Un nouveau contrat nécessaire entre les agriculteurs et la société

François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan, a remis son rapport le 9 juillet 2021 intitulé “L’agriculture : enjeu de reconquête”. Il y prône notamment l’instauration d’un nouveau contrat entre les agriculteurs et la société, fait de confiance et de respect mutuel.

Ce travail prospectif du Haut-Commissariat au Plan s’appuie sur une analyse du commerce extérieur en matière agricole, une réflexion sur la situation des agriculteurs et des modes d’exploitation, des projections concernant les comportements alimentaires de demain et une mise en perspective sur les conséquences du dérèglement climatique et les enjeux environnementaux globaux dans le domaine de l’agriculture.

Dans son rapport, François Bayrou relève notamment que “les agriculteurs ne souffrent pas d’un manque de reconnaissance (presque trois quarts des Français font confiance aux agriculteurs). Toutefois, 48 % seulement des agriculteurs pensent que les Français ont une image positive de leur travail… Un décalage ou une ambivalence oui en dit long sur le malaise des agriculteurs, le manque de lisibilité de leur propre place dans la société, et l’éloignement du consommateur quant à la bonne connaissance du processus de production. Si l’image de l’agriculteur est plutôt positive, celle de l’agriculture en revanche est plus nuancée, certaines pratiques agricoles voire certaines productions pouvant être vivement contestées”.

“Pour surmonter les doutes des mondes agricoles, il apparait également nécessaire de rapprocher deux univers sociaux qui s’étaient éloignés, la ville et la campagne. [..] Pour dépasser cette crise morale, un nouveau contrat entre les agriculteurs et la société, fait de confiance et de respect mutuel, doit pouvoir émerger. Il y a 150 ans, Léon Gambetta lançait cet appel : « Il faut apprendre et enseigner aux paysans ce qu’ils doivent à la société et ce qu’ils peuvent exiger d’elle. » Peut-être est-il temps, en en créant les conditions, de renverser cette phrase, compte tenu du basculement ou poids de la population agricole, de sa place dans la société, de son rôle essentiel, et compte tenu des légitimes attentes des consommateurs : « Il faut apprendre et enseigner à la société ce qu’elle doit aux agriculteurs et ce qu’elle peut exiger d’eux. »

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