Amaury Hanotaux, directeur du Marché d’intérêt national Métropole, témoigne des différentes initiatives de solidarité mises en place spontanément par les opérateurs du MIN.
Le MIN de Nantes a notamment servi de point de relais pour la collecte et la distribution de masques, blouses et sur-chaussures auprès des salariés et des différentes filières concernées. Par ailleurs, plusieurs opérateurs du MIN se sont associés à des restaurateurs pour produire des repas pour le centre hospitalier de Nantes.
Le rôle social et sociétal important de la restauration
Catherine Quérard, vice-présidente du GNI, groupement national des indépendants de l’hôtellerie-restauration, s’inquiète de la crise principalement pour les jeunes structures et les petits établissements.
Catherine Quérard souligne que sa profession est solidaire et citoyenne, comme avec par exemple l’opération “Un plateau, un sourire” lancée par des maitres-restaurateurs de Saint-Malo avec des commerçants et des producteurs locaux. Ces chefs confectionnent des plateaux aux acteurs dans la lutte contre le coronavirus, personnels soignants, gendarmes, pompiers, personnels des Ehpad mais aussi dans les CCAS, les foyers d’hébergements d’urgence, les résidences d’adultes handicapés.
“Les agriculteurs continuent à vous nourrir mais les consommateurs doivent manger français, manger local” insiste Samuel Vandaele, agriculteur en Seine-et-Marne. Pour cela la réouverture des marchés, dans de bonnes conditions, est indispensable.Par ailleurs les initiatives des marchés de gros pour se rapprocher des consommateurs sont également remarquables.
Samuel Vandaele, président des Jeunes agriculteurs, témoigne des différentes initiatives mises en place pour répondre à la crise. Avec notamment la plateforme desbraspourtonassiette qui est un véritable succès puisque près de 300 000 personnes se sont proposées à venir travailler dans les fermes pour répondre aux problèmes de manque de main-d’œuvre.
Présente sur le MIN (marché d’intérêt national) d’Angers, la société Palmer Fruits, développe la fraîche découpe pour une plus grande facilité de consommation de fruits.
Face à la distanciation physique imposée par la crise, les agriculteurs en vente directe ont multiplié les possibilités d’achat pour les consommateurs.
Christophe Grison, agriculteur dans l’Oise, offrait déjà la possibilité d’achat de produits agricoles dans des casiers automatiques et son magasin à la ferme. Il vient d’ouvrir un site internet pour permettre de commander, payer en ligne et venir retirer sa commande à emporter.
Pour Nadine Gouello de La Nappe Française, tous les acteurs encore en activité (producteurs, artisans….) doivent pouvoir continuer à travailler en toute sécurité et leur élabore pour cela des masques.
Les marchés d’intérêts nationaux permettent une mutualisation pour les grossistes
Marc Bourrigault, dirigeant du Crémet d’Anjou, considère comme une opportunité d’être présent au Marché d’intérêt national d’Angers : cela permet notamment de faire rayonner nationalement ses produits régionaux.
Le marais de Mazerolles, un retour à la vie normale
Pierre Hoflack témoigne de l’équilibre en place dans les marais de Mazerolles entre agriculture et pisciculture. Ces élevages sont valorisés dans la gastronomie locale, présente au Marché de Talensac.
Les salariés agricoles permettent de maintenir les activités
Cécile Vidal, productrice de noix en Charente, remercie ses 2 salariés qui permettent à l’exploitation de continuer à fonctionner pendant cette période de crise.
Pour en savoir plus sur l’huile de noix de Cécile Vidal :
Amaury Hanotaux, directeur du Marché d’intérêt national de Nantes, précise qu’une collaboration s’est mise en place avec les Chambres d’agriculture, d’industrie et de l’artisanat, pour permettre l’écoulement des fruits et légumes.
Des massifs solidaires de fleurs plantés en Charente en soutien aux professions mobilisées
Afin de remettre dans une dynamique positive le secteur de l’horticulture, très fortement touché par la crise, les mairies ont passé des commandes aux horticulteurs et producteurs de légumes locaux, Christian Daniau, président de la chambre d’agriculture de Charente raconte la démarche.
Des massifs ont ensuite été plantés dans la région en solidarité avec les horticulteurs mais également avec toutes les professions mobilisées pendant la crise : caissière, routiers, agriculteurs… Leur objectif en fin de confinement ? Racheter les invendus pour écrire des messages positifs avec les fleurs qui seraient encore disponibles.
Les herbes aromatiques, pour rehausser le goût et les saveurs
Guillaume Lefort, agriculteur en Seine-et-Marne, cultive des plantes aromatiques (cerfeuil, coriandre, aneth…) prisées par tous les cuisiniers pour rehausser les saveurs de leurs plats.
Sur ces cultures, l’irrigation est maîtrisée afin de pallier les manques d’eau. Mais comme le fait remarquer Guillaume Lefort, “l’irrigation compense la pluie mais ne la remplace pas. Une bonne gestion quantitative est nécessaire”.
Autre intérêt de ces arrosages avec le pivot d’irrigation : le soir en général, les animaux sauvages (chevreuil, lièvre, oiseaux…) viennent boire dans les petites flaques d’eau. Les bandes enherbées intercalaires entre les cultures servent ensuite d’abris pour cette faune et la biodiversité.
Le Chef Frédéric Leroy, membre d’Euro-Toques France, témoigne de sa préférence des herbes aromatiques déshydratées, très faciles d’utilisation en toute saison.
Le saviez-vous ?
Plus de 6 000 hectares sont consacrés à la culture d’herbes aromatiques en France. Les productions principales – ciboulette, persil, basilic, aneth, estragon, coriandre, thym – sont principalement commercialisées pour le marché du frais et du sec (mais également en moindre quantité en surgelé). Elles sont plutôt localisées dans la région parisienne, le Centre, le Sud-Est et l’Ouest. En 2010, le persil est cultivé sur 860 hectares (1176 exploitations concernées), le thym sur 451 ha (1023 exploitations), la coriandre sur 205 ha (255 exploitations), l’estragon sur 204 ha (180 exploitations) et la ciboulette sur 188 ha (280 exploitations). Source : Agreste-ministère de l’Agriculture – Pour aller plus loin : cliquez ici
La solidarité s’organise entre commerçants à Nantes pour mutualiser la livraison de paniers gourmands
Karine Bondu, gérante d’un Amour de Fruits et présidente du fruitier à Nantes témoigne quant à son activité pendant la crise. Une vraie solidarité a vu le jour entre les commerçants et les clients.
Depuis un mois, elle s’est associée à Vincent Guerlais, célèbre chocolatier nantais, et à un fromager local pour livrer ensemble des paniers gourmands chez les consommateurs. Pour cela, ils ont dû faire face à des contraintes logistiques afin d’organiser l’approvisionnement, mais également digitales afin de mettre en place la vente en ligne.
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