Michel Serres : “Ce que j’ai à dire aux paysans”

Publié le 3 Juin 19
Michel Serres, 11 janvier 2006, Palais de l’Unesco

Michel Serres est décédé le 1er juin 2019. Fils de paysan-marinier, philosophe des sciences et membre de l’Académie française, il avait notamment préfacé le livre “Écoutons les agriculteurs raisonner” (Farre, Ed. Trocadéro, sept. 2006). Ci-après la reproduction de cette préface.

Avant tout, je dis aux paysans que je les plains, sans la moindre condescendance. Ils font un métier difficile, encore plus difficile qu’il ne l’a été autrefois, même s’il est devenu aujourd’hui moins pénible, un des métiers les plus difficiles avec celui d’enseignant et celui de médecin. Ces trois-là œuvrent sur le long terme, ils aident les humains à se forger un avenir. Cependant, ils agissent dans un monde manœuvré par les hommes du court terme : le politique mobilisé par l’échéance électorale, le médiatique ébloui par l’actualité, le financier anxieux de prendre ses gains. Face à ces puissances, les paysans n’ont même plus l’avantage du nombre.

La fin de l’agriculture comme activité majoritaire

Jusque dans les années 1900, dans les pays analogues aux nôtres, une grande majorité de la population était occupée à des travaux agricoles ou à des travaux annexes. En l’an 2000, cette part de la population est tombée à 2,3 %. C’est probablement l’événement le plus considérable qui soit arrivé dans toute l’histoire de l’humanité, car il rompt avec un autre événement de même ampleur qui a eu lieu, il y a des milliers d’années, au néolithique. L’humanité entière s’est alors adonnée à l’agriculture et à l’élevage. Ces activités sont devenues son occupation primordiale, au point que le mot « culture », qui a un sens humain global, provient tout simplement de l’agriculture. Nous sommes des gens cultivés parce que nous savons cultiver la terre. La fin de l’agriculture, comme activité majoritaire d’homo sapions sapions, est une immense révolution dont nous ne mesurons pas encore les effets aujourd’hui.

Les paysans à la reconquête de la terre

Le temps n’est plus où chacun, même s’il était citadin, avait un contact professionnel ou au moins familial avec le monde paysan. La disparition de ce lien commun, dans nos régions occidentales, favorise une ignorance massive.
N’entend-on pas des écologistes proclamer que la nature est le règne de l’équilibre alors que la loi de l’écologie, comme celle des équations de la chimie et de la biochimie, est le déséquilibre permanent? Qui sait que pour donner du lait, une vache doit avoir un veau ? Un jour, j’ai révélé à une petite écolière que les vaches ont naturellement des cornes mais que l’usage actuel était de les rogner. Elle en a parlé à son institutrice qui m’a accusé de dénigrer son autorité et a dénoncé mon erreur : les cornes seraient l’attribut viril exclusif du taureau ! En plus de leurs travaux déjà innombrables, les paysans d’aujourd’hui se trouvent chargés d’une nouvelle responsabilité, celle d’enseigner la nature à tous ceux qui s’en trouvent séparés, de leur apprendre ce qui demeure essentiel: l’origine des aliments. Ils le font très bien quand ils vont vers les citadins, comme lors de la moisson sur les Champs-Élysées, pour leur exposer leurs pratiques.
Dans cette entreprise de reconquête du monde, ils peuvent s’inspirer de leur expérience ancestrale. De toujours l’agriculture, activité locale par définition, s’est attachée à investir le mondial. Parmi de multiples exemples, en voici deux cueillis dans mon terroir : le pruneau séché d’Agen a été inventé pour pouvoir être exporté et le brugnon a été créé pour se substituer à la pêche qui voyageait mal. Cette volonté de relier la terre cultivée à la terre entière s’exprime depuis longtemps dans la devise de l’Académie des vins de Bordeaux : Hic uva, ubique nomen, ma vigne est ici, mon nom est partout.
C’est en osant faire une application massive de découvertes techniques et scientifiques que les agriculteurs ont assuré à leur activité, pendant des millénaires, une croissance mondiale. Aujourd’hui, ils ont à affronter la méfiance, également massive, dont la science est devenue l’objet.

