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Les jeunes ont à cœur de préserver les ressources naturelles

Publié le 12 Sep 22
A l’occasion de Terres de Jim, le 9 septembre, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau, a remis les prix aux lauréats du concours Graines d’agriculteurs.

Le concours Graines d’agriculteurs 2022, qui avait pour thème la préservation des ressources naturelles, a récompensé 3 lauréats, acteurs d’initiatives innovantes visant à préserver les ressources naturelles : Louise Devienne (Nord), Benoît Guilbert (Pas-de-Calais) et Guillaume Ryckbosch (Pyrénées-Atlantiques).

Dès son installation en 2015 à Bailleul avec son mari, Louise Devienne a souhaité mettre en place des actions en faveur de la biodiversité. Ainsi, elle a creusé une mare et a planté des haies et des arbres sur la ferme maraîchère bio du NooteBoom.

Sur son exploitation certifiée Haute valeur environnementale, Benoît Guilbert accorde une grande importance à la biodiversité du sol. La ferme Rettemoy, à Bucquoy, est ainsi devenue un site de démonstration d’agroécologie, notamment pour les personnes intéressées par l’agriculture de conservation des sols.

Guillaume Ryckbosch, éleveur à Coarraze, dans les Pyrénées-Atlantiques, tient à préserver son patrimoine naturel. Pour cela, il a mis en place sur son exploitation “La chèvrerie Henri IV“, certifiée Haute valeur environnementale, un système agroforestier à partir de fruitiers anciens du Béarn.

La volaille consommée en France trop massivement importée

Publié le 8 Sep 22

Sur les 5 premiers mois de l’année 2022, 49 % des poulets consommés en France étaient importés, contre 45 % sur la même période en 2021. Cette hausse des importations est particulièrement marquée sur la viande de poulet en provenance du Brésil (+122 %) et d’Ukraine (+181 %).

La progression de la part des importations des poulets consommés en France est inquiétante : elle a presque doublé en 20 ans, passant de 25 % en 2000 à 49% en 2022.

Du fait de la crise de la grippe aviaire, la production de volailles françaises devrait chuter de près de 10% en 2022, faisant rétrograder la France au 4e rang des pays producteurs de volailles de l’Union européenne (devant l’Allemagne et l’Espagne).

Parallèlement, le consommateur français consomme de plus en plus de volailles (très majoritairement du poulet), avec une moyenne de 28,5 kg/an. La France figure ainsi désormais en tête des pays de l’Union européenne consommant le plus de volailles.

Pour contribuer à la souveraineté alimentaire du pays, la filière appelle les consommateurs à privilégier les produits estampillés « Volaille Française ». “Faire le choix de la Volaille Française, c’est soutenir les 100 000 professionnels de la filière, dont 34 000 dans les élevages, qui consacrent tous les jours sur le terrain du temps et de l’énergie pour fournir les meilleures volailles au plus grand nombre” rappellent les acteurs de la filière.

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Le bien-être animal : une priorité en élevage laitier

Publié le 6 Sep 22


Dans le cadre de sa démarche de responsabilité sociétale, la filière laitière fait du bien-être des troupeaux une priorité. Elle s’est ainsi engagée depuis 2020 à effectuer un diagnostic sur les 51 600 exploitations de vaches laitières en France. D’ici 2025, 100% des fermes laitières françaises seront évaluées.

Les éleveurs ont toujours eu à cœur d’accorder une place importante au bien-être de leurs animaux. Il en va de la rentabilité de leur ferme et de la qualité de leur production. Afin d’évaluer ce bien-être animal, l’interprofession laitière a élaborer un diagnostic s’appuyant sur 16 critères répondant aux 11 principes définis par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) et aux 5 libertés fondamentales de l’animal :

  • ne pas souffrir de faim ou de soif ;
  • ne pas souffrir d’inconfort ;
  • pouvoir exprimer les comportements naturels propres à l’espèce ;
  • ne pas éprouver de peur ou de détresse ;
  • ne pas souffrir de douleurs, de blessures et de maladies.

