Actualités

L’eau, une ressource précieuse

Publié le 21 Oct 21


Les sécheresses se multiplient en France et dans le monde, impactant directement les rendements agricoles. Les États sont confrontés à une raréfaction de l’eau, et le secteur agricole est contraint de s’adapter afin de continuer à nourrir la population. En France, 11% des volumes d’eau prélevés sont utilisés pour l’irrigation en agriculture.

Les végétaux nécessitent un apport d’eau afin d’assurer leur bonne croissance. Lorsque l’apport est insuffisant par le milieu, la quantité et la qualité des récoltes peuvent être affectées. Un recours à l’irrigation permet ainsi d’assurer une récolte et d’optimiser les rendements agricoles. Le “Varenne de l’eau“, initié par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, vise à identifier des solutions concrètes pour adapter l’agriculture au changement climatique.

Les légumineuses, pour le plaisir du goût

Publié le 20 Oct 21

Riches en amidon et en protéines, les légumineuses sont appréciées des consommateurs. D’après une étude Crédoc/Cap-protéines, près d’un Français sur deux (48 %) consomme des légumineuses (pois chiche, lentilles, fèves, féveroles, haricots secs, pois, soja…) au moins une fois par semaine.

Les plus gros consommateurs de légumineuses sont constitués principalement par la population :
– des plus diplômés (54 % des adultes détenteurs d’un niveau Bac à Bac+2 en mangent au moins une fois par semaine)
– des plus âgés (53 % des plus de 75 ans consomment au moins une fois par semaine des légumineuses)
– des consommateurs bio (63 % d’entre eux consomment des légumineuses au moins une fois par semaine).

Les consommateurs sont attirés par les légumineuses, avant tout pour leur goût (dans 61% des cas des personnes interrogées), mais également pour leur richesse en protéines (46 %) et leur facilité de préparation (39 %).

Avec Pul’s, cuisinez les légumineuses!

La gestion des déchets, une réflexion de fond

Publié le 19 Oct 21

Au sein du marché de gros Lyon-Corbas, un effort conséquent a été mené pour diminuer les déchets. Par ailleurs, une valorisation de ces déchets va voir le jour grâce à la méthanisation.

Pour Christian Berthe, président du marché de gros Lyon-Corbas, “la première des priorités est de limiter au maximum les déchets“. Et en cela, les résultats sont éloquents : sur l’ancien site de Lyon-Perrache, 5 890 tonnes/an de déchets étaient traitées. Aujourd’hui, sur le site du marché de gros Lyon-Corbas, ce ne sont plus que 3 640 tonnes en 2020 qui ont nécessité d’être traitées (2 252 tonnes venant de grossistes et 1 088 tonnes des détaillants). Chaque opérateur assume le coût du traitement de ses déchets.

Afin de diminuer les coûts, le tri est essentiel (bois, carton, plastique, biodéchets). Grâce à tous ces efforts, le marché de gros Lyon-Corbas peut afficher un taux de 77 % de déchets recyclés. “Tout est fait pour que la valorisation soit maximum. Tout ce qui est impropre à la consommation était jusqu’à maintenant enfoui. Mais d’ici quelques semaines, ces biodéchets (environ 800 tonnes/an) fourniront de l’énergie grâce à la méthanisation” se satisfait Christian Berthe.

Les jardiniers sont avides de conseils des professionnels

Publié le 18 Oct 21

Une enquête initiée par Semae, l’Interprofession des semences et plants, et réalisée par Kantar auprès de 1.000 jardiniers, dresse un portrait détaillé des jardiniers et de leurs pratiques.

La majorité des jardiniers considère avoir des connaissances générales sur la culture des légumes (préparation du sol, semis, entretien, arrosage…). En revanche, les techniques pour lutter contre les maladies ou les parasites ressortent comme une activité difficile pour la majorité des jardiniers. Il en est de même pour désherber et préparer le sol, pour près de la moitié d’entre eux.

Curieux et avides d’apprendre et de connaître tous les secrets pour cultiver et réussir un potager, ils privilégient tutoriels et vidéos de professionnels ou rencontres entre voisins dans une approche autodidacte et sociale.  

