Pendant un an, Le Palc (Pôle national cirque) et la compagnie Cabas mènent un travail artistique près de Châlons-en-Champagne (Marne), autour du geste et de sa répétition, au sein du monde agricole et l’univers circassien.
“Notre projet Terres de cirque vise à relier deux activités emblématiques de notre territoire : le cirque et l’agriculture” précise Audrey Jehanno, chargée de production pour Le Palc. “De novembre 2022 à juillet 2023, nous allons réaliser 3 immersions dans 3 exploitations agricoles différentes“.
La première immersion s’est déroulée en novembre dans un élevage de poulets en agriculture biologique, la ferme Dez Kevin à Saint-Jean-sur-Tourbe. En février, ce sera chez une productrice de fleurs coupées. En juillet, une rencontre se tiendra sur une exploitation en agriculture conventionnelle. Enfin, en septembre 2023, une restitution complète de ce projet sera présentée.
Lors de chaque immersion, “nous découvrons, nous apprenons, nous éprouvons et nous partageons le savoir-faire agricole” détaille Maude Tornare, directrice de la production de la compagnie de cirque Cabas. Huit artistes de divers horizons (cirque, danse, théâtre, musique) participent à ce projet afin de mettre en résonance l’environnement du monde agricole et celui du cirque.
Une vidéaste suit ce projet tout au long de son déroulé, afin d’en capter et en restituer la couleur humaniste. Ainsi, le rendu final intègrera la projection d’un film accompagnant des interventions artistiques, afin de découvrir un portrait croisé autour du geste entre le monde agricole et celui du cirque.
Pour sa 13e édition, le FIPC (Festival international de la photographie culinaire) a proposé auxphotographes plasticiens festivaliers de célébrerl’infinie photogénie de l’univers laitier.Claudia Albisser Hund et Virginie Perocheau font partie des lauréates de ce Festival.
Le goût du lait, thème de l’édition 2022 du Festival met en lumière un produit qui est le résultat d’un travail de toute une filière, des producteurs jusqu’aux distributeurs. Comme en témoigne le Chef cuisinier Eric Frochon, parrain de ce festival, “en ces temps de division et même de conflit, quel réconfort de célébrer un produit aussi unanimement partagé par tant de peuples et de cultures à travers le monde !“
Le Festival a consacré cette année le travail de Claudia Albisser Hund qui a reçu le Grand Prix du Festival, ainsi que celui de Virginie Pérocheau, qui a reçu le Grand Prix de la Photographie du Patrimoine Gastronomique.
Claudia Albisser Hund, photographe et styliste culinaire, a été récompensée pour son triptyque fromage frais/beurre/lait :
Quant à Virginie Pérocheau, ce sont ses fromages dans des déjeuners sur l’herbe qui ont séduit le jury :
Le 30 novembre 2022, l’Excellence Française a décerné un palmarès spécial mettant à l’honneur 10 agricultrices.
Créée en 2009, l’Excellence Française distingue chaque année dans différents secteurs d’activité les plus dynamiques de notre pays, des sociétés et des institutions représentées par des hommes et des femmes qui, par leur talent, leur créativité et leur capacité d’innovation, participent au rayonnement de la France dans le monde.
Cette année, l’Excellence Française souhaitant “faire savoir le savoir-faire français haut de gamme” a mis en avant 10 agricultrices : Marie-Thérèse Bonneau (présidente de France carbon agri association), Manon Pisani (trésorière adjointe de Jeunes Agriculteurs), Anne Gautier (présidente de l’association nationale Présence verte), Georgia Lambertin (présidente de la Chambre d’agriculture du Vaucluse), Christine Maillet, Patricia Maussion (Conseillère régionale des Pays-de-la-Loire), Sarah Singla (agronome, co-fondatrice de l’association Clé de Sol), Chantal Legay (vice-présidente du Savoir Vert), Marianne Dutoit (présidente de Vivéa) et Anne-Claire Vial (présidente de l’Acta). Ces distinctions ont été remises par Christiane Lambert, président de la FNSEA, en présence de Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire.