Cette méthode ne se borne pas à une évaluation des élevages mais vise également à mettre en œuvre les conditions d’une démarche de progrès des pratiques d’élevage en réalisant un plan de progrès individuel. À ce jour 4 000 élevages laitiers ont déjà été évalués. Près des trois quarts se sont révélés à un niveau supérieur ou excellent. Les autres sont en phase de progression et d’amélioration. D’ici 2025, toutes les fermes laitières françaises auront été évaluées. Pour y parvenir, le diagnostic a été intégré à la Charte des bonnes pratiques d’élevage, dans laquelle 97 % des éleveurs français sont engagés,

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Marge de croissance possible pour la méthanisation

Publié le 1 Sep 22


Du fait de la volonté européenne de se passer du gaz russe à moyen terme, la méthanisation est amenée à se développer. Toutefois, la biomasse utilisée pour la méthanisation ne doit pas entrer en concurrence avec les besoins en alimentation animale. D’après une étude de FranceAgriMer, la biomasse disponible en France paraît suffisante à l’heure actuelle pour alimenter les méthaniseurs (actuels et programmés) et semble laisser une marge de croissance à la méthanisation.

Les effluents d’élevage (fumiers et lisiers) sont, et devraient rester, l’intrant majoritaire dans les méthaniseurs français. Ils représentent 54,8 % de la matière totale entrant dans les unités de méthanisation agricoles en fonctionnement au 31 décembre 2021. Les autres matières premières pour la méthanisation sont constituées par les résidus de grandes cultures et des silos, les cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), les cultures dédiées (maïs fourrage et ensilage) et les coproduits des industries agroalimentaires.

Les cultures principales dédiées représentent 5,5 % de la ration d’intrants des méthaniseurs agricoles (loin de la limite réglementaire autorisée de 15%). L’étude de FranceAgriMer met en avant qu’il existe “une
certaine marge d’expansion de la méthanisation sans crainte particulière d’entrée en concurrence avec l’usage premier de cette ressource, l’alimentation animale
“.

Au 31 décembre 2021, la France comptait dans le domaine agricole 1065 méthaniseurs en activité et 850 projets en attente de validation pour s’installer.

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Forte inquiétude sur la production de pommes de terre

Publié le 31 Août 22


D’après les estimations de la filière, “la récolte qui s’annonce catastrophique (chute des rendements nationaux d’au moins – 20 % par rapport à la moyenne des 20 dernières années), et ce malgré des conditions de plantations et des conditions météorologiques printanières qui laissaient présager une bonne campagne 2022-2023, est le fait des chaleurs extrêmes corrélées à une forte sècheresse, qui ont littéralement stoppé le développement des tubercules. Ni les précipitations, ni la douceur des températures à venir ne pourront maintenant inverser cette tendance“.

Cette situation pourrait avoir un impact sur la souveraineté alimentaire nationale et européenne. La filière française de pommes de terre constitue un acteur économique important, en se plaçant jusqu’à maintenant comme le premier exportateur mondial en frais, le troisième producteur européen (frais, industrie, fécule). Quelque 150 000 hectares de pommes de terre sont ainsi cultivés en France par 16 000 producteurs.

La Petite ferme auffervilloise

Publié le 30 Août 22

Les quatre associés de La Petite ferme auffervilloise fourmillent de projets pour faire prospérer leur ferme maraîchère, pour proposer des légumes bio de saison.

Pendant près de 20 ans, Xavier Mignon a produit des cultures céréalières à Aufferville, en Seine-et-Marne. Jusqu’à ce que sa femme, Christelle, décide d’abandonner son métier d’aide-soignante pour le rejoindre sur l’exploitation en 2020, en créant une activité de maraîchage. L’aventure de La petite auffervilloise est lancée. Deux autres associés, Stéphane Zabouri et Cédric Charpentier, les rejoignent l’année suivante, pour cultiver « des légumes de saison ayant du goût avec pour ambition de revitaliser la ferme et son territoire en proposant des produits bons pour la santé et l’environnement ».