Résultat complet de l’étude : cliquez ici

Bien stocker pour proposer des produits toute l’année

Publié le 14 Oct 21


Cécile Bodin, agricultrice à Matha en Charente-Maritime, s’est lancée dans la production de légumes bio de plein champ. Afin d’éviter des pertes dues à une mauvaise conservation, elle a conçu un local de stockage noir, ventilé et prochainement réfrigéré.

Sur la ferme de Suchet , à côté des 70 hectares de grandes cultures (blé, sarrasin, maïs, pois chiches), 5 hectares sont consacrés aux légumes de plein champ en agriculture biologique : pommes de terre, patates douces et courges.

Dans le cadre de l’appel à projets Terres d’idées mis en place par Mutualia, Cécile Bodin a présenté son projet de création d’une chambre froide. En effet, actuellement, elle est obligé de restreindre sa production car passé le mois d’avril-mai, les pommes de terre germent. Une chambre réfrigérée permettra de produire un peu plus et de pouvoir proposer des produits tout au long de l’année.

Pour le rayonnement de la noix du Sud-Ouest

Publié le 13 Oct 21


L’interprofession de la noix du Sud-Ouest se structure et crée InterNoix Sud Ouest. Tous les acteurs (pépiniéristes, producteurs, transformateurs et distributeurs) de la filière noix et de ses produits dérivés des régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Centre-Val-de-Loire se regroupent pour parler d’une même voix auprès des pouvoirs publics et agir de concert pour la promotion de la noix.

Pour une production annuelle française de l’ordre de 40 000 tonnes, le Sud-Ouest produit près de 15 000 tonnes de noix.

Le marché de gros Lyon-Corbas, au cœur de la filière fruits et légumes

Publié le 11 Oct 21
Premier marché de gros français privé en fruits et légumes par qui transitent plus de 300 000 tonnes de marchandises chaque année, le Marché de Gros Lyon-Corbas dessert plus de 2 172 clients en grosse majorité implantés dans la région Rhône-Alpes.

A l’occasion d’une étape de l’AgridemainTour, un débat a réuni producteurs et distributeurs au sein du marché de gros Lyon-Corbas. Chacun s’accordant sur l’atout essentiel : la complémentarité. Complémentarité des produits et complémentarité des métiers.

Christian Berthe, président du marché de gros Lyon-Corbas souligne l’importance régionale de la filière : la région Auvergne-Rhône-Alpes produit 500 000 tonnes de fruits et légumes (soit 9 % de la production nationale de fruits et 5% de la production nationale de légumes). Et le marché de gros en commercialise 300 000 tonnes. “Le marché de gros Lyon-Corbas est le centre névralgique de la production et de la commercialisation de la filière. Il s’appuie sur la complémentarité. La vraie valorisation passe par la segmentation, le développement de niches en se démarquant de toute standardisation ou banalisation. Le marché sait proposer à chaque demande spécifique de ses quelque 2 200 clients, le produit qu’il faut” détaille Christian Berthe. Le marché de gros fait partie intégrante de la longue filière des fruits et légumes (qui comprend pas moins de 15 familles) et en constitue un maillon essentiel.

Au sein même du marché de gros, s’est développé les circuits courts. “Il y a 15 ans, les producteurs se sont engagés pour fédérer un marché privé” explique Christine Delaigue, président du carreau des producteurs. “Nous pouvons être fiers de cette initiative qui a pu aboutir grâce à l’appui des grossistes et des Chambres d’agriculture. Quelle fierté de vendre ses produits. C’est valorisant“. Ce carreau propose aujourd’hui une palette très large de produits grâce à la participation de 60 producteurs sur 2 600 m2.

#AimeTonAgri

Publié le 8 Oct 21

L’AgridemainTour a fait une halte en Charente. L’occasion de découvrir l’initiative #AimeTonAgri initiée par la Chambre d’agriculture.

