteurs” a primé 3 jeunes pour leurs initiatives de solidarité et d’entraide : Mathieu Cannevière du Calvados, Mélanie Durieu de Seine-Maritime et Antoine Helleboid du Pas-de-Calais.

Le concours Graines d’agriculteurs, organisé depuis 2011 par Terres Innovantes, le fonds de dotation de Jeunes Agriculteurs, récompense des projets innovants d’agriculteurs récemment installés. L’édition 2021 était consacrée à la thématique de la “solidarité et de l’entraide” afin de mettre à l’honneur des agriculteurs et des agricultrices qui sont à l’origine ou qui participent activement à des initiatives solidaires visant à porter assistance et à accompagner des personnes en difficulté ou en précarité.

Ainsi, le 10 septembre, le jury a présenté les 3 lauréats :

  • En Normandie, dans le Calvados, Mathieu Cannevière élève des poules en agriculture biologique sur sa ferme Cocotte&Co. À la fin de leur carrière de pondeuse, elles sont placées dans des familles d’accueil contre une adhésion. Un pourcentage de ce tarif est reversé à l’hôpital François Baclesse de Caen, qui dispose d’un centre de lutte contre le cancer.
  • Éleveuse de bovins allaitants et de chiens, Mélanie Durieu reçoit tout type de public sur son exploitation, l’élevage Saint Samson. Elle travaille avec plusieurs associations et pratique la médiation animale. À terme, elle souhaite proposer des hébergements à la ferme pour que les personnes qu’elle reçoit puissent s’évader de leur quotidien.
  • Antoine Helleboid exploite 52 hectares de terre à la fois en grandes cultures et en maraîchage. Ambassadeur de l’association Solidarité des producteurs agricoles et des filières alimentaires (Solaal), il fait don de ses “légumes moches” à différentes associations. En plus de faire adhérer à cette cause d’autres producteurs, il souhaite développer la vente directe et aussi accueillir du jeune public sur la ferme.

La qualité en moins

Publié le 8 Sep 21
Dans la Marne cette année, quelque 10.000 hectares de céréales ont été inondés, dont 2.000 non récoltés.

Tant pour le bilan des moissons des céréales que pour les prévisions des récoltes de betteraves sucrières, le constat est le même : les aléas climatiques de cette année ont fortement pénalisé la qualité des grandes cultures.

Pour l’Association générale des producteurs de blé, les chiffres de la moisson de cette année sont certes encourageants (augmentation de 23% de la production de blé tendre, associée à une hausse des cours), mais cela ne doit pas occulter les difficultés rencontrées. Parmi celles-ci figurent en premier plan “les aléas climatiques, sans précédents cette année, qui ont fortement nui à la qualité des récoltes et aux rendements des exploitations“. Plusieurs milliers d’hectares de blé ont en effet et inondés, et pour certains n’ont pas pu être récoltés.

L’optimisme ne gagne pas non plus les betteraviers, qui prévoient une diminution de 8 % de teneur en sucre des betteraves sucrières, par rapport à la moyenne 2015-2019. Si la plante montre en général de très belles feuilles, cela s’est fait au détriment du développement de la racine. “Malgré des températures et des précipitations globalement favorables aux betteraves, l’important déficit d’ensoleillement n’a pas permis un développement optimal de la racine et de la concentration en sucre jusqu’à présent” note la Confédération générale de planteurs de betteraves.

L’énergie, un patrimoine agricole

Publié le 7 Sep 21
20 sites en France de méthanisation à la ferme ouvrent leurs portes le 18 et 19 septembre 2021.

Durant les Journées du patrimoine, les 18 et 19 septembre, des agriculteurs méthaniseurs ouvrent les portes de leurs exploitations pour échanger sur le biogaz.

Une vingtaine de sites partout en France participe aux Journées nationales du biogaz les 18 et 19 septembre 2021. Organisées par l’AAMF, l’association des agriculteurs-méthaniseurs de France, en collaboration avec l’Ademe, GRDF et Trame, ces Journées nationales visent la transparence pour engager et renforcer le dialogue avec les populations locales autour de la transition énergétique des territoires.

Les participants souhaitent mettre en avant le fait que “la méthanisation est un moyen de construire une exploitation agricole plus résiliente avec de nouvelles pratiques, mais aussi une diversification économique intéressante pour pérenniser l’entreprise. C’est aussi un choix de citoyen engagé dans toutes les transitions climatiques, agricoles, énergétiques et alimentaires“.