La Petite ferme auffervilloise produit plus de 40 types de légumes bio tout au long de l’année, sur 3,20 hectares (dont 20 ares sous tunnels), en introduisant continuellement des innovations. Et les projets ne manquent pas. C’est dans ce cadre que l’exploitation a postulé à l’appel à projets Terres d’idées mis en place par Mutualia. Actuellement, la production est principalement vendue à la ferme, en vente directe. Une partie de la production est également auprès de partenaires professionnels : épiceries et restaurateurs locaux, mais également au Marché international de Rungis.

L’eau, une ressource à économiser

Il est mis en place une irrigation raisonnée sur la ferme visant à limiter les besoins en eau : irrigation au goutte-à-goutte, choix de variétés aux faibles besoins hydriques, paillage ou bâchage des plantes pour maintenir les sols humides… Afin de limiter le pompage d’eau dans la nappe phréatique, un projet est conduit visant à récupérer l’eau de pluie. Pour cela, il est prévu d’acquérir une cuve ou un bassin, qui collecterait les eaux de pluie depuis les toitures des deux hangars de la ferme.

Acteur de la révolution énergétique

Ayant le souci d’énergie propre, la Petite ferme auffervilloise veut faire partie de la révolution énergétique. Pour cela elle planifie de passer au tout électrique et de devenir une ferme à émissions neutres dans un futur très proche. L’installation de panneaux solaires, les livraisons en véhicule électrique ou le choix de matériel agricole électrique font partie des innovations prévues.

Une biodiversité préservée

Une attention particulière est apportée au respect du sol en veillant à le travailler le moins possible pour ne pas en perturber la biologie. La pratique du non labour, l’utilisation d’outils à dents et le maintien d’un sol couvert participent ainsi à la préservation de la biodiversité du sol. Concernant la biodiversité, un projet est aussi actuellement conduit avec l’IME, l’Institut médico-éducatif, de Chanteau Landon pour entourer la ferme de haies. Ainsi, plus de 1500 arbres devraient être plantés par les jeunes de l’Institut, afin de les former et de les rendre acteurs, à part entière, du territoire.

Au-delà de ces projets, des réflexions sont aussi à l’étude pour diversifier les productions et proposer des fruits. Une étude est envisagée également pour innover sur la commercialisation des produits et initier la mise en place d’un référentiel de prix pour les produits bio locaux. Les idées d’innovations germent de toute part à La Petite ferme auffervilloise…

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Les JNAgri prennent dates dans le calendrier agricole

Publié le 4 Août 22

Du 17 au 19 juin 2022 s’est tenue la 2e édition des Journées nationales de l’agriculture. Un événement qui est de plus en plus connu et qui prend de l’ampleur.

Le bilan de la 2e édition des Journées nationales de l’agriculture installe durablement dans le calendrier agricole cet événement d’échanges, de partages et de rencontres avec tout l’univers agricole et alimentaire.

Bien que la canicule a certainement dissuadé bon nombre de visiteurs à s’aventurer dans les champs, le nombre d’événements (1226) et celui des visiteurs (en moyenne 120 visiteurs par site) sont en croissance. Les régions de Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie ont répertorié le plus d’événements.

Avec l’opération lancée cette année “Regardez la terre !”, les #JNAgri ont permis de sensibiliser les 6-18 ans à la richesse de leur patrimoine agricole et alimentaire en les invitant à se rendre dans les fermes et exploitations avec leurs enseignants. La journée du vendredi 17 juin, plus particulièrement dédiée aux scolaires, a ainsi rassemblé plus de 2.000 élèves.

La réussite de cet événement, bénéficiant du soutien du ministère de l’Agriculture et labellisé Année de la gastronomie, tient beaucoup à la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème professionnel, soucieux de montrer toute la diversité de l’univers agricole.