#AimeTonAgri a pour objectifs de prendre le contre-pied de l’agribashing et parler positivement de l’agriculture avec le grand public. La marque a été lancée en 2019 sur une initiative de la Chambre d’agriculture de la Charente. L’ambition est que cette marque soit appropriée largement par le monde agricole, dans le respect de toutes les pratiques agricoles, et sur toutes les filières de production, en Charente et au-delà.

Aujourd’hui, des initiatives ont déjà vu le jour : visites de classes de 4eme sur les fermes, participation à des foires et salons, vidéos sur les réseaux sociaux, etc. Et la marque commence à se diffuser aux départements limitrophes dont la Dordogne, et la Creuse.

Le gaz vert, une énergie au service des territoires

Publié le 7 Oct 21
Méthavéore, constitue le premier site d’injection de gaz vert du département de la Drôme. La société injecte son biométhane dans le réseau GRDF depuis fin 2020. Sa capacité de production est de plus de 18 GWh/an de gaz renouvelable, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 4 500 logements neufs chauffés au gaz naturel. Ce méthane renouvelable alimente les communes d’Etoile-sur-Rhône, Portes-Lès-Valence et Valence.

Le 29 septembre, les associés du site Méthavéore (Carine & Olivier Courtial et Bruno Bouchet) à Etoile-sur-Rhône, dans la Drôme, accueillaient le CofarmingTour et l’AgridemainTour. L’occasion de débattre et d’échanger sur les conditions de réussite des projets de méthanisation.

En service depuis tout juste un an, le site Méthavéore a nécessité près de 5 ans de réflexion et de démarches pour aboutir. “L’acceptation sociétale du concept constitue une étape importante” souligne Carine Courtial. “Il faut rassurer sur les craintes d’explosion et de mauvaises odeurs. Cela nécessite de la pédagogie et une totale transparence“.

Pour Françoise Chadal, maire d’Etoile-sur-Rhône ou Geneviève Girard, maire de Porte-les-Valence et présidente du Sytrad (Syndicat de traitement des déchets Ardèche-Drôme), “il faut apporter de l’information, expliquer. Les élus peuvent alors accompagner les porteurs de projets“. L’appropriation du projet par le territoire, par les collectivités et les élus est indispensable. “Il faut chercher une adhésion à la démarche, complète Stéphane Aurousseau, vice-président d’#agridemain. Cela passe par l’ouverture, le dialogue et les explications”.

Alice Thourot, députée de la Drôme, interpelle les agriculteurs : “engagez-vous dans des projets innovants comme la méthanisation. Vous ne devez pas vous faire voler ces opportunités-là“. Car produire du gaz vert, c’est contribuer à la transition énergétique et “cela crée de la valeur sur le territoire par la valorisation des déchets, la production d’engrais organiques et bien évidemment le gaz vert, une énergie renouvelable, un circuit-court de l’énergie” complète Olivier Bresson, directeur territorial Auvergne-Rhône-Alpes de GRDF.

S’investir dans la production énergétique, c’est élargir le champ d’action de l’agriculture et ouvrir de nouveaux horizons. “L’agriculture a besoin de se projeter dans l’avenir, de pérenniser son activité et à travers la méthanisation, nous espérons pouvoir susciter une vocation nouvelle pour la reprise de nos exploitations” estime Carine Courtial. “Il faut en effet réenchanter l’agriculture, et la production énergétique peut-être une belle opportunité pour développer des projets qui s’accordent avec les attentes de la société” confirme Stéphane Aurousseau.

Le collectif et la solidarité en ligne de mire

Publié le 6 Oct 21

Non issu du milieu agricole et non originaire de la région, Romain Poureau a repris une exploitation agricole en 2020 à Gillonay, en Isère. Une ferme aux nombreux ateliers, sur laquelle s’appuie également une association d’entraide aux personnes en situation de handicap mental.

Romain Poureau élève 200 brebis de race locale Thônes-et-Marthod, ainsi que 230 (et bientôt 280) poules pondeuses. « Pour me diversifier, je me lance également dans un petit élevage de porcs charcutiers et de lapins » précise-t-il.

Faute de surfaces suffisantes sur la ferme, la moitié du troupeau d’ovins est élevée en alpage, en Belledonne. Romain Poureau découpe et vend lui-même ses agneaux.