C’est par le savoir que se trouvent les solutions

La crise majeure, profonde, des rapports entre science et société a sans doute commencé avec le Manhattan Project, lorsque les grands ténors de la physique atomique se sont réunis dans un désert américain pour préparer la bombe atomique aux conséquences catastrophiques. Depuis, les accidents ou les événements négatifs provenant de la recherche ont commencé à inquiéter la conscience universelle : non seulement la bombe atomique, mais des accidents comme Seveso ou les manipulations génétiques. Peu à peu, nous avons abouti à l’idée d’une éthique et d’une déontologie des sciences. Des comités d’éthique nationaux et locaux se sont constitués, en particulier en ce qui concerne la médecine et la pharmacie.
Cependant, aujourd’hui, les critiques envers la science ont atteint un niveau qui paraît excessif. À tel point qu’on assiste à une crise majeure du recrutement dans les facultés des sciences. Elle a commencé aux États-Unis, il y a douze à quinze ans, et elle frappe aujourd’hui de plein fouet les sociétés européennes, notamment l’Allemagne, l’Italie, et surtout la France. Il est étonnant de constater, dans le pays de Condorcet et de Jules Verne, cette perte de confiance de nos contemporains dans la science. Personnellement, je crois encore en la science. Je suis persuadé que c’est par le savoir que se trouvent les solutions à nos problèmes. Les statistiques en apportent l’illustration : les pays réellement en voie d’émergence sont ceux qui ont — quelquefois depuis deux générations, tels le Brésil et l’Inde — investi massivement dans la pédagogie, dans l’enseignement et dans la recherche scientifique. Dans nos contrées occidentales, c’est un redoublement des efforts de la recherche scientifique et de la pédagogie qui apporte, dès aujourd’hui, à l’agriculture les moyens de mieux maîtriser l’usage des produits de la chimie de synthèse. Mais il faut du temps pour que l’efficacité des pratiques raisonnées puisse être observée sur le terrain. La maîtrise de la maîtrise, elle aussi, ne peut s’exercer que sur le long terme et les marchands d’angoisse sont des gens trop pressés.

De la maîtrise de la sélection à celle de la mutation

Un agriculteur, c’est avant tout un spécialiste de la sélection. Il s’intéresse maintenant à un autre phénomène dont Darwin n’a pas pu tenir compte puisque la découverte en a été faite après lui : la mutation. De quoi s’agit-il ? Sur la chaîne des gènes, la mutation change tout d’un coup la série et forme un nouvel individu, une nouvelle espèce, que la pression de la sélection filtrera par la. suite. Nous avons donc appris que la vie n’était rien d’autre que la sélection conjuguée à la mutation. Au néolithique, l’homme a inventé la sélection. Aujourd’hui, dans les laboratoires, les biochimistes tentent de maîtriser la mutation. Ainsi, la bio-technique, science moderne, n’est rien d’autre que la maîtrise de la sélection et de la mutation. D’une certaine manière, l’agriculture s’est éteinte vers l’an 2000 comme occupation générale de l’humanité ; et d’un seul coup, elle s’est concentrée de manière extraordinaire sur la mutation.
Or je m’interroge précisément sur ce qu’on appelle les manipulations génétiques, les OGM. Du point de vue de histoire de l’humanité, la maîtrise de la mutation, qui est tout à fait nouvelle et qui nous inquiète, voire nous angoisse à juste titre, s’inscrit dans la ligne naturelle de l’évolution de l’agriculture. Si l’agriculture consiste réellement à maîtriser la sélection, elle devient aujourd’hui également maîtrise de la mutation. Bien entendu, il faut être vigilant, se méfier. Oui, les manipulations génétiques doivent être sujettes à des moratoires. Mais d’une certaine façon, elles vont dans le droit fil de la maîtrise humaine des questions concernant la vie. Nous avons maîtrisé la sélection, à nos risques et périls. Les débuts de l’agriculture n’ont pas été un lit de roses ! Les premiers troupeaux qui ont envahi progressivement l’Europe ont véhiculé avec eux des microbes encore inconnus dans cette région du monde, qui ont été sûrement à l’origine des terribles épidémies de cette époque. Si l’on avait alors appliqué le principe de précaution, il n’y aurait pas eu d’élevage.