Apiculture : moins d’amateurs et plus de professionnels

Publié le 1 Août 22

Une étude de FranceAgriMer fait état d’un recul du nombre d’apiculteurs en France ainsi que d’une baisse importante de la production de miel en 2021.

En 2021, il est constaté une baisse de 0,6% du nombre d’apiculteurs en France avec au total de 70 847 apiculteurs déclarés. Toutefois, cette évolution touche différemment les exploitations suivant leurs tailles. Ainsi, le nombre d’apiculteurs de plus de 50 ruches progresse de plus de 5 % (pour atteindre au total 5 708 apiculteurs). En revanche, les apiculteurs de moins de 50 ruches ont diminué de 1 %. Auvergne-Rhône-Alpes constitue la première région française en nombre d’apiculteurs (20,9 % des apiculteurs français), suivie par la région Grand Est (12,2 % des apiculteurs).

Après une production qualifiée d’excellente en 2020 de 31 791 tonnes, la production de miel en 2021 est en fort recul : elle est estimée à 19 802 tonnes (- 37,7 %). Cette campagne a été fortement marquée par une météo défavorable sur l’ensemble de la saison et sur la grande majorité des régions françaises. Les apiculteurs professionnels participent très majoritairement à la production française : 64,3 % des volumes de miel en France proviennent des exploitations de plus de 150 ruches. Le nombre d’exploitations biologique continue sa progression et concerne 1 300 apiculteurs biologiques en 2021.

Pour aller plus loin : FranceAgriMer

Un peu de la mémoire régionale sous les sabots

Publié le 28 Juil 22

Ingénieure écologue de formation, Delphine Danat s’est tournée depuis quelques années vers l’élevage d’ânes catalans. Installée à Ponteilla, dans les Pyrénées-Orientales, elle souhaite, avec son activité, participer à la conservation de la mémoire de l’histoire régionale, dans le cadre d’une démarche agroécologique.

« Avec ma formation, j’ai longtemps travaillé en ingénierie pure. Passionnée par les ânes, je me suis lancée dans l’élevage d’ânes catalans, il y a une dizaine d’années » détaille Delphine Danat. Le choix de cette race en voie d’extinction n’est pas innocent. L’histoire occupe une grande place dans la motivation de l’éleveuse. « Devant les incertitudes de l’avenir, nous avons besoin de connaître notre histoire, comment nos ancêtres ont vécu, comment ils ont façonné notre paysage. C’est une nécessité de le savoir pour être sûr de ne pas se tromper sur ce que nous faisons et d’avoir une ouverture sur le futur ». En termes d’agriculture, Delphine Danat juge indispensable d’appréhender l’histoire du lieu. Ainsi, elle fait appel à des historiens locaux lorsqu’elle organise des visites pédagogiques de son élevage.

Un domaine aux évolutions progressives

Le domaine de l’Asinerie Kuleni s’est développé au fur et à mesure de la mise en place de nouvelles activités. « Après la constitution de mon élevage, la transformation et la vente directe du lait ont constitué la première phase de développement » témoigne Delphine Danat. L’élevage entraînant la production de lait d’ânesses et afin de le valoriser, Delphine Danat a commencé par développer la transformation cosmétique et la vente de savons. Par ailleurs, la composition du lait d’ânesses s’avère la plus proche du lait de la femme et peut jouer une fonction thérapeutique intéressante. L’éleveuse commercialise alors son lait pour répondre à des urgences pédiatriques pour les nouveau-nés en manque d’immunité naturelle, ou pour soigner des maladies inflammatoires de l’intestin ou bien encore pour accompagner les traitements de certains cancers.

« Les ânes étant destinés à travailler en agriculture, il était nécessaire de les y former. Pour cela sur un terrain d’exploitation et de dressage, j’ai été amenée à développer le maraîchage sur un demi hectare » poursuit Delphine Danat.