Selon l’Ademe, l’agende la transition écologique, la France compte 1 018 installations de méthanisation au 1er janvier 2021. Il s’agit très majoritairement de sites à la ferme (660) et couvertures de fosses (35), loin devant les sites industriels (113), d’unités centralisées (112), de stations d’épurations urbaines (84) ou de traitement de déchets ménagers (16).

Le biogaz est valorisé pour la production combinée d’électricité et de chaleur, ou cogénération (642 sites concernés en France), pour l’injection directement dans le réseau de gaz naturel (193 sites), pour la production de chaleur (184 sites) ou pour l’élaboration de biocarburant (3 sites).

Concernant spécifiquement les 660 installations en France d’unités de méthanisation valorisant les effluents de ferme et les déchets agricoles, l’énergie produite est vendue aux réseaux d’électricité (528 unités), de gaz (114 unités) ou de chaleur (19 unités) ou bien utilisée sur les sites agricoles pour leurs usages internes (séchage de fourrage, chauffage de bâtiments d’élevage, chauffage d’habitations, etc.).

Sur les 35 installations en couverture de fosses à lisier, le méthane ainsi récupéré permet la production de chaleur seule (32 sites) ou en cogénération (3 sites).

Pour en savoir plus : rendez-vous sur les sites qui participent cette année aux Journées nationales du biogaz des 18 et 19 septembre !

Valorisation au champ des déchets des cantines scolaires.

Publié le 6 Sep 21


Lauréat du Prix Agriculture & Développement durable de l’appel à projets Terres d’idées 2021 de Mutualia, Stéphane Gatti souhaite revaloriser les déchets de cuisine et des cantines scolaires en amendement, sans compostage, pour enrichir les terres.

A Laplume, dans le Lot-et-Garonne, Stéphane Gatti œuvre sur son exploitation céréalière à développer l’agriculture de régénération, l’agroforesterie ainsi que de faciliter le circuit court des déchets verts.

Il souhaite aujourd’hui passer à une nouvelle étape : valoriser les déchets des cuisines et cantines scolaires. Il s’agit de mettre en relation les agricultrices et agriculteurs souhaitant utiliser ces déchets pour fertiliser et augmenter la matière organique de leurs champs, avec les établissements scolaires désireux de recycler les déchets de leurs cantines.

Proposer des offres alternatives à la campagne, pour faire vivre la ruralité

Publié le 2 Sep 21


Laurence Frouin, lauréate 2021 du prix spécial du jury de Terres d’idées, décerné par Mutualia & Présence Verte, souhaite réhabiliter les anciens bâtiments de l’exploitation familiale en lieu unique, spécialisé dans les services à la personne et les activités intergénérationnelles.


A Lachaise, au cœur de la Charente viticole, Laurence Frouin travaille à la réhabilitation d’un corps de ferme du 19ème siècle, le domaine de Valfontaine, afin d’y créer :

  • un habitat partagé pour une dizaine de seniors,
  • des gîtes touristiques,
  • un lieu d’accueil pour les activités diverses (jardinage, services à la personne, activités culturelles et sportives…).

Pour un miel de qualité, ça presse

Publié le 1 Sep 21


Lauréate du Prix Agriculture & Innovation de l’appel à projets Terres d’idées de Mutualia, Élisa Blanchard, apicultrice en Ariège, envisage de créer un prototype pour extraire le miel à l’ancienne.

Élisa Blanchard élève ses abeilles dans des prairies et forêts du piémont pyrénéen en Ariège. Soucieuse d’élaborer un produit authentique, ele souhaiterait revenir à une extraction du miel à l’ancienne, c’est-à-dire par la technique du pressage plutôt que la centrifugation, afin de séparer le miel de la cire de façon très douce.

Toutefois, difficile pour elle de réaliser ce travail à la main. Elle souhaite donc créer un outil lui permettant de découper et presser ses quelque 4000 cadres/an.

Les cultures oléo-protéagineuses au cœur de notre quotidien

Publié le 31 Août 21

Dans la série de podcasts « Dis papa, comment on fait l’agriculture ? », Terres Oléopro, l’interprofession des oléoprotéagineux, part à la rencontre des agriculteurs français, et s’attache à répondre aux questions que se posent les citoyens et consommateurs autour de ces cultures.

Épisode 1 : Huiles et protéines… Mais c’est quoi le rapport ?

Dans le premier épisode, Pascal Berthelot, journaliste spécialisé en agriculture, rencontre Guillaume Chartier, agriculteur dans l’Oise. Il nous explique les particularités des cultures de protéagineux et d’oléagineux.
Les oléagineux sont des plantes qui permettent de produire de l’huile, telles que le colza, ou le tournesol. Leurs graines se composent d’une partie liquide qui donnera l’huile, et d’une partie solide qui contient les protéines végétales. Ces dernières serviront notamment à l’alimentation animale. Les graines sont pressées mécaniquement, par trituration, afin de séparer les deux parties.