Afin de donner encore plus de sens à son activité, l’éleveur s’est associé au Bercail paysan. Ainsi des adultes en situation de handicap viennent participer à la vie de la ferme. « Tout le monde est gagnant : cela contribue à leur éveil et ils peuvent donner un coup de main sur de menus travaux (nettoyage des clapiers, ramassage des œufs…) » juge Romain Poureau.

Il vient de démarrer par ailleurs une activité de vente directe à la ferme mais souhaiterait créer un collectif pour proposer une offre diversifiée aux consommateurs. C’est dans ce cadre qu’il a postulé à l’appel à projets Terres d’idées mis en place par Mutualia.

Des vignes au cœur d’un patrimoine d’exception

Publié le 5 Oct 21

Quand on arrive au Domaine Mayoussier, à Auberives-en-Royans, en Isère, c’est le château du 13e siècle qui impressionne de prime abord. C’est pour entretenir ce patrimoine bâti qu’Antoine Dépierre a réhabilité les vignes, en valorisant le terroir et en s’intégrant au mieux à son environnement.

Propriétaire du lieu depuis 1810, la famille Mayoussier s’est interrogée sur les conditions pour le conserver et l’entretenir. « Il nous fallait élaborer un projet économiquement viable, en lien étroit avec l’environnement, le terroir et à forte valeur ajoutée » témoigne Antoine Dépierre. Après avoir été sommelier à Berlin, Londres, Miami ou Dubaï, Antoine Dépierre est revenu en 2013 sur le domaine familial. Il est actuellement gérant du Domaine, avec 18 autres associés membres de la famille.

La renaissance du vignoble

Trois blancs et un rouge (Sauvignon blanc, Roussanne, Viognier et Syrah) sont les premiers cépages mis en place sur le domaine sur 2,7 hectares. Ils seront complétés par 0,8 hectare en novembre 2021 avec des cépages autochtones oubliés (le Persan et le Durif). Avec quelque 9000 bouteilles en 2020, la production annuelle du domaine Mayousier de vins IGP (indication géographique protégée) Isère, reste modeste.

Soucieux de mettre en avant son terroir, Antoine Dépierre fait partie de la soixantaine de producteurs fermiers du territoire du Parc naturel régional du Vercors bénéficiant de la marque « Fermes du Vercors©». Il a à cœur également de préserver l’environnement qui l’entoure. « Je n’applique aucun insecticide ou désherbant. Et pour la vinification, j’essaie de ne pas mettre de soufre. Mais je fais preuve de beaucoup de pragmatisme : faire le mieux possible, de façon la plus écologique tout en ne mettant pas en péril notre activité ».

Et les initiatives pour développer la biodiversité dans les vignes, certaines conduites en collaboration avec la Ligue de protection pour les oiseaux, ne manquent pas : enherbement des parcelles, tonte de l’herbe par une troupe de brebis, mise en place de haies bocagères, disposition de nids et aires d’accueil pour les oiseaux (hibou petit-duc, chouette effraie, faucon pèlerin…) et les chauves-souris…

Une activité de négoce en complément

Au-delà de leur propre production, les associés du Domaine ont développé parallèlement une autre activité : celle de négociant. Ainsi, Antoine Dépierre est également gérant du Cellier de Félicie, qui met en fût de chêne du jus de raisin d’Occitanie pour élaborer 8 000 en bouteilles de vin de France. A partir de 2022, le Cellier de Félicie assurera également la vinification et le négoce de parcelles de vigne à proximité, en IGP Isère.

Des projets à la pelle

« Dans 4 ans, la vigne sera mature et nous arriverons au terme de nos emprunts. Il nous faut donc penser à d’autres projets » souligne Antoine Dépierre. « Les réflexions actuellement portent sur la possibilité de mettre en place une petite restauration et/ou de développer l’accueil de visiteurs sur la ferme ».

