Le riz de Camargue : une petite production de grande qualité

Si le nombre de riziculteurs en France reste relativement stable, entre 180 et 200, les surfaces consacrées à la culture de riz diminuent d’année en année. Pourtant cette production est indispensable à la préservation de l’écosystème local.

Le riz est essentiellement cultivé sur le territoire de Camargue, dans le delta du Rhône : 2/3 dans les Bouches du Rhône, 1/3 dans le Gard et quelques exploitations dans l’Aude. Il était cultivé sur plus de 30 000 hectares dans les années soixante pour chuter à 5 000 ha en 1980, date à laquelle un plan de relance a été entrepris. Atteignant les 25 000 hectares de culture en 1994, les semis de riz en 2018 ne couvraient plus que 13 000 ha. Avec un rendement moyen d’environ 57 quintaux par hectare, la production de riz français s’élève à 73 300 tonnes.

Conduite de la culture du riz

En fin d’hiver, le sol est préparé et aplani. En avril, la fertilisation, la préparation du lit de semences et la création de rigoles sont réalisées. Au mois de mai, les parcelles sont mises en eau grâce à un pompage dans les deux bras du Rhône et les semences sont épandues à la surface. A la fin de l’été, l’eau est évacuée afin de permettre la récolte (avec des moissonneuses-batteuses équipées de chenille) fin septembre – début octobre. Les variétés de riz cultivés en Camargue sont majoritairement des riz longs (50 % de l’assolement) et des riz ronds (38 % de l’assolement). D’autres variétés de riz sont également présents : risotto, riz noir, riz rouge et riz parfumé.

Une production de qualité

Afin de permettre une traçabilité de la production, 80% du riz français est sous signe officiel de qualité IGP (Identification géographique protégée) Riz de Camargue. Cette démarche encadre la production des riziculteurs mais également les 24 opérateurs de la filière (organismes stockeurs, riziers et conditionneurs). Sur environ 2 200 hectares, les surfaces en agriculture biologique représentent 17% de l’ensemble rizicole.

Un écosystème préservé

L’endiguement du Rhône, qui avait été rendu nécessaire pour se prémunir des crues, destinait la Camargue à devenir un désert du fait de la salinisation des sols. La riziculture y a remédié car elle nécessite l’apport de 35 000 m3 d’eau à l’hectare (soit 5 800 litres par kilo de riz produit). Les quelque 500 millions de m3 d’eau prélevés annuellement dans le Rhône circulent dans les parcelles pour irriguer les cultures. Cette eau est restituée au milieu naturel puisqu’elle repart dans le Rhône, dans les marais (lieux d’hébergement et d’alimentation de nombreux oiseaux) ou dans la nappe phréatique.
La riziculture préserve ainsi l’écosystème naturel de la Camargue et maintient sa biodiversité. Cet apport d’eau douce, en limitant l’impact du sel, participe également au maintien des sols cultivables dans la région permettant, grâce aux rotations, les cultures de fourrage (herbe, luzerne…), de céréales (principalement du blé dur), ou des oléagineux.

Pour aller plus loin :
IGP Riz de Camargue, l’atout qualité
Dans les rizières, une biodiversité préservée
– Mais aussi : Passion céréales FranceAgriMerLa Maison du riz

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