Le vrai danger pour l’agriculteur et le chercheur

Ce qui me fait le plus peur dans l’avenir, ce n’est pas le transgénique, c’est l’appropriation du savoir, le brevet sur le vivant: celui qui le détiendra aura le pouvoir. Lorsqu’on s’aperçoit qu’un produit ou un processus est mauvais, on peut toujours le corriger, mais lorsque quelqu’un s’approprie un brevet, on n’a plus la maîtrise. La vraie question, c’est donc celle de l’appropriation. Quand le savoir devient propriété privée, le paysan et le chercheur ne sont plus en mesure d’exercer pleinement leur activité.

Le faux et le vrai problèmes de la biodiversité

Si je plaide en faveur de la biodiversité, je pose aussi des questions. Que font les agriculteurs lorsqu’ils labourent? Ils tuent des espèces ! Le but d’une pièce labourée, c’est précisément de porter sur un ou dix hectares une seule espèce. Le pâturage, c’est livrer à une seule espèce — par exemple des bovins —, dans une prairie déterminée, une seule espèce d’herbe, ou deux ou trois.
L’agriculture, c’est la mort de la biodiversité. C’est le cas également de la médecine ou la pharmacie. Quel est l’objectif des antibiotiques, sinon de détruire un certain type d’espèces de bactéries, qui sont en train d’envahir l’organisme ? Oui, il faut garder le plus possible de variétés. Oui, il faut protéger à tout prix les espèces menacées. Mais comme nous sortons d’une histoire où la biodiversité ne représentait pas un problème, l’affaire est loin d’être simple. Aujourd’hui, on essaie de trouver des remèdes qui permettraient de ne pas attaquer directement le microbe ou la bactérie, mais de les faire rentrer au contraire en symbiose avec notre propre organisme. Parce qu’au fond, la plupart des bactéries qui participent aujourd’hui à notre digestion sont des symbiotes descendant des parasites qui ont tué nos ancêtres. On pourrait sûrement travailler en ce sens également en agriculture. On est déjà sur ce chemin avec l’utilisation d’insectes auxiliaires qui modèrent les populations d’insectes ravageurs.

Quel avenir pour l’agriculture?

Six milliards d’êtres humains, c’est une grandeur dont on ne sait pas encore mesurer la portée. Tous les paramètres dont il est habituellement tenu compte pour faire des prévisions sont à réviser. Déjà six milliards de bouches à nourrir sainement et beaucoup plus demain ! Y aura-t-il encore des paysans pour le faire et quelle sorte de paysans ? Personne aujourd’hui ne peut le dire. Mais chacun est convié à y réfléchir. À ceux qui refuseraient ce conseil j’en rappelle un autre : s’ils méprisent l’intellect, qu’ils essaient l’ignorance.

Michel Serres, septembre 2006

De très nombreux projets de recrutement en agriculture

Publié le 16 Mai 19

L’enquête sur les « Besoins en Main-d’œuvre des entreprises » pour l’année 2019 montre une nouvelle hausse globale importante des intentions d’embauche (+14,8%). Le secteur agricole est concerné également par cette progression avec une hausse de 8,1 % des intentions d’embauche par rapport à 2018.

D’après la dernière enquête de Pôle emploi, 9,4 % des projets de recrutement en 2019 concernent le secteur agricole.

Les métiers agricoles font partie des métiers les plus recherchés (141 400 projets de recrutement pour les viticulteurs/ arboriculteurs/ cueilleurs, et 75 000 pour les agriculteurs/ouvriers agricoles). La très grande majorité de ces intentions d’embauche sont saisonnières (respectivement 97% et 83% des projets de recrutements pour ces deux métiers).