Approfondissant sa sensibilité à l’accompagnement thérapeutique, l’éleveuse s’est lancée dans la psychothérapie assistée par les ânes. « Je propose des ateliers, encadrés par une équipe médicale ayant pour objectifs d’utiliser l’animal comme un médiateur, un outil vivant apportant une contribution imprévisible, mais dirigée ». Il s’agit d’aller beaucoup plus loin que le simple contact avec l’animal pour les patients (jeunes ou âgés, autistes, handicapés, personnes souffrant de troubles psychotiques…). « Avec les médecins, nous synchronisons nos visions et nos approches afin de déterminer l’objectif à atteindre, les moyens d’y parvenir, la durée à envisager et les moyens d’évaluer la progression » détaille Delphine Danat.

Pour cette activité, il s’est avéré nécessaire de proposer un hébergement à proximité. « C’est ainsi que j’ai créé 5 chambres d’hôtes. Il ne s’agit pas d’une simple activité agritouristique mais d’un prolongement de l’asinothérapie » précise l’éleveuse.

Tous les ateliers du domaine de l’Asinerie Kuleni (élevage, transformation et vente directe, maraîchage, médiation animale et hébergement) sont ainsi imbriqués les uns aux autres. Une nouvelle orientation devrait voir le jour prochainement avec l’arrivée du mari sur l’exploitation avec un projet de passer à 1,5 hectare de culture en arboriculture et maraîchage en forêt-jardin expérimental.

Un élevage tourné vers le bien-être et l’écologie

L’élevage compte actuellement une trentaine d’individus, avec 5 à 10 naissances par an. « Nous vendons des ânes formés au travail et il y a une grosse demande. Nous collaborons avec l’École Nationale des Ânes Maraîchers (ENAM) et France Énergie Animale (FEA), afin de faire progresser l’adhésion des particuliers et des villes dans l’emploi de l’animal pour des activités diverses (transport, maraîchage, attelage, acheminement des poubelles, entretien des plages….), dans le cadre d’une approche éthique entretenant une relation de compagnonnage avec l’animal » détaille Delphine Danat.

Le souci du bien-être animal est omniprésent chez l’éleveuse. « Il faut faire évoluer nos outils, afin qu’ils soient les plus légers possibles et ergonomiques, tant pour l’homme que pour l’animal. Il y a un développement de la traction asine en France, avec parallèlement une préoccupation croissante pour le bien-être animal. Or, il existe très peu de références sur le confort chez l’âne au travail. Nous participons ainsi au programme “coolane” mis en place par l’Inam, l’Institut national asin et mulassier et l’IFCE, l’Institut français du cheval et de l’équitation. C’est un programme de recherche s’appuyant notamment sur la pose de capteurs au niveau des colliers de l’âne afin de déterminer les points de pression et d’inconforts. L’étude porte également sur le suivi cardiaque pour déterminer le besoin de temps de repos. Nous fournissons des données pour ce programme et donnons notre avis sur l’interprétation des résultats et l’établissement de grilles de modélisation de puissance de traction développée ».

Particulièrement adapté pour le travail en maraîchage conduit en agroécologie et permaculture, l’âne catalan s’intègre parfaitement à l’esprit général de Delphine Danat. Membre de la LPO, la Ligue de protection des oiseaux, Delphine Danat juge indispensable de travailler sur la complémentarité entre agriculture et biodiversité. « L’écologie guide mes démarches. Je travaille pour demain. J’ai ainsi installé une station d’épuration d’eaux usées sur le domaine qui assure le retour d’une eau propre à la nature. Mes savons sont certifiés bio et j’œuvre à établir une pharmacopée bio pour l’élevage de mes ânes ».

« Rester juste ! » comme maître-mot

« Il ne serait que justice que de reconnaître officiellement la race de l’âne catalan afin d’essayer de contrer sa possible extinction. Il convient d’agir avec justesse avec ceux avec qui l’on travaille (les ânes bien entendu, mais aussi les stagiaires et salariés). Enfin, vis-à-vis de la nature, notre patrimoine commun, sachons rester juste et raisonnable » conclut Delphine Danat. Toute une éthique et une vision qui placent en équilibre le domaine de l’Asinerie Kuleni entre la conservation du patrimoine et un avenir en phase avec son environnement.