Mais c’est pour un autre thème qu’Antoine Dépierre a déposé un dossier dans le cadre de l’appel à projets Terre d’idées organisé par Mutualia : adapter ses locaux pour développer son implication au sein de « Ma bouteille s’appelle reviens ». En effet pour Antoine Dépierre, la prise en compte de l’environnement doit aller jusqu’à s’interroger sur le devenir des bouteilles. « Le recyclage actuel n’est guère satisfaisant : collecté, le verre est refondu pour servir bien souvent dans l’isolation. Depuis 6 mois, j’ai souhaité développer le ré-emploi de nos bouteilles, ce qui a nécessité de modifier le papier, la colle, les encres et les dorures utilisés. Les particuliers et les restaurateurs sont ainsi invités à nous retourner nos bouteilles vides, qui sont ensuite lavées, désinfectées et reconditionnées. Si nous avons pu d’ores et déjà collecter plus de 1 000 bouteilles, nous pensons pouvoir rapidement récupérer en retour près de 4 000 bouteilles sur nos 18 000 bouteilles vendues par an. Il nous faudra pour cela aménager différemment nos locaux, prévoir l’accès et le lieu de stockage des palettes de bouteilles à laver et celles à réutiliser ».

Antoine Dépierre ne manque pas d’idées pour innover et encore moins de volonté pour chercher toujours à progresser, bien conscient qu’il en va de la pérennité de son activité et du Domaine de Mayoussier.

“Soigne ta com : agriculteurs, vous êtes les meilleurs ambassadeurs !”

Publié le 4 Oct 21
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A l’occasion de la Foire de Châlons, la FDSEA 51 et le Crédit Agricole du Nord Est ont proposé, le 6 septembre 2021, d’échanger sur le thème : « #Soignetacom : Agriculteurs, vous êtes les meilleurs ambassadeurs ! ».

Christine Gandon, présidente du Crédit Agricole du Nord Est, rappelle en introduction que : 71% des Français ont une bonne opinion de l’agriculture et 85% des Français considèrent que le métier d’agriculteur est essentiel.

Eddy Fougier, politologue, estime que le monde agricole a tendance à communiquer avec des termes techniques, et il a rappelé les enjeux d’une communication ayant recours à la vulgarisation et à des termes simples.

Sophie Constanzer, journaliste à France Bleu Champagne-Ardenne, spécialisée en agriculture, regrette que certains agriculteurs soient encore réticents à se livrer via les médias, soit par manque de temps ou de légitimité.

Étienne Fourmont, agriculteur et youtubeur, souhaite, grâce aux réseaux sociaux, donner de la visibilité à l’agriculteur, à son métier, à ses activités. Cela contribue à changer les états d’esprit.

Enfin, Mickaël Jacquemin, vice-président d’#agridemain, rappelle qu’il faut faire évoluer les pratiques et aller sur de l’émotionnel.

Une conférence très riche à (ré)écouter :

Et d’autres témoignages sur ce sujet :

Les jeunes et l’agriculture : un regard désenchanté ?

Publié le 1 Oct 21

A l’occasion de son assemblée générale, #agridemain a débattu du regard des jeunes sur l’agriculture avec Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop et auteur de “La Fracture”, Florence Gramond, directrice département Agriculture du groupe BVA, Pauline Morin, membre du bureau d’#agridemain et Ferréol Delmas, directeur d’Écologie responsable.

Différence générationnelle sur la perception de l’agriculture

Florence Gramond relève dans le sondage réalisé par BVA, à la demande du Crédit Agricole et d’#agridemain, une différence générationnelle très nette sur les résultats parmi la population des moins de 35 ans et en particulier sur la tranche d’âges 18-24 ans. Si 71% en moyenne des Français ont une très bonne opinion de l’agriculture, ils ne sont que 62 % à partager cet avis chez les moins de 35 ans et même 56% pour les 18-24 ans. Les jeunes ont moins conscience des prix payés aux agriculteurs et de leur évolution. De fait, ils considèrent beaucoup plus que leurs aînés que l’on peut gagner sa vie avec ce métier. Pour les jeunes, le premier enjeu pour l’agriculture française dans les 10 ans à venir est d’adapter les modes de production au changement climatique, quitte à opter pour une certaine décroissance. Frédéric Dabi de l’Ifop confirme cette fracture générationnelle et précise que “72% des jeunes se disent engager sur le climat et 1 sur 5 serait même prêt à mourir pour le climat“. Si les jeunes sont dépolitisés, ils ne sont pas pour autant désengagés. Ferréol Delmas confirme qu’il y a un désinvestissement des jeunes dans les structures traditionnelles, comme les syndicats, associations ou partis politiques, mais ils sont en revanche nombreux à répondre présents pour des actions autour de l’écologie et du climat.