Pour Maurice Tasler, président de l’Excellence Française, “les agricultrices font avancer l’agriculture dans des domaines très divers. Nous en avons sélectionné une dizaine, aux parcours intéressants et novateurs. Quatre pages seront consacrées à chacune d’entre elles dans le livre d’or 2022-2023 de l’Excellence Française. Ces témoignages concourent ainsi à faire rayonner le rôle et la place des agricultrices dans l’agriculture contemporaine“.
La bioprotection fait partie des outils à disposition des agriculteurs pour protéger leurs cultures. Elle concerne tout à la fois l’utilisation d’agents de biocontrôle vivants ou celle de substances d’origine naturelle non vivantes.
Véritable emblème de la gastronomie française, la baguette de pain est désormais inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.
L’Unesco vient d’inscrire les savoir-faire artisanaux et la culture de la baguette parmi le patrimoine immatériel de l’humanité. Les Nations-Unies reconnaissent ainsi la spécificité et l’importance de sauvegarder la baguette :
“La baguette est le type de pain le plus apprécié et consommé en France tout au long de l’année. Le procédé de fabrication traditionnel comprend plusieurs étapes : dosage et pesage des ingrédients, pétrissage, fermentation, division, détente, façonnage manuel, apprêt, scarification (signature du boulanger) et cuisson. La baguette se distingue des autres pains car elle est composée de seulement quatre ingrédients (farine, eau, sel, levure et/ou levain) à partir desquels chaque boulanger obtient un produit unique. La baguette implique des savoir-faire et des techniques particuliers : elle est cuite tout au long de la journée dans de petites fournées et le résultat varie en fonction de la température et de l’hygrométrie. Elle génère des modes de consommation et des pratiques sociales qui la différencient des autres pains : un achat journalier à l’origine de la fréquentation régulière des boulangeries ; une forme longue qui nécessite des présentoirs spécifiques. Sa croustillance et son moelleux offrent une expérience sensorielle particulière. La baguette est consommée dans différents contextes, y compris pendant les repas en famille, au restaurant et dans les cantines. Le procédé de fabrication se transmet principalement dans le cadre d’une formation en alternance entre une école et une boulangerie. Cet apprentissage permet aux futurs boulangers d’acquérir les connaissances nécessaires sur les ingrédients, les outils et les méthodes“.
L’inscription de la baguette au patrimoine immatériel de l’humanité reconnaît ainsi le travail important du boulanger dans son élaboration. Celle-ci n’est possible que par une matière première de qualité essentielle : le blé tendre produit par les agricultrices et agriculteurs français. Première céréale produite en France, le blé tendre est cultivé sur quelque 5 millions d’hectares dans près de 150 000 exploitations agricoles.
D’après l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), les ventes d’antibiotiques en élevage ont diminué de 10,7% de 2020 à 2021.
Ainsi, selon l’Anses, l’exposition des animaux d’élevage aux antibiotiques poursuit sa baisse. Cette diminution est variable selon les espèces : baisse de – 0,9% pour les bovins, – 7,2 % pour les porcins, – 8,6 % pour les volailles et – 12,7 % pour les lapins.
Cette tendance générale s’inscrit dans les différents plans Écoantibio (plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire) conduits depuis 2012. Le troisième plan Écoantibio qui débutera en 2023 devra mettre en œuvre des actions visant à maintenir dans la durée la tendance à la baisse de l’exposition des animaux aux antibiotiques.
En France, 70 % de la production agricole provient des coopératives agricoles. Elles sont aujourd’hui engagées dans la transition agroécologique. Preuve en est notamment l’obtention par la coopérative céréalière Valfrance du label RSE (Responsabilité sociétale des entreprises).
La coopérative Valfrance a souhaité, de façon volontaire, soumettre ses procédés, sa façon de penser et de travailler à un organisme certificateur indépendant. Elle vient ainsi d’obtenir le niveau “confirmé” du label engagé RSE, délivré par le groupe Afnor.
La coopérative s’inscrit dans une boucle de progrès permanent visant à répondre aux critères du développement durable, ainsi qu’à être transparente et à agir de manière éthique.
L’industrie de la nutrition des plantes et de la santé des sols souhaite pouvoir continuer à apporter des solutions aux agricultrices et aux agriculteurs, tout en réduisant son impact environnemental.