Les protéagineux, sont des plantes riches en protéines comme les pois, les pois-chiche, lentilles ou féveroles. Elles sont également utilisées pour l’élevage pour permettre d’équilibrer les rations des animaux en nutriments.

Pierre-Marie Décoret, responsable des études économiques pour le groupe Avril, fait le point sur la production de protéines végétales en France. Aujourd’hui, le pays n’est pas autosuffisant et ne produit que la moitié des quantités nécessaire à l’alimentation animale*. Les importations constitueraient entre 4 et 5 millions de tonnes par an. Fort de ce constat, le gouvernement a lancé le « plan protéines végétales », qui vise une augmentation de 40% de la production sur les trois prochaines années grâce aux financements du plan France Relance.

>>Pour en savoir plus>>

Épisode 2 : Gel hydroalcoolique et colza cherchez le point commun !

Dans le deuxième épisode, Pascal Berthelot se rend en Vendée pour explorer les multiples facettes du colza, chez Bertrand Mitard, céréalier passionné par le végétal.

Cette plante a de nombreux atouts environnementaux. Grâce à son volume de végétation et de feuillages, elle est considérée comme un véritable piège à carbone, et permet de réduire l’utilisation d’intrants sur les prochaines cultures. En effet, seules les graines sont récoltées, le reste est broyé à la récolte avec la moissonneuse et restitué au sol pour l’enrichir. La plante joue un rôle dans la biodiversité, puisqu’elle fleurit très tôt dans l’année, à partir de mi-mars, et permet aux abeilles de se nourrir à la sortie de l’hiver.

La plante trouve de nombreuses utilisations dans notre vie quotidienne. Lors de la crise du COVID, elle a permis de produire du gel hydroalcoolique. L’huile de colza est « cassée » avec de la vapeur d’eau, lors d’un procédé chimique qui permet de récupérer la glycérine. Un liquide qui sert également à la production d’essence, puisque l’on compte 7% d’huile de colza raffinée dans chaque moteur gasoil. Il est aussi utilisé en cosmétique : dans les crèmes, pour son fort pouvoir hydratant, et pour son pouvoir émollient qui apporte une douceur sur la peau. On le retrouve jusque dans notre alimentation. Utilisé comme additif alimentaire, il confère aux produits un aspect moelleux.

>>Pour en savoir plus>>

SOURCE : * https://agriculture.gouv.fr/lancement-de-la-strategie-nationale-en-faveur-du-developpement-des-proteines-vegetales  

Cultiver le goût des enfants, pour leur offrir une alimentation équilibrée

Publié le 30 Août 21

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Dans la 3ème édition de son livret enfant, Euro-Toques France, membre d’#agridemain depuis 2020, offre un support ludique pour sensibiliser les jeunes à une alimentation équilibrée et de saison. Un sujet essentiel lorsque l’on sait qu’en 2014, 17% des enfants âgés de 6 à 17 ans sont en surpoids, dont 4% d’obèses, et qu’en 40 ans, les cas d’obésité chez l’enfant et l’adolescent ont été multipliés par dix.** L’éducation au goût et la découverte des produits, est donc un moyen de sensibiliser dès l’enfance à l’importance d’une alimentation de qualité.

« 1 enfant sur 3 ne sait pas reconnaitre ce qu’il mange » déclare Olivier Chaput, membre de Euro-Toques France, en introduction du livret. Un constat à l’origine de la création de son association « les enfants cuisinent ». Des chefs rencontrent des enfants lors de divers ateliers, afin de leur faire découvrir des recettes, les initier aux goûts, textures, leur permettre de développer leurs sens, leur donner envie de cuisiner et aborder des grands thèmes pédagogiques autour de l’alimentation.

Un parcours ludique de la fourche à la fourchette

Grâce à ses partenaires, Euro-Toques France offre dans son fascicule une vision large de l’alimentation, en commençant par l’origine des produits, leur production, en passant par la chaine d’approvisionnement, et de distribution. La SEMAE, l’interprofession des semences et plants, détaille le chemin de la carotte jusqu’à l’assiette. Le marché international de Rungis explique son fonctionnement de façon simple. Plusieurs organisations agricoles présentent la fabrication de leurs produits. C’est le cas de FaireFrance, une marque de lait équitable, qui propose une animation autour des produits laitiers.