Les régions les plus concernées par ces projets de recrutement en agriculture se répartissent en Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est.

Pour aller plus loin : cliquez ici

La profession de manadier

Publié le 15 Avr 19

Dans son Guide des métiers de l’agriculture, l’ANEFA répertorie plus de 90 métiers. Et celui de manadier, vous connaissez ?

Éleveur de chevaux et taureaux de race Camargue

Des pâtes fermières au bon goût de céréales

Publié le 1 Avr 19

Franck Dumoutier, agriculteur céréalier dans la Beauce, Ambassadeur #Agridemain, s’est lancé dans la production de pâtes fermières, misant avant tout sur leurs qualités nutritive et gustative.

Retrouvez son témoignage paru sur Campagnes & Environnement

 

La place des femmes en agriculture

Publié le 8 Mar 19

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A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, #agridemain s’est interrogé sur la place des femmes en agriculture.

Nadine Vivier, vice-présidente de l’Académie d’Agriculture de France, historienne, retrace l’évolution de la femme en agriculture et quelle place elle pourrait prendre à l’avenir.

Les agricultrices, dans leur diversité, se félicitent des acquis… tout en s’inquiétant parfois de la nécessité encore de se battre pour les conserver et les développer dans les années à venir.

Place à Miss France Agricole Junior pour prédire l’avenir de l’agriculture en 2030 :

 

Quelle agriculture en 2030 ?

Publié le 4 Mar 19

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Durant le Salon de l’agriculture à Paris, #agridemain a questionné des personnalités sur leur vision de l’agriculture en 2030.

Retrouvez l’intégralité des témoignages sur la chaîne YouTube agridemain

Les huiles et protéines végétales : une filière française d’exception sous la marque Terres OléoPro

Publié le 13 Fév 19

Acteurs majeurs de l’économie française pour l’alimentation et l’environnement, les professionnels de la filière des huiles et protéines végétales développent des produits de qualité, respectueux de l’environnement et présents dans le quotidien de chacun.

A travers la marque Terres OléoPro, les agriculteurs, éleveurs et industriels de la filière des huiles et protéines végétales donnent vie aux réalités de leur travail et valorisent la logique d’économie circulaire qui leur est propre : un modèle qui crée de l’emploi, innove, intègre les enjeux environnementaux, contribue à valoriser nos territoires et permet de valoriser le savoir-faire français dans le monde entier.

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Le saviez-vous ?
• Il est recommandé de consommer 50 % de protéines végétales et 50 % de protéines animales (source : PNNS-Plan national nutrition santé)
• En 2018, il y a 150 000 hectares de soja français (donc non OGM !), avec pour objectif d’atteindre 250.000 ha en 2025.
• En France, 20% des surfaces de légumineuses (soja + légumes secs + protéagineux) sont bio !
• Les légumes secs (lentilles, pois chiches, pois cassés, haricots blancs…) apportent protéines, fibres, vitamines et minéraux.
• Le tournesol, le colza, la féverole, la luzerne, le lupin sont des plantes mellifères.
• Les légumineuses sont bonnes pour l’environnement car elles n’ont pas besoin d’engrais azotés.

Le bon goût du fromage

Publié le 5 Fév 19

Les vaches passent les unes après les autres dans la salle de traite. Pendant la traite, la vache est alimentée. Dès que le flux de lait passe en dessous de 25 cl à la minute, la trayeuse décroche automatiquement.

Le fromage, dont la France est un grand pays producteur et consommateur, constitue un aliment riche en diversité microbienne et protège, avec une consommation dès le plus jeune âge, des maladies allergiques ou dermatologiques.

Le cheptel laitier en France (constitué de 3,6 millions de vaches, 1,2 million de brebis et de 850 000 chèvres) a permis de collecter en 2017 quelque 23,8 milliards de litres de lait, dont plus de 36% a servi à la fabrication de 1 569 786 tonnes de fromages. La grande diversité des fromages français (on en dénombre près de 1200) ne fait pas pour autant de la France le premier pays consommateur de fromages. Avec une consommation en 2017 de 27,2 kg par an et par personne, la France se classe derrière le Danemark (28,1 kg par personne), l’Islande (27,7 kg par personne) et la Finlande (27,3 kg par personne) mais devant Chypre (26,7 kg par personne) et l’Allemagne (24,7 kg par personne).