Des pistes pour mieux communiquer en direction des jeunes

Frédéric Dabi souligne un décalage sur la manière de s’informer chez les jeunes. L’étude BVA relève effectivement que si les jeunes veulent s’informer sur l’agriculture, ils privilégient pour cela les reportages et les réseaux sociaux alors que les ainés préfèrent les visites sur les exploitations et les échanges lors d’achats en circuits courts.
« En règle générale, l’entrée par les métiers intéresse énormément les jeunes » souligne Frédéric Dabi. Et c’est peut-être par cette thématique qu’il faut développer l’information auprès des jeunes sur l’agriculture.
« Plutôt que de se focaliser, comme cela se fait actuellement, sur l’accueil des élèves des écoles primaires dans les fermes, il faudrait le faire pour les adolescents en mobilisant les professeurs de SVT et d’histoire-géographie » estime Florence Gramond.
« Il faut également développer la sensibilisation à l’agriculture et à l’alimentation aux collèges et aux lycées » insiste Pauline Morin, en mettant l’accent sur le goût, sur le lien entre cuisine et agriculture.

Pour aller plus loin :
– Baromètre BVA sur la perception de l’agriculture par les Français : cliquez ici
– Le livre “La fracture” (Ed. Les Arènes, paru le 26/09/2021) de Frédéric Dabi et Stewart Chau qui analysent comment la jeunesse d’aujourd’hui fait sécession : ses valeurs, ses choix, ses révoltes, ses espoirs… Cliquez ici
– Les livres blancs du laboratoire d’idées Écologie responsable : cliquez ici

L’AgridemainTour et le CoFarmingTour se rencontrent en Auvergne-Rhône-Alpes

Publié le 27 Sep 21


Le #CoFarmingTour, le tour de France en tracteur des start-up agricoles, croise en Auvergne-Rhône-Alpes, l’AgridemainTour, le tour de France des territoires. L’occasion de partager deux étapes en commun : Mercredi 29 septembre 2021 dans la Drôme, sur le site de Méthavéore à Etoile-sur-Rhône et Jeudi 30 septembre 2021 dans le Rhône, sur le site du marché de gros Lyon-Corbas.

Suite à l’annulation à Paris du Salon de l’agriculture 2021, les initiatives se sont multipliées pour aller directement au contact des acteurs du monde agricole dans les régions. C’est ainsi que les associations #agridemain et #cofarming ont souhaité faire une étape commune dans leur tour de France respectif.

La première étape se tiendra mercredi 29 septembre, à Etoile-sur-Rhône, dans la Drôme, avec la visite du site Méthavéore. Un échange sur la problématique de la transition énergétique en agriculture réunira les différents acteurs et responsables locaux auquel participeront Carine Courtial (agricultrice, co-associée de Méthavéore), Thierry Bailliet (auteur de « Dans les bottes de ceux qui nous nourrissent »), Thibaut Savoye (fondateur de Carbone Farmers), Stéphane Aurousseau (vice-président d’#agridemain), Guilhem Armanet (directeur Clients Territoires GRDF Sud-Est), Thierry Mommée (membre du bureau de la Chambre d’agriculture de la Drôme), Dominique Châtillon ( Chef du service agriculture DDT), Claude Ricbourg (Syngenta), Françoise Chazal (conseillère départementale-maire d’Etoile-sur-Rhône), Geneviève Girard (maire de Portes-lès-Valence et présidente du Sytrad) et Alice Thourot (députée de la Drôme).