Les initiatives de l’industrie pour faire évoluer son outil de production afin qu’il soit moins impactant pour la planète sont nombreuses, comme par exemple :
Réduction de plus de 90% des émissions de protoxyde d’azote (N2O) sur l’ensemble de la chaîne de production grâce à l’utilisation d’un nouveau procédé de catalyse. Ainsi, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de moitié au niveau de la production des engrais azotés depuis le début des années 2000.
Diminution des consommations énergétiques des usines et substitution de l’énergie fossile par du renouvelable, limitant ainsi l’impact sur le dégagement de CO2.
Amélioration des procédés de fabrication pour réduire l’impact environnemental. (moindre volatilité des produits, dépollution des eaux usées…).
La décarbonation des engrais, afin de réduire significativement l’empreinte carbone du secteur des engrais. Différentes innovations visent à trouver des alternatives à l’utilisation du gaz naturel, avec notamment la production d’engrais « bas carbone ».
L’année 2022 voit la production de miel en France progresser de 54,4 % pour atteindre 30 572 tonnes.
Selon ADA France, la Fédération nationale du Réseau de développement apicole, la production française de miel cette année devrait quasiment retrouver son niveau de 2020.
La région Auvergne-Rhône-Alpes s’affiche comme la première région productrice de miel, suivie des régions Bourgogne-Franche Comté, Nouvelle-Aquitaine et Grand-Est.
ADA France relève également que la commercialisation du miel français se répartit à part égale entre la vente directe, la vente en demi-gros et la vente en gros. Enfin, à noter que près du tiers du volume de miel français est produit sous label Agriculture Biologique.
Le Salon international des solutions et technologies pour une agriculture performante et durable
Du 6 au 10 novembre, se tient le Salon des professionnels de l’agriculture au parc des expositions de Paris-Nord-Villepinte.Un lieu de découvertes, de rencontres et d’échanges.
Sur le Village Axema, dans le hall 5, se tiendront des Tables d’hôtes des professionnels de l’agroéquipement qui réuniront des experts autour des thématiques de la filière (le financement du machinisme agricole, les lois Egalim 1 et 2, le biocontrôle, le GNR et la décarbonation, les apports de précision des engrais minéraux…). Euro-Toques et #agridemain assureront l’animation de ces tables.
Entamée en 1998, la démarche Terra Vitis de viticulture responsable s’est développée au fil de ses 25 ans d’existence, pour concerner aujourd’hui 5 % du vignoble français.
Terra Vitis est l’unique certification nationale de viticulture responsable, globale et spécifique au secteur viti-vinicole reconnue par le ministère de l’Agriculture. Cette certification s’appuie sur un cahier des charges de développement durable avec un engagement environnemental, une responsabilité sociétale et une durabilité économique. La certification est globale et s’applique au produit, au procédé de fabrication et à l’entreprise.
Pour Claire Clavel, vigneronne à Saint-Gervais (Gard), “Terra Vitis garantit, de la vigne à l’embouteillage, la bonne traçabilité, la bonne organisation et la bonne conduite environnementale de l’exploitation viticole. Cette certification française fait de plus en plus d’adeptes, notamment parce qu’elle prend en compte les nouvelles normes de responsabilité sociétale“.
Dans son dernier ouvrage “Paysannes sur la Côte d’Azur” (éditions Campanile), Jacqueline Bellino retrace la vie de sa grand-mère, de sa mère et la sienne, et illustre ainsi tout un siècle d’évolution de l’agriculture. Présidente de l’AEAP, l’Association des écrivains et artistes paysans, Jacqueline Bellino contribue dans son livre à célébrer la terre et celles qui la travaillent.
Durant le siècle dernier, “un progrès fulgurant nous a fait changer de civilisation, de mœurs, de mentalité, et même d’apparence” écrit Jacqueline Bellino. Revenons avec elle sur quelques évolutions marquantes :
Vous retracez la saga de 3 générations d’agricultrices, une belle illustration de l’évolution du statut des femmes en agriculture. Vous vous êtes engagée également au sein de l’UFCS, l’Union féminine civique et sociale, pour faire progresser la formation et la place des élues. Considérez-vous qu’il reste encore des avancées à obtenir sur la situation des femmes dans notre société et plus particulièrement en agriculture ?