Une étude récente, conduite par le Centre Hospitalier Universitaire de Besançon, en collaboration avec l’Institut national de la recherche agronomique de Dijon et la Mutualité sociale agricole de Franche-Comté, met en évidence que la consommation de fromages entre 12 et 18 mois entraîne une réduction significative du risque d’eczéma et d’allergie alimentaire mais aussi un risque diminué de rhinite allergique, d’asthme et de sensibilisation aux allergènes. L’étude qui se poursuit devra déterminer si la diminution du risque est liée à la diversité ou à la fréquence de consommation des fromages.

#agridemain au Salon international de l’agriculture 2019

Publié le 24 Jan 19

Les agricultrices et agriculteurs #agridemain seront présents au Salon international de l’agriculture, à Paris, Porte de Versailles du 23 février au 3 mars, dans le hall 4, allée B. Objectif : répondre directement, sans aucun tabou, à toutes les interrogations des citoyens et consommateurs.

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Les Français méconnaissent de plus en plus leur agriculture. Ils la perçoivent comme un monde abstrait. #agridemain veut combler ce fossé et rapprocher le monde agricole de la société. Ainsi, #agridemain sera présent au Salon international de l’agriculture à Paris du 23 février au 3 mars, dont le thème cette année est : « Des femmes, des hommes, des talents ». Les agricultrices et agriculteurs #agridemain répondent aux interrogations des citoyens en deux temps :

– Premier temps : les consommateurs sont interrogés sur « La question » qu’ils souhaitent poser à un agriculteur. Chacune de ces questions reçoit une réponse filmée par une agricultrice ou un agriculteur sur son exploitation. L’ensemble est posté sur les réseaux sociaux #agridemain d’ici le début du salon, au travers d’une série intitulée « Rendez-vous en Ferme Inconnue ».

– Deuxième temps, le Salon : Tous les jours, sur le stand Agridemain ( Hall 4), cinq rendez-vous seront organisés et les agricultrices et agriculteurs accueilleront à chaque fois une quinzaine de visiteurs autour d’une table d’hôtes pour parler de l’agriculture (production, innovation, emploi, environnement…) et répondre à toutes leurs questions. Chacune de ces tables-d‘hôtes-débats se terminera par la dégustation de produits apportés par les agriculteurs et cuisinés par des Chefs.

L’objectif est de donner la parole aux agricultrices et agriculteurs pour répondre sans artifice et avec réalisme aux interrogations des citoyens sur l’agriculture. Les questionnements seront, sans nul doute, nombreux comme vous pouvez déjà le constater en découvrant les premiers épisodes de cette série.

La France premier exportateur mondial de semences agricoles

Sur la campagne 2017/2018, la filière française de semences agricoles a exporté pour 1,6 Milliard d’Euros, permettant de dégager un solde de la balance commerciale semences et plants de 947 millions d’euros.

En 2017, la France reste le leader mondial des exportations de semences de grandes cultures, présente dans 150 pays, devant les USA, les Pays-Bas et l’Allemagne.

Les semences potagères, deuxième poste à l’exportation, permettent à la France d’être présente dans 140 pays à travers le monde.

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La betterave sucrière : une plante étonnante aux multiples ressources

Publié le 3 Déc 18

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La betterave sucrière se caractérise par sa racine conique et charnue, sa chair blanche et son collet plat. Les feuilles réparties en bouquet foliaire, plus ou moins développé selon la variété, constituent le laboratoire dans lequel se forme le sucre grâce à la photosynthèse. La racine constitue le réservoir : entre 15 et 21 % de sucre y est stocké.
Contrairement à la canne, elle n’a aucune attirance pour les tropiques. Elle préfère les climats tempérés, assez humides d’avril à septembre avec des périodes sèches et ensoleillées juste avant la récolte. La délicatesse et la fragilité de la plante au début de sa vie conduisent les planteurs à lui réserver les bonnes terres, riches et profondes. En France, 90 % des terres plantées en betterave sont au nord de la Loire.