Pour aller plus loin : https://www.kuleni.fr/

L’âne catalan en quête de reconnaissance

Publié le 28 Juil 22

La France compte aujourd’hui officiellement 8 races d’ânes : l’âne du Bourbonnais, de Provence, des Pyrénées, du Cotentin, l’âne grand noir du Berry, l’âne normand, le Baudet du Poitou et depuis juin 2020, l’âne corse. Un dossier de reconnaissance de l’âne catalan est en cours de constitution. Une démarche indispensable pour tenter de sauver la race, aujourd’hui en voie d’extinction.

« Nous travaillons actuellement avec l’IFCE, l’Institut français du cheval et de l’équitation, et des historiens à faire reconnaître l’âne catalan au niveau national » indique Delphine Danat, la seule éleveuse en France. « Nous effectuons un recensement des ânesses et des reproducteurs et rédigeons un recueil historique de cette race, dont on retrouve la trace depuis Pline l’Ancien (1er siècle avant JC) ».

« Reconnaître cette race, c’est reconnaître son apport essentiel à l’histoire de la Catalogne, au patrimoine régional, de par sa contribution au façonnage du paysage et au maintien de la biodiversité notamment ». Avec un pelage ras et noir, l’âne catalan ou el Guara Catala est d’un caractère très facile, de grande taille (entre 1,45 m et 1,65 m au garrot) et peut peser jusqu’à 500 kg. Il est également très puissant.

C’est une race endémique de la Catalogne, qui a été exportée dans de nombreux pays et qui est l’ancêtre du Mammouth Jack, aux USA. Avec le développement de la traction thermique, la race a commencé à décliner dans les années cinquante. « Il y a encore une dizaine d’années, l’âne catalan était considéré comme une race en voie de disparition car comptabilisant moins de 50 naissances par an. Aujourd’hui la situation a empiré, et la race est classée en voie d’extinction car il y moins de 20 naissances par an » s’alarme Delphine Danat. Il y a donc urgence à agir pour aider les deux seuls élevages de race pure d’ânes catalans en Europe qui existent encore aujourd’hui : celui de l’asinerie Kuleni, à Ponteilla, dans les Pyrénées-Orientales et celui de Joan Gasso, un éleveur de Fuïves, près de Barcelone. Ces deux élevages participent ensemble, grâce à des échanges génétiques entre eux, à maintenir la race. On ne compte actuellement qu’environ 300 têtes d’âne catalan (situées à 85% en Catalogne sud, à 5% en territoire français et à 10% dans les différentes régions d’Espagne et d’Europe).

« Si la reconnaissance officielle de cette race est indispensable pour accéder à des programmes d’aides et d’accompagnement, l’âne catalan ne pourra être véritablement sauvegardé que si son utilité en agriculture est mise en avant » insiste Delphine Danat. « Le maraîchage est particulièrement adapté pour valoriser le travail de l’âne catalan. Des vignerons commencent également à s’y intéresser de nouveau pour entretenir les restanques (des terrasses étagées) ». L’emploi de l’âne catalan en maraîchage s’intègre parfaitement en agroécologie ou en permaculture. Il n’est pas question de labour profond nécessitant des efforts violents de l’animal mais d’une préparation de sols dans la logique d’un sol vivant, aéré, le plus meuble possible afin d’éviter l’érosion et la battance lors d’épisode pluvieux intense. Le travail animal permet également les apports d’amendement organiques et du crottin afin d’enrichir le sol.

La mobilisation des éleveurs, de la profession asine et de l’État sont aujourd’hui vitaux pour pourvoir espérer conserver l’âne catalan, El Guara Catala, véritable acteur de l’histoire et du patrimoine vivant de la Catalogne.