A l’initiative de 3 agriculteurs (Carine & Olivier Courtial et Bruno Bouchet), Méthavéore, constitue le premier site d’injection de gaz vert du département de la Drôme. La société injecte son biométhane dans le réseau GRDF depuis fin 2020. Sa capacité de production est de plus de 18 GWh/an de gaz renouvelable, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 4 500 logements neufs chauffés au gaz naturel. Ce méthane renouvelable alimente les communes d’Etoile-sur-Rhône, Portes-Lès-Valence et Valence.

La deuxième étape se passera le jeudi 30 septembre, au Marché de gros Lyon-Corbas, avec la visite du site, du centre de tri, de la présentation du projet de méthanisation et la rencontre avec les grossistes et le carreau des producteurs. Un échange autour du thème « Marché de gros Lyon Corbas : une valorisation complète de la filière fruits et légumes » réunira Christian Berthe (président du marché de gros Lyon-Corbas et d’Interfel Aura), Christine Delaigue (présidente du carreau des producteurs), Laurent Rivollet (ingénieur d’affaires biométhane GRDF Sud-Est), Stéphane Aurousseau (vice-président d’#agridemain), Thierry Bailliet (auteur de « Dans les bottes de ceux qui nous nourrissent ») et Jean-Baptiste Vervy (co-fondateur de l’association « Les agriculteurs ont du Cœur).

Premier marché de gros français privé en fruits et légumes par qui transitent plus de 300 000 tonnes de marchandises chaque année, le Marché de Gros Lyon-Corbas dessert plus de 2 172 clients en grosse majorité implantés dans la région Rhône-Alpes.

La laine, sous-produit de l’élevage ovin

Publié le 14 Sep 21


La France produit environ 14 000 tonnes de laine brute provenant de la tonte des moutons. Très peu valorisée, cette laine est très majoritairement exportée. Un collectif tente de faire renaître une filière française de transformation.

La tonte, pour le bien-être de l’animal

La laine du mouton est une fibre dont la pousse est continue. Une laine non tondue se transforme en cocon de laine feutrée, humide, qui moisit et accueille de nombreux parasites : tiques, larves de mouches… La laine est un excellent isolant. Mais, en épaisseur trop importante, en période estivale, elle peut provoquer un coup de chaleur pour le mouton, en empêchant l’évaporation de la sueur.
La tonte est une étape indispensable pour le bien-être animal, indispensable à sa bonne santé.
Il existe en France environ 200 tondeurs professionnels. Pendant une journée de travail, il peut tondre environ 350 brebis, qui pèsent chacune entre 60 et 70 kg. La tonte nécessite respect et maîtrise de l’animal pour ne pas lui faire mal, ne pas le stresser ni le traumatiser.

La Laine, un sous-produit peu rentable

Actuellement, la vente de la laine par l’éleveur ne permet pas de couvrir le prix payé aux tondeurs professionnels.
Cette laine brute est exportée à 80 % en Chine, pour y être lavée et transformée. Une faible partie de la production de laine française est lavée en France (il n’existe plus que 2 usines sur le territoire) afin d’approvisionner quelques filatures locales. Enfin, il arrive que cette laine en France soit tout simplement jetée, faute de débouchés suffisamment rémunérateurs.

Vers le renouveau d’une filière de laine française

Le collectif Tricolore, qui rassemble éleveurs ovins, transformateurs industriels, acteurs de la création et de la distribution et enfin territoires, a pour ambition de relancer la production des laines en France. Son objectif est d’accroître de 4 à 24 % la part de la laine produite et transformée en France d’ici à 2024. Cela permettrait une traçabilité totale de ce produit et de répondre à la demande des entreprises et manufactures d’habillement de plus en plus nombreuses engagées dans le made in France.

Une telle initiative permettrait aux éleveurs français de trouver un débouché plus rémunérateur et mieux valorisé pour la laine du cheptel ovin français qui compte 6,6 millions de têtes (5,4 millions pour l’élevage allaitant et 1,2 millions pour le cheptel laitier), d’une soixantaine de races différentes.

Pour en savoir plus : l’essentiel de filière ovine française

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