Une usine à sucre

Chez la betterave, le processus de fabrication du sucre a lieu pendant sa première année de vie. Il est stocké dans la racine qui est presque complètement enfouie dans le sol et mesure de 15 à 35 cm de long. La betterave est alors récoltée car si on la laissait poursuivre son cycle végétatif, elle entrerait en phase reproductive et utiliserait, l’année suivante, tout le sucre afin de fabriquer des graines.
Une culture en trois temps
Si la culture de la betterave occupe le sol huit mois de l’année, l’agriculteur, lui, soigne sa terre 12 mois sur 12. Cette culture rentre dans un processus qui prend en compte la préservation de la terre, de l’air et de l’eau. En hiver, le planteur de betteraves fait des analyses de terre pour mesurer la quantité d’azote présente dans le sol. Au printemps, les terres sont ensemencées. A l’automne, c’est la récolte.

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La récolte

En France, la récolte commence en septembre et jusqu’en décembre/ début janvier tout au plus. Principale préoccupation du planteur : livrer aux usines une betterave de qualité avec le moins de terre possible. L’arrachage se fait mécaniquement. Une même machine permet d’effectuer ce travail : elle comporte à l’avant une effeuilleuse, et à l’arrière une arracheuse. Avant le transport, les déterreuses assurent le nettoyage des betteraves. Le transport n’est pas une mince affaire car il faut faire vite : les betteraves arrachées perdent très vite de leur teneur en sucre. Pendant les deux ou trois mois de récolte, les sucreries travaillent jour et nuit.

Une agriculture performante

Selon la qualité du semis, du sol, des engrais, des soins, et du climat, les rendements varient entre 50 et 90 tonnes de racines à l’hectare. Lors de la campagne 2017-2018, le rendement français moyen s’est élevé à 95,5 tonnes de betteraves à l’hectare : des résultats qui placent l’Hexagone parmi les leaders mondiaux en termes de productivité.
Les recherches génétiques, la sélection des semences, la lutte contre les maladies et les parasites, la mécanisation des différents travaux de culture et de récolte ont permis à cette culture de réaliser d’importants progrès. Pour mémoire, en 1960 et 1980, les rendements s’élevaient respectivement à 48 et 51 tonnes de betteraves à l’hectare !

Il existe 26.000 agriculteurs qui cultivent la betterave dans 29 département français. Une fois récoltée, la betterave est transportée jusqu’aux 25 sucreries françaises où l’on en extrait le sucre ou jusqu’à la distillerie pour faire de l’alcool de betteraves (parfum, pharmacie, alcool) et du bioéthanol (carburant).

Pour en savoir plus, suivez Miss Better.

La production viticole française en progression

La production viticole s’élève en 2018 à près de 46,6 millions hectolitres, soit 26 % de plus que l’année précédente.

Elle retrouve ainsi pratiquement le niveau atteint en 2014.

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Les vendanges se sont déroulées presque partout dans des conditions climatiques particulièrement favorables.

Les 46,6 millions d’hectolitres récoltés se répartissent ainsi :
– 22,7 millions hl en vins AOP (appellation d’origine protégée)
– 8,5 millions hl en vins pour eaux-de-vie
– 12,3 millions hl en vins IGP (indication géographique protégée)
– 3,1 millions hl autres vins.

Source : Agreste – ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

La betterave : une production pleine d’énergie

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Cette année, en France, la betterave industrielle a été cultivée en sur 484 000 hectares.
Avec un rendement de 80,9 tonnes/hectare, la production s’élève à 39,2 millions de tonnes.
Les betteraves sont utilisées majoritairement (74 %) pour la fabrication de sucre alimentaire, mais aussi d’alcool (10 %), de bioéthanol (9 %) et l’industrie chimique (7 %).