Jacqueline Bellino : Dans notre société il n’y a qu’à lire les statistiques pour connaître les inégalités dont les femmes sont toujours victimes : inégalités des salaires, certes ; mais aussi violences conjugales, assassinats, viols et harcèlements sexuels n’ont jamais été aussi visibles que depuis que la parole est libérée. Si de nombreuses lois leur ont offert plus d’autonomie et l’accès à des fonctions qui leur étaient fermées, rien n’est définitivement acquis et il suffit d’un changement politique pour revenir en arrière. L’IVG aux USA nous le rappelle malheureusement.
En agriculture il ne faut pas oublier que le mot « agricultrice » n’est apparu dans le Larousse qu’en 1961. Depuis, les lois d’orientation successives de 1980, 85, 99, 2006, 2009 et 2010 ont permis aux agricultrices d’avoir une place reconnue au sein de leur entreprise agricole et aujourd’hui 25% des chefs d’exploitation sont des cheffes. Des services de remplacement sont accessibles en cas de maternité etc… L’avancée est énorme et me ravit, même si les retraites restent inférieures à celles des hommes.
Cependant il ne faut pas oublier que les femmes agricultrices sont toujours aussi héroïques, en menant de front les tâches agricoles, ménagères, familiales, souvent avec des responsabilités syndicales pour faire entendre leur voix. Comment les soulager davantage ?
D’autre part, si l’on s’apitoie à juste titre sur les suicides d’agriculteurs, devenus quotidiens, qu’advient-il des épouses qu’ils laissent seules pour affronter la situation catastrophique de l’entreprise ?
Beaucoup reste à faire mais la place de plus en plus nombreuse des femmes dans les organismes agricoles incite à espérer des améliorations de leur condition.
Vous avez cherché au départ à fuir le milieu de paysans par tous les moyens, puis vous avez considéré que devenir paysanne pouvait devenir un projet. Pensez-vous qu’actuellement le métier est suffisamment attractif et qu’il y a un avenir en agriculture pour les jeunes ?
Jacqueline Bellino: On sait qu’en France, ces dernières années, le nombre d’installations a diminué et de nombreuses fermes disparaissent, faute de successeurs ou de repreneurs. La situation est extrêmement préoccupante.
Il est difficile de répondre à la question car l’agriculture n’est pas un métier mais une kyrielle de métiers dont chacun a ses spécificités, ses points forts et ses points faibles. Qu’ont en commun un apiculteur des Hautes-Alpes et un céréalier de la Beauce ?
Pour limiter mon propos à ce qui se passe autour de moi, dans les Alpes-Maritimes, j’ai vu ces dernières années beaucoup de jeunes s’installer. On compte actuellement plus de 100 exploitations bio, essentiellement menées par des jeunes qui se sont reconvertis sur de petites surface et commercialisant par des circuits courts. De nombreux documentaires mettent en exergue ces changements d’activité un peu partout en France.
Si, dans les années 70 ce genre d’installations, comme la mienne dont je témoigne dans mon livre, étaient motivées par une philosophie plus humaniste et idéaliste qu’agricole, aujourd’hui, le choix de ces néo-ruraux me paraît être davantage économique et réfléchi. Il s’agit de se positionner sur un marché qui offre plus de liberté (statistiquement, c’est la première des raisons invoquées), mais aussi de participer ainsi à une amélioration d’une société défaillante sur l’utilisation de ses ressources et sur les conditions de vie d’une partie de sa population. Je dirais que, de philosophique, le choix est devenu politique. Il est à noter qu’une grande majorité des élèves de l’enseignement agricole sont aujourd’hui issus du milieu urbain.
Les cas que je rencontre me permettent de constater que ces nouveaux agriculteurs se forment à des méthodes respectueuses de la préservation des ressources ; ils communiquent avec leur clientèle mais aussi entre eux par les réseaux sociaux, s’unissent pour organiser des marchés ou des manifestations culturelles, favorisent les échanges entre ruraux et citadins. L’isolement qui condamnait le paysan à la solitude n’est plus.