Pour aller plus loin :
France ânes & mulets
SFET, société française des équidés de travail

Évolution des pesticides utilisés

Publié le 26 Juil 22


Pendant plus de 20 ans, le volume des produits phytosanitaires utilisés en France a baissé. Mais en 2021, on assiste à une hausse.

Depuis 1999, les quantités vendues de produits phytopharmaceutiques ont diminué de 54 % et depuis 2008, elles ont baissé de 29,5 %. Malgré cela, en 2021, on constate une augmentation des volumes de matières actives, en progression de +7,9 % par rapport à 2020, avec 55 389 tonnes de matières actives vendues par les entreprises de la protection des cultures aux distributeurs.

Toutefois, si l’on ne tient pas compte des pesticides utilisés en agriculture biologique, les volumes de ventes des matières actives phytopharmaceutiques sont stables sur les trois dernières années. En effet, l’intégralité de la hausse des volumes vendus est due à une augmentation des ventes de soufre et cuivre (représentant 34,9 % des volumes de matières actives commercialisées).

Les légumineuses, c’est au moins deux fois par semaine

Publié le 12 Juil 22

Après l’habitude désormais bien installée de 5 fruits et légumes par jour, le Programme National Nutrition Santé élaboré par Santé Publique France recommande de consommer des légumineuses au moins deux fois par semaine. Or la FAO (l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime qu’aujourd’hui les Français n’en consomment que 2 kg par personne et par an, soit quatre fois moins que la moyenne mondiale.

Disponibles en toutes saisons, et pour tous les budgets, les légumineuses existent sous de nombreuses formes différentes. En plus d’être faciles à préparer, pleines de couleurs et de saveurs, les légumineuses recèlent des atouts nutritionnels particulièrement intéressants (richesse en protéines et en fibres). Par ailleurs, elles ont un effet rassasiant et permettent donc de réguler l’appétit selon Santé Publique France. Les légumineuses contiennent également, selon la légumineuse considérée, des vitamines du groupe B, du magnésium, du fer, du calcium, du potassium et/ou du zinc.

Si vous manquez d’inspiration pour les cuisiner, un livret de recettes a été édité pour valoriser les légumineuses autour de plats délicieux (cliquez ici pour le télécharger)

L’huile d’olive française

Publié le 5 Juil 22

Dans son étude sur le marché mondial de l’huile d’olive, FranceAgriMer souligne la relative stabilité en France des surfaces de production oléicole. La petite production française est avant tout tournée vers la qualité avec 9 appellations d’origine protégée et une proportion conséquente issue de l’agriculture biologique.

Le verger oléicole français se situe principalement sur quatre bassins de production : 49% en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, 28% en Occitanie, 13% en Corse et 9% en Auvergne-Rhône-Alpes. Globalement, on estime que 5 millions d’oliviers sont implantés en France sur environ 50 000 hectares, avec la spécificité que près de 75 % des surfaces concernent des oléiculteurs amateurs. Cette superficie oléicole française est quasi stable depuis six ans, même si la répartition régionale évolue (avec une diminution régulière des superficies en PACA). En revanche, sur la même période, le nombre d’exploitations oléicoles professionnelles en France affiche un recul de 14 %, soit une perte totale de 861 entreprises.

En 2020, 4 547 tonnes d’huile d’olive ont été produites en France (dont 51 tonnes obtenues à partir
d’olives étrangères). Ce niveau de production se situe globalement dans la moyenne des vingt dernières années (4 553 t). La production moyenne nationale en AOP (Appellation d’origine protégée) de l’ordre de 1 700 tonnes connaît un attrait commercial croissant depuis ces dernières années. La France compte ainsi 9 appellations d’origine protégée d’huile d’olive : Nyons, Vallée des Baux-de-Provence, Aix-en-Provence, Haute-Provence, Nice, Nîmes, Corse, Provence et Languedoc.