Pour aller plus loin : cliquez

Guillaume Lefort est élu Président d’Agridemain

Publié le 2 Oct 18

Pour amplifier sa communication sur l’agriculture auprès du grand public, la plateforme #agridemain s’est constituée en Association d’intérêt général le 26 septembre 2018 et a élu son président : Guillaume Lefort, agriculteur en Seine-et-Marne.

La plateforme #agridemain a été créée en février 2016 avec un objectif principal de communiquer auprès du grand public autour de 4 axes :
– Démystifier les clichés sur les activités agricoles
– Promouvoir une agriculture nourricière, innovante et moderne
– Réaffirmer les atouts stratégiques du secteur agricole français
– Rassembler tous ceux qui partagent une vision commune de l’agriculture vertueuse, performante et au cœur de l’Europe.

Agridemain réunit aujourd’hui une communauté de 271 ambassadeurs agricultrices et agriculteurs dans toute la France. Agridemain a déjà mené plusieurs actions notables : un colloque au Conseil économique, social et environnemental (CESE), deux participations remarquées au Salon international de l’agriculture à Paris, l’organisation de 3 éditions de la Fête des moissons et la mise en place d’une tournée régionale des agricultures françaises, l’AgridemainTour.

Afin d’amplifier ce mouvement, les grandes organisations agricoles à l’initiative d’Agridemain ont estimé nécessaire qu’Agridemain se dote d’un statut juridique. Ainsi, le 26 septembre 2018 s’est tenue l’Assemblée générale constitutive de l’Association d’intérêt général Agridemain.

A l’issue de cette Assemblée générale, un bureau a été élu et est constitué de :
– Président : Guillaume Lefort, agriculteur à Arville (77)
– 1er Vice-Président : Mickaël Jacquemin, agriculteur à Lignon (51)
– 2e Vice-Président : Stéphane Aurousseau, agriculteur à Charrin (58)
– Secrétaire : Basile Faucheux, agriculteur à Epieds-en-Beauce (45)
– Trésorier : Emmanuel Leveugle, agriculteur à Flesquières (59)

Se diversifier pour durer

Publié le 7 Sep 18

La famille Aurousseau est présente depuis 70 ans sur son exploitation agricole à Charrin, dans la Nièvre. La quatrième génération s’installe actuellement, diversifiant production et activités.

Des produits agricoles de qualité : une base indispensable pour une bonne cuisine

Publié le 6 Sep 18

Durant la tournée des régions agricoles françaises dans le cadre de l’AgridemainTour, des Chefs sont venus mettre en valeur les produits régionaux. A l’instar du Chef Monchheang Chea qui a déclaré : «nous avons besoin des agriculteurs», «dans le monde entier, la cuisine française et les produits français sont perçus comme le summum de la qualité, la Rolls de la cuisine ».

Retrouvez ci-après quelques uns de leurs témoignages :

Venez à la rencontre de l’AgridemainTour !

Publié le 10 Août 18

 

L’AgridemainTour : un tour de France des agricultures françaises.

En organisant l’AgridemainTour, dans chacune des régions françaises, en nous déplaçant avec un food truck d’exploitation en exploitation, du 27 août au 7 septembre, notre objectif est triple :

  • Retisser du lien tout d’abord entre les régions, les populations qui se croisent mais qui ne prennent plus le temps de se connaître, de se parler.
  • Montrer ensuite les multiples facettes d’un secteur professionnel qui évolue très vite, tiraillé entre sa confrontation aux marchés mondiaux et son attachement à défendre la spécificité de ses territoires.
  • Donner la parole aux agriculteurs pour qu’ils expliquent la réalité de leurs pratiques, montrent les spécificités des différentes productions et démontrent leurs contributions essentielles aux territoires qu’ils entretiennent.

Emploi, innovation, environnement et production sont les 4 facteurs clés qui seront mis en avant pendant ce tour de France des agricultures françaises.