L’environnement au cœur d’une alimentation de qualité

Les chefs Euro-Toques France s’engagent à garantir la saisonnalité des produits « afin de respecter les cycles naturels et garantir des goût authentiques ». Une promesse expliquée aux enfants, qui permet d’après l’association :

  • D’éviter le transport de produits hors saison par bateau, avion ou camion.
  • De diminuer l’utilisation de produits chimiques pour éviter le murissement des fruits et légumes lors de l’acheminement.
  • Diminuer l’utilisation d’emballages lors du transport.
  • Lutter contre l’utilisation d’engrais, pour faire pousser des fruits ou légumes hors saison.

Un discours appuyé par le témoignage du groupe METRO, grossiste alimentaire et matériel qui fournit les professionnels de la restauration.

Pour en savoir plus, et télécharger le livret : https://www.eurotoques.fr/livret-enfant-3eme-edition/

SOURCE : * ESTEBAN 2014-2016 (étude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition)
** https://www.who.int/fr/news/item/11-10-2017-tenfold-increase-in-childhood-and-adolescent-obesity-in-four-decades-new-study-by-imperial-college-london-and-who

L’agriculture corse, une image forte, marquée par la viticulture et l’arboriculture

Publié le 24 Août 21

Bien connue pour ses vins et ses charcuteries, la Corse revêt une identité spécifique en matière de gastronomie. Cette diversité de productions agricoles interroge lorsque l’on sait que l’île est traversée d’une crête centrale, ne s’abaissant jamais au-dessous de 1 000 m. Cette situation confère à cette île située à 170km de la côte d’azur, un climat et une topologie singulière, qui permet de développer des filières de productions végétales et animales très diverses. La viticulture représente 42% de la valeur de la production agricole corse, suivi de la production de fruits (21 %), le lait (ovins-caprins, 11 %), et la viande (9%).

La première source d’emploi agricole sur le territoire est liée à l’arboriculture fruitière et à la viticulture, qui constituent les deux tiers du potentiel économique de la Corse. (1) Pour la viticulture, on dénombre 6 000 ha de vignes qui s’étendent sur les littoraux, 9 AOP et deux IGP. Les vins corses bénéficient du climat méditerranéen propice à leur développement : entre ensoleillement tout au long de l’année, et fraicheur maritime des côtes. En 2018, les ventes en volumes se sont réparties pour 35 % en Corse, pour 45 % en France Continentale et pour 20 % à l’export. (2)
L’île présente 6 500 ha de vergers, dont 1 700 ha d’agrumes. La clémentine de Corse, unique clémentine française, bénéficie d’une indication géographique protégée (IGP), ainsi que d’une labélisation Label Rouge. Le pomelo corse, pamplemousse de petite taille, bénéficie également d’une IGP. L’île rassemble 2 100 ha d’olivier, à l’origine de l’huile d’olive AOP, de Corse : Oliu di Corsica.


L’élevage est également très présent sur le territoire. Très prisé, le fromage est un produit phare de la culture corse, dont 30% de la production est exportée sur le continent et à l’étranger. Il est fabriqué à base de lait de brebis, et de chèvres par les 400 éleveurs ovins et 200 caprins implantés sur le territoire. Victime de son succès, sur les 14 millions de litres de lait transformés chaque année, 3 millions sont importés afin de répondre à la demande croissante. (3)


La valeur produite par les exploitations destinées à la production de viande est modeste, et réalisée par de petites fermes. D’après l’INSEE (4), « 2 % des élevages bovins et 3 % des porcins sont de grandes exploitations, contre respectivement 10 % et 86 % au niveau national ». 4 exploitations agricoles sur 10 sont des établissements qui élèvent des animaux destinés à la viande, soit le double de la moyenne nationale. « 76 % produisent de la viande bovine et 20 % de la viande porcine ; seuls trois établissements produisent de la volaille ». La production de viande porcine permet la fabrication des célèbres charcuteries corse, dont 3 reconnues comme des AOP au niveau européen : « le Jambon sec de Corse – Prisuttu », « la Coppa de Corse – Coppa di Corsica » et « le Lonzo de Corse – Lonzu ».

SOURCES :
(1) https://draaf.corse.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Chiffres-cles_2018_cle8eadef.pdf
(2) https://agriculture.gouv.fr/en-corse-lagriculture-reflet-de-lidentite-insulaire
(3) La filière viande en Corse : un rôle prépondérant de l’élevage https://www.insee.fr/fr/statistiques/3646287
(4) https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-filiere-du-lait-chiffres-1626763.html

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