Dans ces conditions de travail, je pense, en effet, que le métier d’agriculteur, en devenant aussi un choix de vie, est gratifiant et porteur d’espoir et de réussite.
Cependant, j’ai parfaitement conscience que ce type d’agriculture est marginal. Il est aussi une agriculture traditionnelle, qui généralement se transmet de génération en génération, et qui évolue en s’adaptant aux lois du marché, aux fantaisies du climat et au progrès des techniques. Si, dans les Alpes-Maritimes, cette agriculture a pratiquement disparu, chaque année, en visitant une nouvelle région de France lors des congrès annuels de l’Association des écrivains et artistes paysans, nous avons le plaisir de rencontrer des jeunes exemplaires qui ont su, quelquefois à la force du poignet, faire évoluer leur production vers plus de qualité et plus de reconnaissance (labels de qualité, certifications, etc…) et qui aiment leur métier et sont fiers de leur qualité de vie.
Reste l’agriculture intensive, sur laquelle je ne m’attarderai pas car, devenue le jouet de l’industrie, elle devrait, à mon avis personnel, changer de statut. Mais c’est un autre débat…
L’immigration italienne, dont vous êtes issue, a fortement contribué à la dynamique économique et agricole de la Côte-d’Azur. A la frontière italo-française, pensez-vous aujourd’hui que l’agriculture et le monde rural peuvent constituer une terre d’accueil et d’échanges pour les migrant.es, à l’image de la communauté agricole Emmaüs Roya ?
Jacqueline Bellino : L’immigration a toujours existé, sinon nous habiterions tous dans le Rif africain !!! De tout temps elle a été un facteur de développement utilisé par les gouvernements pour palier leurs carences et dynamiser leurs projets. Ce qui s’est passé à Nice fin 19ème et début 20ème n’a rien d’exceptionnel mais a valeur d’exemple. D’après l’unité de recherche « Migrations et sociétés » du Centre national de la recherche scientifique, ce que certains appellent « la crise migratoire » ne serait due qu’à la fermeture des frontières, qui donne de la visibilité aux migrants, mais aussi à une mauvaise gestion des flux migratoires. La politique de l’autruche qui consiste à dépenser des fortunes pour contrôler les frontières pourra-t-elle empêcher ceux qui fuient guerres et misère de venir tenter leur chance chez nous ?
En même temps l’agriculture de montagne régresse, des régions se désertifient, les départs à la retraite ne sont pas ou peu remplacés, et le taux de suicides chez les agriculteurs est inacceptable. Aujourd’hui on ne peut plus parler de l’agriculture en général mais des agricultures tellement cohabitent une agriculture intensive, au service de l’agro-industrie, qui demande des investissements lourds et une insertion risquée dans la mondialisation et une myriade de petites exploitations vivrières, plus tournées vers les productions locales et les circuits courts. Or les mêmes règles prévalent pour tous et les petits exploitants sont écrasés par des contraintes inadaptées à leur taille.
Par ailleurs, l’occupation des terres a changé et de nombreux citadins s’installent à la campagne, ce qui n’est pas sans créer de nombreux conflits de voisinage. Dans son livre « Cultivons l’avenir ensemble» Hervé Pillaud suggère de sortir de cette dualité villes/ruralité pour inventer d’autres moyens de se partager l’espace. Oui mais lesquels ?
Prenons l’exemple de mon département, les Alpes-Maritimes, d’où l’horticulture florissante a quasiment disparu à la fin du siècle dernier, laissant place à l’immobilier ou/et aux broussailles. De 1995 à 2000, afin de lutter contre la désertification des campagnes de l’arrière-pays niçois, j’avais créé une entreprise d’insertion pour faire remettre en production les friches des oliveraies inexploitées, par des « cas sociaux ». Le résultat fut remarquable, reconnu par tous les services de l’État mais je me heurtais à la profession agricole car nous sortions des créneaux conventionnels et échappions à tout contrôle. Les installations en pluriactivité ne sont pas suffisamment encouragées. A force de frilosité, aujourd’hui, malgré plus de 100 petites installations récentes en bio, 3% seulement des terres se consacrent à l’agriculture dans notre département. Et si l’on installait des agriculteurs sur tous les terrains qui restent disponibles, nous arriverions seulement à 16% des terres. La pression foncière est telle que lorsque mes collègues prennent leur retraite, le montant de leur allocation leur permet à peine de s’acquitter de leur taxe foncière et beaucoup sont obligés de vendre leur propriété familiale.