Les 12 lieux où se tiendront ces Fêtes des moissons et des récoltes, sont de ce point de vue, emblématiques de la diversité des agricultures :

  • Grandes cultures en Île-de-France, le Grand-Est et le Centre-Val-de-Loire;
  • Exploitations laitières dans les Hauts-de-France, en Normandie et dans les Pays-de-la-Loire;
  • Lien avec la coopération agricole en Nouvelle-Aquitaine;
  • Production de vin en viticulture raisonnée, bio et biodynamique en Provence-Alpes-Côte d’Azur;
  • Découverte de l’ail aux multiples facettes en Auvergne-Rhône-Alpes;
  • Production de porcs en plein air en Bourgogne-Franche-Comté.

 

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Agridemain vous donne ainsi rendez-vous :

  • Mercredi 25/07/2018, à 11h, sur l’exploitation de Christophe Robin à Sonchamp (78)

  • Lundi 27/08/2018, à 17h, sur l’exploitation de Béatrice Moreau à Marson (51)

  • Mardi 28/08/2018, à 17h30, sur l’exploitation de Luc Vermersch, à Ville-le-Marclet (80)
  • Mercredi 29/08/2018, à 18h30, sur l’exploitation de Sylviane et Olivier Lefez à Grand-Camp (76)

  • Vendredi 31/08/2018, à 18h30, sur l’exploitation de Laurent et Frédéric Vincent, à Avrillé (49)

  • Samedi 1er septembre à 16h à la coopérative de Mansle (16)

  • Lundi 3 septembre 2018 à 17h chez Grégoire de la Roussière à la Serre des Mercières à Villasavary (11)

  • Mardi 4 septembre 2018 à 17h chez Guillaume de Chevron Villette et Benoît Ab Der Halden au domaine de Reillanne au Cannet des Maures (84)

  • Mercredi 5 septembre 2018 à 17h chez Fanny et Stéphane Boutarin, à la Montée de Peyrambert à Crest (26)
  • Jeudi 6 septembre 2018 à 16h chez Stéphane Aurousseau à Charrin (58)
  • Vendredi 7 septembre 2018, à 17h, chez Marie-Laure Cuisset, au Moulin de Palisay à Saint-Ange-et-Torçay (28)

 

La France compte plus de 50 000 apiculteurs

Publié le 9 Août 18

En 2017, il a été recensé 53 953 apiculteurs. A noter que 92 % d’entre eux sont des apiculteurs amateurs disposant de moins de 50 ruches.
Au printemps 2017, 939 385 ruches en production ont été comptabilisées, ayant permis la récolte de 19 788 tonnes de miel. La production de miel est principalement le fait d’apiculteurs possédant plus de 50 ruches (78,3 % du volume en 2017). La production de miel est concentrée dans la moitié Sud du pays. En 2017, la principale région productrice de miel est l’Occitanie.

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Pour aller plus loin : Observatoire FranceAgriMer

La France rurale : ses paysages, ses agriculteurs et la qualité de ses produits

Publié le 2 Août 18

Pierre Bonte, ancien journaliste à Europe 1, Michel Widehem, meilleur ouvrier de France, Grégoire de la Roussière, agriculteur ambassadeur #agridemain et André Fougeroux, membre de l’Académie d’Agriculture de France partagent le même avis : “Beauté des paysages et qualité des produits sont intimement liés. La France rurale, basée sur sa paysannerie, est pleine d’avenir car sensible aux goûts du terroir. C’est ce que la France a de meilleur”

L’agriculture française doit-elle tout miser sur les circuits courts ?

Publié le 1 Août 18

Retrouvez les témoignages sur le sujet de :

  • Patrick Guat, professeur de cuisine au Lycée St Joseph L’Amandier, vice-président des Disciples Escoffier, Chef membre d’Euro-Toques
  • Rémi Dumery, agriculteur, ambassadeur #agridemain dans le Loiret
  • Olivier Nouaillas, journaliste à La Vie, auteur de “La ferme aux 1000 terroirs”
  • Francis Attrazic, président de l’Association française des maîtres restaurateurs et Jérémie Becciu, directeur du marché d’intérêt national de Châteaurenard