En 2020, au niveau mondial, seulement 8,4 % des oliveraies sont biologiques. En revanche, en France, les surfaces professionnelles menées en agriculture biologique (6 425 hectares) représentent 49 % de la surface totale d’oliveraies. Durant la dernière décennie, les surfaces totales biologiques en France ont progressé de près 259 %. Ainsi, au niveau mondial, la France présente la plus grande part d’oliveraies en production biologique (36 %), suivie de l’Italie (21 %), de la Tunisie (21 %) puis de l’Espagne (8 %).

Pour aller plus loin : FranceAgriMer

La culture de l’énergie

Publié le 29 Juin 22


La production d’énergie photovoltaïque peut séduire le monde agricole. Son développement dans les exploitations agricoles pourrait contribuer à l’atteinte de l’objectif de 40 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité d’ici 2030 en France. Pour autant, des conditions doivent être réunies pour que ce développement puisse s’envisager et être accepté par tous.

L’Acta, l’Association de coordination technique agricole, s’interrogeait dernièrement pour savoir si l’agrivoltaïsme constituait une utopie ou une opportunité pour l’agriculture. Pour l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, “le développement sur les sols agricoles pose un double enjeu de recherche d’espace et de préservation des terres agricoles. L’agrivoltaïsme doit se distinguer par les services apportés en réponse à une problématique agricole et par la synergie qu’il présente entre production agricole principale et production photovoltaïque secondaire“.

La part du secteur agricole dans la production d’énergie renouvelable en France est déjà de 20 %, toute forme confondue. “Les projets photovoltaïques sur les terrains agricoles sont en plein essor mais il est important de prendre en compte leurs impacts sur les activités agricoles pour les ancrer dans une dynamique territoriale vertueuse” rappelle l’Acta. Une synergie doit être trouvée entre production agricole et production d’énergie sur une même surface agricole. “L’installation photovoltaïque doit apporter un service en réponse à une problématique agricole et doit être réversible“.

L’agrivoltaïsme ne se résume donc pas seulement à disposer des panneaux sur des terres agricoles. L’installation agrivoltaïque doit également apporter directement un ou plusieurs services (adaptation au changement climatique, amélioration du bien-être animal, protection des plantes et des animaux…) sans pour cela pénaliser la production agricole, tant en qualité qu’en quantité.

La production d’énergie ne peut se faire au détriment de l’agriculture et ne doit pas neutraliser de grandes surfaces de production. La recherche (l’Acta et les instituts techniques agricoles ainsi que l’Inrae) poursuit les études en ce sens pour les différentes productions concernées et les techniques expérimentées.

Pareillement, le groupe coopératif InVivo et Totalenergies ont mis en place récemment un site expérimental d’agrivoltaïsme en grandes cultures dans l’Essonne. Selon InVivo, il s’agit d’évaluer la compatibilité entre la fonction nourricière de l’agriculture (sur une parcelle de culture de blé, lin, pois et luzerne) et la production d’énergie, tout en mettant en avant les co-bénéfices possibles sur la biodiversité ou la fertilité des sols par exemple.

Durablement laitier

Publié le 28 Juin 22


Les filières françaises de fromages, beurres et crèmes AOP (Appellation d’origine protégée) sont résolument engagées dans un modèle agricole et alimentaire durable.

La France détient le plus grande nombre en Europe de produits laitiers bénéficiant d’une AOP. Elle possède en effet 51 appellations : 46 fromages, 3 beurres (Charente-Poitou, Isigny et Bresse) et 2 crèmes (Isigny, et Bresse).

Toutes les AOP laitières répondent à un cahier des charges qui garantit le lien du produit au terroir et qui préserve les techniques traditionnelles de fabrication. Chaque appellation s’appuie sur des critères précis de développement durable portant sur :

  • le volet social avec le maintien et la transmission des savoir-faire traditionnels au niveau des territoires;
  • le volet environnemental avec des pratiques d’élevage garantissant la préservation des ressources naturelles et le maintien des races locales;
  • le volet économique avec le souci de valoriser la diversité des produits et de contribuer au renouvellement des générations de producteurs.

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