Dans ces conditions, toutes les expériences qui sortent des sentiers battus et qui permettent d’éviter l’extinction de l’agriculture, sont à tenter. Ce qui se passe dans la vallée de la Roya en est un bel exemple. Au départ, il s’est agi, pour un agriculteur, Cédric Herrou, d’offrir le gîte et le couvert à des migrants qui traversaient sa propriété, comme le veut la tradition d’accueil de cette vallée transfrontalière. J’ai moi-même pris en charge, il y a quelques années, un Soudanais qui s’était égaré sur notre chemin. Traduit en justice, Cédric Herrou s’est défendu jusqu’à faire entrer le principe de fraternité au Conseil constitutionnel. Puis il s’est associé avec la compagnie d’Emmaüs pour pouvoir exploiter son terrain avec la collaboration des migrants de passage. Rien que dans notre département, ce sont donc 13% des terres qui pourraient ainsi constituer des ressources tout en employant des personnes, qu’elles soient de passage ou locales.
Une chose est sûre : si les chambres d’agriculture ont développé un véritable système de protection pour l’agriculture, aujourd’hui, pour préserver les terres agricoles abandonnées à la désertification qui échappent à ce système, d’autres modes de fonctionnement doivent être inventés pour que ces terrains soient viables. Celui réalisé dans la Roya en est un mais d’autres schémas peuvent être mis en place en concertation avec la société civile et les élus locaux, dans un but agricole, certes, mais aussi social et environnemental. Une nouvelle ruralité est à inventer, génératrice d’entraide et de liens.
Pour commander “Paysannes sur la Côte d’Azur” cliquez ici et pour découvrir les autres parutions de l’auteure, cliquez ici
Combiner photovoltaïque et agriculture de manière durable : c’est possible!
Le “Grenier des Essences” est développé par 10 agriculteurs en partenariat avec la société Innergex France
L’Yonne est un territoire traditionnellement agricole et de grande culture. Aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de tirer le meilleur parti de la terre par des productions traditionnelles. Dans le même temps, la demande en énergie renouvelable, locale et durable ne cesse de grandir en France. Et si on pouvait allier l’énergie renouvelable à l’agriculture afin qu’elles se renforcent mutuellement? C’est le défi que relèvent ensemble un collectif d’une dizaine d’agriculteurs de l’Yonne, avec l’appui technique et financier de la société Innergex France.
Pour faire face à la baisse de leurs rendements, des agriculteurs de Joux-La-Ville se sont organisés et ont choisi de porter en commun le développement d’un projet d’agrivoltaïsme. L’objectif recherché est d’améliorer les revenus des terres les moins fertiles par l’installation de panneaux solaires tout en développant, sur les terres les plus productives, des plantes aromatiques, productions novatrices à meilleure valeur ajoutée. Au final, les agriculteurs diversifient et augmentent leurs sources de revenus et le territoire profite d’investissements structurants qui pérennisent l’activité dans la région. En plus du loyer de location des terrains, Innergex s’engage à soutenir cette reconversion en finançant la construction d’installations nouvelles, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée sur le territoire.
Le projet de Grenier des essences – allusion à la mise en place de culture de plantes aromatiques dont on tirera des huiles essentielles – est né et avec lui le besoin de trouver un partenaire compétent et à l’écoute en matière d’énergies renouvelables. Innergex France, qui exploite 25 éoliennes ainsi qu’une unité de stockage d’énergie sur la commune de Joux-La-Ville, est un partenaire de longue date du territoire. La société s’est donc associée naturellement aux agriculteurs et aux collectivités afin de développer ensemble ce projet.
La société Innergex est intéressée par des partenariats de long terme, sur plus de 30 ans, afin d’assurer un revenu complémentaire pour les propriétaires et exploitants; développer une diversification de revenus pour les agriculteurs, les sylviculteurs; valoriser des sites dégradés et assurer des revenus pour les territoires par la fiscalité et les mesures d’accompagnement.
sur Innergex, société qui développe, acquiert, construit, détient et exploite des installations hydroélectriques, éoliennes, solaires et de stockage d’énergie, au Canada, aux USA, en France et au Chili. Présente en France depuis 2016, elle exploite 16 parcs éoliens et une installation de stockage par batteries : cliquez ici
Pour aller plus loin : Innergex recherche des partenaires, notamment parmi les agriculteurs, pour développer de nouveaux projets éoliens et solaires dans une démarche d’écoute et de concertation avec la collectivité. Contact : france@innergex.com / 04 26 46 03 96.
Le Baromètre 2022 de la consommation responsable, réalisée par YouGov’ pour Greenflex, avec le soutien de l’Ademe, met en évidence la prise en compte croissante par les Français de ses choix de consommation pour préserver la planète.
D’après l’enquête, 71 % des Français estiment bien voir le lien entre ses choix de consommation et l’avenir de la planète. Ainsi 76 % des Français déclarent se mobiliser en faveur d’une consommation responsable.
Si la consommation responsable concerne à la fois l’impact environnemental, social et sur la santé, les préférences des consommateurs ne se situent pas au même niveau : quand 71 % des Français évitent les ingrédients controversés ou 67 % font des choix en fonction de l’origine des produits, seulement 54 % d’entre eux privilégient les produits qui rémunèrent de manière juste les producteurs et les agriculteurs.
Aujourd’hui, la voie principale à la consommation responsable pour les Français se résument avant tout à consommer moins (60 %), plutôt que dans le mieux consommer (34 %).
Greenflex résume sa 15e édition de l’Observatoire de la consommation responsable en 4 enseignements principaux :
la prise de conscience de l’impact de la consommation sur l’avenir de la planète est grandissante et vient renforcer l’engagement personnel en faveur d’une consommation responsable.
le désir d’un modèle de société plus sobre est installé. Réduire sa consommation et/ou le superflu se dessine comme la trajectoire privilégiée lorsque l’on parle de consommation responsable.
la sobriété s’ancre dans les aspirations des Français, mais peine à s’ancrer dans les habitudes. Perception du prix, qualité et désirabilité de l’offre sont les principaux leviers à lever pour changer durablement les comportements.
Le collectif peut avoir un effet d’entraînement positif à l’installation de nouveaux comportements, de nouveaux standards de société. Si la publicité est décriée comme incitant à une société de surconsommation, elle pourrait paradoxalement permettre d’aider à une transition par la pédagogie et à la généralisation des gestes responsables.
Pour la sociologue Anaïs Rocci de l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, “il y a vraiment une tendance ces dernières années à adopter des pratiques plus responsables dans les modes de consommation. Mais il y a un paradoxe avec, d’un côté, des aspirations croissantes pour un autre modèle de société et, de l’autre côté, des pratiques qui restent encore fortement ancrées dans un modèle consumériste“. Pour passer des actes individuels à un changement massif de société, Anaïs Rocci rappelle que ce sont les entreprises, les industriels, l’État et les collectivités qui conditionnent les attitudes individuelles de consommation et qui doivent donc agir pour la généralisation d’une consommation responsable.
La France, 3e producteur d’agroéquipements de l’Union Européenne
Pour 2021, la production française d’agroéquipements a progressé pour atteindre 5,5 milliards d’euros, un niveau sans précédent historique. La France se place ainsi à la 3e place au niveau européen (derrière l’Allemagne et l’Italie) pour la production d’agroéquipements.
Les 5 familles de produits principales sont constituées par les tracteurs (29 %), les parties de machines et pièces de rechange (14 %), les matériels de travail du sol, semis et fertilisation (10 %), les presses et fenaison (9 %) et le matériel d’élevage (9 %).
En 2021, 65 % de la production française d’agroéquipements ont été exportés.
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site web. Si vous continuez à utiliser ce site, nous supposerons que vous en êtes satisfait.